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Alain Ah-vee: dénoncer par l’image le drame palestinien

Alain Ah-vee
Comment mieux connaître le quotidien des Palestiniens dans les territoires occupés par Israël ? Pour y arriver, à l'initiative de Lalit, la Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP) et du Centre Idrice Goomany, trois documentaires seront projetés le samedi 31 octobre. Ces projections s'insèrent dans les activités qui marqueront la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien, chaque 29 novembre. Trois documentaires seront projetés le samedi 31 octobre : « Arna's Children » (LPT Building, GRNO), « Jaffa, mécanique de l'orange » (à la CTSP, à Rose-Hill) et « 5 cameras brisées » (Centre Idrice Goomany, Port-Louis). Quel est le dénominateur commun de ces trois films ? « Ils donnent à voir la réalité de la situation des Palestiniens dans leur pays, qui est, aujourd'hui, occupé par l'armée israélienne et jette un éclairage souvent censuré sur certaines actions des militants palestiniens », explique Alain Ah-Vee, un des porte-paroles de Lalit. Et de citer le documentaire « Arna's Children », du nom d'une Israélienne dont l'école offrait une alternative aux enfants palestiniens. « Ce film montre aussi le cheminement de certains d'entre eux, comment ils ont fini par intégrer le mouvement Al Aqsa pour devenir des ‘martyrs’ parce qu'il n'existait aucun avenir pour eux », poursuit Alain Ah-Vee. Le deuxième documentaire, « Jaffa mécanique de Orange », lui, montre l'appropriation d'un produit, l'oranger, naguère cultivé par des paysans palestiniens, par l'État israélien pour en faire un emblème. À Maurice, Lalit, le Centre Idrice Goomany, le Muvman Liberasyion Fam et des particuliers ont rejoint le mouvement ‘Boycott, Desinvest and Sanction’ (BDS), qui appelle à exercer diverses pressions économiques, académiques et politiques afin d'aboutir à la réalisation de trois objectifs : la fin de l’occupation et de la colonisation des terres arabes, l’égalité  complète pour les citoyens arabo-palestiniens d’Israël et le respect du droit au retour des réfugiés palestiniens. « Dans le concret, nous sommes partis voir si des produits israéliens étaient en vente dans les principaux supermarchés de Maurice. Ils étaient très rares. Parfois, les directeurs de certains supermarchés n'étaient même pas au courant. Nous avons eu des réactions très positives. »

Violence planifiée

Alain Ah-Vee a, lui-même, été témoin de la violence de l'occupation israélienne en Palestine, en 2004, lors d'une action avec des militants venus de partout pour protester contre le mur se trouvant en Cisjordanie et long de 700 kilomètres. « En théorie, Israël affirme vouloir se protéger, mais en réalité, c'est pour mieux contrôler le mouvement des Palestiniens », fait ressortir Alain Ah-Vee. Le sort de ces Palestiniens s'est davantage compliqué avec l'impossibilité de voir la création d'un État palestinien, à cause de l'éparpillement de leurs zones d'habitation. « En fait, explique Alain Ah-Vee, l'État travaille à la disparition de l'identité des Palestiniens et de leur revendication territoriale. À ce jour, ils ont besoin d’un ‘pass’ pour circuler dans leur propre pays. L’État israélien exerce une violence planifiée et délibérée pour amener les Palestiniens à abandonner leurs terres. Le mur a même été construit sur la ligne de démarcation que les Nations unies ont décrétée en 1967. » Comment expliquer que la problématique des Palestiniens, leur combat pour un État à eux, ne soient pas à l'agenda de leurs propres alliés, qui sont certains pays arabes ? « Il y a un jeu d’intérêts au Moyen-Orient qui ne favorise pas une prise de position claire et nette de la part de certains pays, comme l’Arabie saoudite, en faveur des Palestiniens. Puis, il y a le veto constant des États-Unis au Conseil des Nations Unies contre toute motion qui serait contre Israël. D’une part, les Américains jouent aux faiseurs de paix,  de l’autre, ils continuent à vendre les armes les plus sophistiquées à Israël. Même si on est opposé aux attentats suicidaires commis par les jeunes Palestiniens, on peut comprendre leur désespoir, et parfois leur radicalisation », fait observer Alain Ah-Vee. Le cinéma peut-il aider à comprendre la cause palestinienne et à s’éloigner des clichés et de la propagande véhiculés par les médias acquis à Israël ? « Ce sera un éclairage différent, d’autant que ce sont des Israéliens qui, eux-mêmes, commencent à dénoncer cette idée aberrante de vouloir créer le Grand Israël, cher aux Sionistes, en confisquant la terre des Palestiniens », déclare Alain Ah-Vee.
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