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Tarun Sandhaya : dessine-moi un artiste

La chambre de Tarun Sandhaya est comme un atelier où il passe beaucoup de temps pour faire des dessins. Tarun Sandhaya présentant le portrait qu’il a fait de ses grands-parents.

Passionné de dessin, le jeune Tarun Sandhaya ne compte pas les heures passées sur sa table de travail dans sa chambre. Son assiduité lui a valu la première place au niveau national dans cette matière aux derniers examens du Higher School Certificate.

Dans sa chambre, devenue son « atelier » de travail, les esquisses de travaux et tout son matériel jonchent pêle-mêle la pièce. Ses toiles, issues d’observations, possèdent une touche personnelle qui les rend authentiques ou inédites. Dans le kaléidoscope des couleurs et des formes, on peut discerner toute la créativité de Tarun Sandhaya, 20 ans, ainsi que sa maîtrise de l’art. 

Et du talent, il en a à en revendre. Cet ancien élève du collège New Eton de Rose-Hill s’est classé premier au niveau national en « Art ». Le dessin et l’installation qu’il a présentés lors des examens de Higher School Certificate (HSC) en 2023 ont été classés comme le meilleur parmi toutes les autres peintures présentées. 

tarunSon travail, représentant les voiles d’un bateau, évoque les immigrants indiens venus à Maurice. Il a dessiné sur les deux surfaces des trois voiles pour illustrer l’évolution et le travail accompli par ces immigrants. Afin de créer la surprise, l’habitant de Beaux-Songes n’a pas souhaité que son œuvre soit publiée avant l’exposition des travaux des élèves, qui devrait avoir lieu prochainement.

Un peu comme Obélix, c’est dès l’enfance qu’il est tombé dans la « marmite » de l’art. Il a été inspiré par son père, Mohunlall Sandhaya, qu’il suivait régulièrement lorsqu’il allait décorer des salles de réception pour des mariages ou la résidence des mariés. « En le regardant écrire les noms des mariés, etc., et décorer leur maison, j’ai voulu lui emboîter le pas », explique-t-il. 

Ainsi, de fil en aiguille, malgré son jeune âge, Tarun Sandhaya a commencé à gribouiller dans ses cahiers de dessins jusqu’à son arrivée au collège, où il a vraiment appris à dessiner en utilisant les techniques appropriées. Initialement, ce sont les membres de sa famille qui ont été ses « modèles », avec les croquis qu’il faisait d’eux régulièrement. Ce qui a par la suite donné lieu à un portrait de ses grands-parents trônant dans le salon familial à Beaux-Songes (voir encadré).

Un tournant, dans son parcours et ses ambitions, s’est produit lorsque l’un des élèves de son collège, Irfaan Caunhye, a été sacré lauréat en 2018 dans la filière de dessin. « J’étais en Form III (Grade 9) et j’ai été impressionné par son accomplissement après avoir été classé deuxième à Maurice à deux reprises. Cela m’a inspiré, et je me suis dit que je pouvais moi aussi arriver à ce niveau », ajoute Tarun Sandhaya. 

Pour cela, il ne s’est épargné aucune peine. Il s’est mis à travailler dur pour atteindre le même niveau que lui. « Son succès m’a donné un but pour persévérer et m’exprimer à travers le dessin. » Afin de ne rien négliger, il a fait en sorte de terminer tous les devoirs des autres matières avant de se mettre à dessiner, ce qui l’amenait à passer de longues nuits de travail, parfois jusqu’à 3 heures du matin. Il lui est même arrivé de ne pas dormir et d’aller en classe sans avoir fermé l’œil de la nuit. Il avait le soutien de son père, qui travaillait dans le même établissement et passait parfois du temps dans sa chambre pour marquer une présence non négligeable.

Défi

tarunEn plus de ses enseignants, Kemraj Lochun, Mamade Khodabocus et Robin Ramen, Tarun Sandhaya affirme que ses amis ont également été une source de motivation pour lui. Parmi eux, il y a celui qui, en Grade 11 (SC), avait été classé 10e, alors que lui avait obtenu un B en dessin. « J’ai été un peu déçu, mais je ne me suis pas laissé abattre. J’ai décidé de manz ar li. »

En première année de HSC, ils ont travaillé ensemble. Et après leur première tentative aux examens, son ami est sorti 10e au niveau national, tandis qu’il a été classé deuxième. « Même si j’étais content de mes résultats, j’ai voulu retenter ma chance », dit-il. Ce qui l’a finalement amené à être classé premier au niveau national dans le dessin cette fois-ci.

Ainsi, Tarun Sandhaya s’est hissé au sommet convoité du premier rang en dessin, devenant une étoile brillante. Ce succès n’est pas simplement le fruit de l’effort, mais aussi celui d’un talent inné ou d’un « don » comme il l’appelle, ainsi que d’une passion indomptable pour l’expression artistique. 

Le jeune homme confie que le dessin est un moyen d’expression et de représentation de ce qu’il voit et de ce qui l’entoure, en y ajoutant une touche personnelle. Pour cela, il préfère utiliser l’acrylique et l’aquarelle, ou souvent un mélange des deux. « Il y a des touches spontanées que je fais avec de l’aquarelle sur l’acrylique, ce qui donne un autre effet 3D au dessin. En plus du pinceau, j’utilise mes doigts, une brosse à dents, entre autres instruments, pour incorporer tout ce que j’ai appris dans tous les dessins que je peins », fait savoir Tarun Sandhaya. 

Même s’il n’a pas autant brillé dans les autres matières auxquelles il a participé pour les examens du HSC, être classé premier au niveau national en dessin a suscité une grande fierté chez ses parents, mais aussi chez ses proches et les habitants du village de Beaux-Songes. Tous se réjouissent de son parcours.

Maintenant, Tarun Sandhaya a un autre objectif : devenir enseignant de dessin. Il s’est inscrit au Mahatma Gandhi Institute pour des études en Media Art. Même s’il envisage une spécialisation dans le Graphic Design, c’est le métier d’enseignant de dessin qu’il espère embrasser afin de partager sa passion avec les élèves. C’est un rêve qu’il espère voir se concrétiser.

Expositions

Avant sa récompense au niveau du HSC, Tarun Sandhaya a participé à deux expositions qui ont été de formidables expériences pour lui. Il s’agit du Samudrah Art Prize au Caudan Arts Centre en 2022, et du Sovereign Art Foundation Prize au cours de la même année, à Forbach. 

Cela a été un honneur pour le collège qu’un des élèves ait eu la possibilité de participer à de telles expositions, en particulier la dernière qui a vu la présence d’artistes de renom international. Selon lui, tout le monde n’a pas la possibilité d’y participer car il y a une sélection préalable. « C’est une grande satisfaction pour moi d’avoir eu l’opportunité d’y participer », dit-il.

Interprétation artistique

Le portrait des grands-parents de Tarun Sandhaya est une interprétation artistique comportant plusieurs éléments. Autour de ses grands-parents, il a choisi d’incorporer des éléments qui ont marqué leur vie pour créer un tableau « vintage ». On retrouve ainsi dans la peinture la maison en bois et en tôle qu’ils habitaient, mais aussi des objets qu’ils utilisaient : une lampe à pétrole, un chapeau, une paire de lunettes et des pièces de monnaie, entre autres. 

 

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