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Film/documentaire et conférence-débat : les femmes SDF sont-elles invisibles à Maurice ? 

La campagne Seize journées d’action pour l’élimination de la violence envers les femmes a pris fin le 10 décembre. Ce qui a cadré avec la Journée internationale des droits de l’homme. 

Passerelle, avec la collaboration de la Commission Femmes de Dis-Moi et du Groupement des associations Réunion Maurice – solidarité (GARMS), a convié une soixantaine de personnes pour visionner le film/documentaire : Sur la route des invisibles. Il y a ensuite eu un débat sur la situation des femmes SDF à Maurice. Le film est signé Claire Lajeunie, journaliste et réalisatrice connue pour ses sujets qui traitent souvent des personnes oubliées. 

Par le biais d’Édith Semmani de l’association Cœur vert, elle a donné l’autorisation pour le visionnage de ce documentaire à Maurice afin de contribuer au combat que mènent ces associations qui œuvrent pour le bien-être des femmes SDF à Maurice. 

Nadine Bachelot, grand reporter de Réunion 1re, et Didier Sooben du GARMS étaient les invités d’honneur de cet événement. Pour Nadine Bachelot, « les femmes SDF sont des victimes de la violence et doivent être une priorité pour les autorités. Il y a beaucoup de similitudes entre Maurice et La Réunion, quand on parle de femmes sans abri ou victimes de violence domestique. Malgré les différences, les problèmes restent les mêmes et c’est en unissant nos forces que nous pourrons mieux faire entendre nos voix, faire entendre celles de ceux que l’on ne voit pas ». 

Didier Sooben, quant à lui, a expliqué que dorénavant, il y a un partenariat entre les associations mauriciennes et celles de La Réunion pour travailler de manière concrète afin de lutter contre la violence envers les femmes. Un calendrier de travail est en préparation pour démarrer avec des ateliers de formation dès janvier. 

Ny Onja Hon Fat, responsable de la Commission femmes de Dis-Moi, estime que chaque femme a connu la violence au moins une fois dans sa vie. Elle a rappelé les chiffres des Nations unies et a expliqué que la commission a décidé de s’engager auprès des femmes sans abri. « Car leurs droits sont bafoués et elles ont besoin de retrouver avant tout la dignité humaine. » 

Il n’y a eu aucune étude sur la situation des femmes SDF à Maurice. Mélanie Valère-Cicéron, fondatrice de Passerelle, explique « qu’on ne connaît pas exactement le nombre de femmes SDF dans le pays. Il faut venir de l’avant avec une définition adéquate pour pouvoir catégoriser ces femmes sans abri et mieux définir leurs besoins. En ce moment, nous accueillons dix-sept femmes SDF et leurs enfants, mais il nous manque beaucoup d’outils et de ressources pour offrir une prise en charge complète ». 

À travers le documentaire, le public a pu être sensibilisé sur cette cause. Pour certaines personnes, ces femmes qu’elles ont parfois croisées dans la rue étaient vraiment invisibles jusqu’à présent. De nombreuses personnes se sont engagées à réfléchir sur la marche à suivre. Des projets au niveau régional pour mettre en place des structures d’accueil pour ces femmes sont évoqués.

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