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Cogestion de l’île Tromelin : négociations avec la France au point mort depuis janvier 2017

l’île Tromelin Tromelin est un confetti au milieu de l’océan.

La France et Maurice discutent d’une gestion commune de l’île Tromelin depuis 1999. Mais, depuis janvier 2017, le dossier n’avance plus. C’est une zone exclusive économique extrêmement poissonneuse et potentiellement riche en pétrole, de 280 000 km2 qui est en jeu.

Revendiquée par Maurice depuis 1976, l’île de Tromelin semble avoir été oubliée du programme du gouvernement. En fait, le dossier dort depuis janvier 2017. Alors que des avancées significatives ont été faites sur la revendication de Maurice sur les Chagos, avec la victoire devant la Cour internationale de Justice le 25 février dernier, le dossier Tromelin n’avance pas. En vérité, le gouvernement mauricien est en attente de ce que la France fera. Or cette dernière n’est pas pressée.

L’accord de cogestion économique, scientifique et environnementale entre la France et Maurice concernant Tromelin, minuscule confetti au milieu de l’océan Indien, devait être examiné par l’Assemblée nationale française le 18 janvier 2017. Or, suite à une levée de boucliers, le sujet avait été enlevé de l’ordre du jour. Depuis, silence radio. Le dossier semble avoir été totalement oublié du côté français comme mauricien.

« Nous sommes en position d’attente depuis que le sujet a été enlevé de l’ordre du jour du Parlement. Notre priorité, c’est les Chagos. Pour Tromelin, on verra après », confie un proche du dossier côté mauricien.

Si Maurice revendique Tromelin depuis 1976, l’idée de cogestion est évoquée depuis 1999. En juin 2010, un accord-cadre est signé entre la France et Maurice et le processus de ratification de l’accord débute en décembre 2012 avec le Sénat qui ratifie le texte.

La première tentative de passer le projet de loi devant l’Assemblée nationale française, en avril 2013, s’est soldée sur un échec. La seconde, quatre ans plus tard, aussi.

« Les deux pays doivent faire ratifier le texte par leur Parlement respectif. Pour nous, ce n’est pas un problème. Ce qui n’est pas le cas pour la France. Mais, autant qu’on sache, leur position n’a pas changé. Quant à nous, nous attendons qu’ils nous disent ce qu’ils veulent faire », confie encore notre source.

Et c’est justement ce que déplore Paul Bérenger, leader du MMM. Il déplore le fait que l’île n’a pas figuré au centre des discussions lors des rencontres avec le président malgache, Andry Rajoelina, lors de sa visite à l’occasion de la Fête de l’Indépendance. « À Maurice, sous la pression du MMM, nous avons commencé à revendiquer la souveraineté de Tromelin à partir de 1976 sur des bases différentes. Suite à un séjour à Madagascar en 1978, j’avais dit que les dirigeants malgaches m’ont donné l’assurance que Madagascar cessera de revendiquer l’île et laissera Maurice à sa revendication. Par la suite, l’abandon de Madagascar au profit de Maurice, et sa revendication a été confirmé à de nombreuses occasions aux Nations Unies et ailleurs. Depuis, Maurice donne son appui à la revendication de Madagascar sur les îles éparses », a-t-il relaté.

Mais pourquoi un caillou de 1 km2 suscite autant d’intérêt ? Tromelin est inhabitée et abrite uniquement une station météorologie appartenant à Météo France. Balayée par les alizés de manière quasi constante, elle ne comporte ni plantes ni animaux intéressants.

En fait, ce sont surtout les eaux territoriales, incluant des zones de pêches ou potentiellement riches en pétrole, qui représentent un immense intérêt. La zone maritime appartenant à Maurice est de 1,2 million km2. À cela, il faut ajouter une zone de 400 000 kilomètres carrés qu’elle cogère avec les Seychelles grâce à un traité très détaillé signé en 2012, ainsi que les 639 000 km2 de ZEE des Chagos que Maurice revendique qui sont en jeu.