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Rapport sur la discrimination raciale : les Nations-Unies remontent  les bretelles de Maurice

Le comité des Nations-Unies pour l’élimination de la discrimination raciale a rendu son rapport sur Maurice en fin de semaine. Et il n’est guère flatteur pour Maurice. Le pays est épinglé pour son manque d’efforts afin de garantir l’égalité des chances pour tous. Certains groupes ethniques, dont les créoles, sont stigmatisés à cause de leurs origines. Le comité estime aussi que le Kreol morisyen devrait devenir une langue nationale. Dans l’ensemble, l’instance onusienne estime que Maurice ne respecte toujours pas certaines clauses importantes de la convention dont elle est signataire. 

Recensement sur les groupes ethniques

Le comité veut que le gouvernement procure des statistiques précises sur la répartition ethnique, la répartition socio-économique et par genre de la population mauricienne. Ces chiffres doivent pouvoir donner une indication claire de la composition ethnique et du genre dans l’éducation, la santé, l’emploi, le logement et la vie politique. Les créoles, les Chagossiens et les personnes d’origine africaine doivent être considérés comme des catégories distinctes. Pas question donc de les classifier sous l’appellation « population générale ». 

Recensement ethnique dépassé

La répartition ethnique comme stipulée par la Constitution (population générale, hindou, musulman, Sino-mauricien) « ne respecte pas pleinement les identités des différents groupes présents ». 

Discrimination contre les Créoles

Le comité note que « les créoles, y compris ceux vivant à Rodrigues et Agalega, subissent de facto de la discrimination dans tous les aspects de la vie et sont désavantagés dans la jouissance des droits humains ». Ceux-ci font face à une deep-rooted discrimination. Le rapport soutient que les créoles sont plus vulnérables à la pauvreté et ont un accès limité à l’emploi, les soins de santé, l’éducation. 

Le Kreol comme langue nationale

Même si des efforts sont faits pour promouvoir l’usage du Kreol, il y a encore du boulot. « Le comité recommande que Maurice prenne les mesures nécessaires pour donner au Kreol le statut de langue nationale, afin de faciliter son usage dans l’administration, le judiciaire et l’éducation. »

Commission Justice et Vérité : cette grande oubliée

L’instance onusienne reconnaît positivement la mise sur pied de la Commission Justice et Vérité. Cela a abouti à un rapport en 2011. Mais, « la majorité des recommandations n’a pas encore été implémentée ». Le musée de l’esclavage intercontinental n’existe toujours pas. La spoliation des terres dont ont été victimes des esclaves libérés et leurs descendants n’a toujours pas été abordée sérieusement. Il n’y a eu aucune réparation. 

Stigmatisation inquiétante de certains groupes

Certaines couches de la population sont victimes de stéréotypes et de stigmatisation à cause de leurs origines. Le comité cite notamment les créoles et exprime son inquiétude sur les discours de haine prononcés contre eux sur les réseaux sociaux et par des personnalités publiques et politiques. 

Accélérer la réforme électorale

Le processus de réforme électorale devrait être mis sur la voie rapide. Les obstacles à une participation égale à la vie politique doivent être enlevés.

Inquiétudes sur les nominations 

L’Equal Opportunities Act devrait être revue et corrigée. Le comité s’inquiète notamment du fait que la discrimination sur la base de la langue ne soit toujours pas interdite.