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Terre sainte : carrefour des religions

Il y a ces pays que vous visitez et qui vous marque à jamais. Pourquoi ? Il y a souvent le paysage, les gens, la culture. Mais Israël, en dépit du conflit qui perdure au Moyen Orient, est une terre fascinante par rapport au poids de son histoire. Après un pèlerinage en Terre Sainte, à Nazareth, Tibériade, Bethléem et Jérusalem, vous ne lirez plus la Bible de la même façon. Les textes deviennent plus concrets et plus incarnés, affirment ceux et celles qui ont vécu le pèlerinage. C’est aussi la découverte de la diversité des chrétiens, de la richesse des rites des juifs et l’histoire de l’islam à travers la mosquée Al Aqsaa.  

La porte de Jaffa au cœur de la vieille ville de Jérusalem.
La porte de Jaffa au cœur de la vieille ville de Jérusalem.

«Gete kot monn resi vini zordi. Zame mo ti panse mo pou resi trouv tonbo ti met Zezi », nous confie Liseby Alcindor. Cette habitante de Terre-Rouge, âgée de 69 ans, tient son cierge à la main. Elle sort du Saint Sépulcre, l’endroit où se trouve le tombeau de Jésus. Cette petite bonne femme, le sourire communicatif, écrase une petite larme. Elle n’en revient toujours pas. C’est l’apogée de sa journée. « Mo pa sagrin monn fer sa voyaz la pou mo viv sa bann moman la », dit Liseby. 

Liseby Alcindor et son fils Jacques.
Liseby Alcindor et son fils Jacques.

Elle a fait le voyage avec son fils Jacques. C’est d’ailleurs lui qui a payé le package de sa mère pour le pèlerinage en Terre Sainte. Un cadeau précieux aux yeux de sa mère. 

Un peu plus tôt, mère et fils ont remonté la Via Dolorosa. Ce lieu empreint de symbolisme, où l’on témoigne du chemin du Christ portant sa croix de la forteresse Antonia jusqu’au mont Calvaire. 

Les fidèles, portant tour à tour la croix, suivent les stations du chemin de croix, découvrant au passage la Chapelle de la flagellation, l’arche de l’ecce homo, le cachot de la prison où fut enfermé Jésus et le site du Calvaire (au-dessus de l’église du Sépulcre), où Jésus fut dépouillé de ses vêtements avant d’être crucifié.

« C’est la journée la plus émouvante que nous ayons vécue », raconte Devi, née dans une famille hindoue, mais qui, après avoir découvert le Christ, n’a pas cessé de le suivre. Ce pèlerinage a été, pour elle, un moyen d’approfondir sa foi, dit-elle. 

Découvrir le jardin de Gethsémani, où Jésus s’est recueilli la nuit précédant son arrestation, et se rendre compte que huit oliviers plantés il y a plus de 2 000 ans y sont conservés et protégés, résume la magie de ce pèlerinage. 

« Nous avons vécu un moment très fort en famille. Notre mère avait vu l’annonce sur un dépliant de l’agence Étoile du Pèlerinage et elle voulait absolument vivre cette expérience. Et elle a embarqué toute la famille avec elle. Je dois dire que je suis comblée. Je n’avais aucune attente particulière en venant ici, mais au final, j’en sors transfigurée comme le Christ », avoue une jeune pèlerine. 

Étoile du Pèlerinage, avec son partenaire exclusif Pèlerins du Monde, permet dans un seul voyage de rebooster notre croyance, mais aussi de mieux comprendre l’Évangile, en marchant sur les pas de Jésus, souligne Bryan, un jeune de Bois-Marchand, qui a choisi d’utiliser ses économies pour ce magnifique voyage. Le père Jérôme, curé de la paroisse de St Joseph, à Terre-Rouge, a vécu lui aussi pour la première fois cette expérience.

« Accompagner les pèlerins en Terre Sainte est une véritable grâce. Faire le parcours avec certains de mes paroissiens a été une démarche de foi très profonde. La célébration de la messe dans un bateau sur le lac de Tibériade ou encore dans la grotte de la Nativité est une expérience enrichissante pour nous tous. Nous avons vécu des moments très forts », raconte le père Jérôme. 

« Des familles entières parfois font le pèlerinage avec nous. Nous avons, lors de notre dernier voyage en juin, accueilli Sergio, un pèlerin en fauteuil roulant. Ce pèlerinage est adapté pour les jeunes comme pour les aînés, quel que soit le niveau de notre foi. C’est une découverte, un partage et avant tout, une aventure humaine en groupe », souligne Daniella Lam Tung, directrice de l’agence de voyages Étoile du Pèlerinage, de Terre-Rouge. 

Les pèlerins se préparent pour le chemin de La Croix à  Via Dolorosa.
Les pèlerins se préparent pour le chemin de La Croix à Via Dolorosa.

 

La longue file d’attente  pour entrer dans le tombeau de Jésus.
La longue file d’attente pour entrer dans le tombeau de Jésus.

 

Gerard Ezra de Pèlerins  du monde et Daniella  Lam Tung d’Étoile du Pèlerinage de Maurice.
Gerard Ezra de Pèlerins du monde et Daniella Lam Tung d’Étoile du Pèlerinage de Maurice.

 

La maison où a vécu la sainte famille à Bethléem.
La maison où a vécu la sainte famille à Bethléem.

Elle ajoute qu’avec les guides de Pèlerins du Monde, le prêtre accompagnateur et tous ceux qui vivent le pèlerinage en reviennent transformés spirituellement, mais surtout avec un éclairage certain sur les textes bibliques, qui sont contextualisés par les guides dans chaque site visité. 

De Nazareth à Jérusalem, en passant par Jéricho, Cana, et Bethléem, les pèlerins se sentent vraiment sur les pas de Jésus. 

Les guides jouent un rôle prépondérant dans les visites culturelles et religieuses. Joseph Shaufani, plus de 30 ans d’expérience en Terre Sainte, connaît les endroits et leurs histoires par coeur, tout comme les versets de la Bible relatifs aux lieux visités. Dans le coach qui véhicule les pèlerins, pas un endroit n’est passé sous silence. Les explications sont claires et précises.

Avec le directeur de Pèlerins du Monde, Gérard Ezra, pionnier du pèlerinage en Terre Sainte, qui accompagne lui aussi les pèlerins et qui offre une voiture de support, le pèlerinage se déroule dans les meilleures conditions. 

Le renouvellement du baptême  dans l’eau du Jourdain à Yardenit, l’extrême sud du lac du Jourdain.
Le renouvellement du baptême  dans l’eau du Jourdain à Yardenit, l’extrême sud du lac du Jourdain.

 

Au jardin des oliviers, l’un des  oliviers qui a été conservé.
Au jardin des oliviers, l’un des  oliviers qui a été conservé.

 

Renouvellement des vœux du mariage à Cana

Les couples renouvelant leur engagement à Cana.
Les couples renouvelant leur engagement à Cana.

À neuf kilomètres au nord-est de Nazareth, sur la route de Tibériade, la petite ville arabe de Kefar Kenna correspond probablement au lieu où se déroulèrent les noces au cours desquelles Jésus accomplit son premier miracle, rapporté dans l’Évangile de Jean.

Les noces de Cana est un récit tiré du Nouveau Testament, où il est raconté que Jésus a changé de l’eau en vin.. 

Il assistait à un mariage avec sa mère et le vin manquait avant la fin de la fête. Et Marie, la mère de Jésus, devait lui demander de « faire quelque chose ». Jésus avait fini par changer des jarres d’eau en vin. Et cette ville a continué cette tradition de la culture de la vigne et on y trouve un cépage particulier.

Deux églises se partagent le souvenir du premier miracle de Jésus : une église franciscaine et une église orthodoxe. L’église latine, construite en 1881, s’élève sur l’emplacement de celle des croisés, au-dessus des fondations d’une synagogue du Ve siècle, qui pourrait avoir été un lieu de culte judéo-chrétien. Un escalier permet d’accéder à la crypte, où sont entreposées des jarres. La jarre ancienne, visible au milieu de la crypte et qui ne saurait être reliée directement au miracle des noces de Cana, permet d’évoquer le premier signe de Jésus, qui change l’eau en vin. Ce signe marque l’avènement du temps de Jésus et de l’Alliance nouvelle, symbolisée par le vin de la fête. Toute proche, l’église grecque orthodoxe remonte, quant à elle, au XVIe siècle. Elle est construite sur les ruines d’une ancienne mosquée. 

L’Église du Premier miracle.
L’Église du Premier miracle.

Le Mur des lamentations, un haut-lieu de pélerinage 

Des jeunes en voyages scolaires découvrent le mur de lamentations.
Des jeunes en voyages scolaires découvrent le mur de lamentations.

Entre les deux guerres israëlo-arabes, de 1948 et 1967, les juifs ne pouvaient accéder au mur. Aujourd’hui, ils viennent du monde entier pour y exprimer leur foi. Symboles de cette ferveur, les nombreux papiers disposés dans les interstices du mur. En y arrivant, un passage obligé : les contrôles de sécurité. 

Les kipas (bonnet des juifs) disposés dans une boîte sur une table, invite à la découverte de cette culture. Petits et grands récitent leur prières. En 2014, au dernier jour de son pèlerinage en Terre Sainte, le pape François avait exhorté musulmans, chrétiens et juifs à travailler « ensemble pour la justice et la paix ». Le pape avait, par ailleurs, demandé le libre accès des croyants aux lieux saints de Jérusalem.

Pour les musulmans, Al-Buraq (l’ancien nom arabe du Mur des lamentations) fait partie du complexe de la mosquée Al-Aqsa sur l’esplanade. Alors que les Israéliens considèrent que le Kotel (son appellation, côté juif) est à eux. 


La journée au bord de la Mer Morte

Moment de bien-être avec le bain de boue à la Mer Morte.
Moment de bien-être avec le bain de boue à la Mer Morte.

Ce pèlerinage comporte aussi un volet culturel. La Mer Morte demeure une expérience incontournable. Renommée pour ses plages, ses établissements thermaux et ses hôtels de luxe, la Mer Morte se situe aux confins orientaux du désert de Judée. La région est aussi connue  pour ses lieux chargés d’histoire, ses oasis verdoyants et ses paysages désertiques. Mais l’attraction principale demeure la plage.

Nous sommes à une altitude de 417 mètres en-dessous du niveau de la mer. La Mer Morte se trouve au point le plus bas du globe terrestre et présente le taux de saturation en sel le plus élevé du monde, soit 340 grammes par litre d’eau. Une salinité qui empêche toute vie dans ses eaux et qui contraint au corps de flotter à la surface. 

Cette mer, qui fascine depuis de nombreux siècles, attire aussi bien les touristes que les curistes et les amateurs d’histoire. Si à Maurice dans l’eau de mer, nous pouvons toucher le sable, à la Mer Morte, les pieds s’enfoncent facilement dans l’argile. De l’argile qu’on frotte sur le visage, les bras, les pieds et le dos. Mais attention aux yeux : quelques gouttes d’eau dans les yeux, et c’est l’irritation assurée. Après une vingtaine de minutes de baignade, il est conseillé de sortir de l’eau. Triste, mais conquis, car les bienfaits de la boue argileuse sur la peau sont réels. La peau est propre et adoucie. 

La densité en substances minérales dix fois supérieure à celle des autres mers a des effets bienfaisants sur l’organisme, en particulier sur la peau. Les boues argileuses noires, ou encore l’air chargé de soufre et de brome, ont des effets apaisants sur le système nerveux. Haut lieu de la recherche et des soins pour la santé, la Mer Morte et son climat permettent de soigner ou d’atténuer les effets de nombreuses maladies. D’ailleurs, de nombreux curistes venus du monde entier profitent chaque année des établissements thermaux répartis le long des rives du lac salé.

Le coach des pèlerins mauriciens pour parcourir les sites au quotidien.
Le coach des pèlerins mauriciens pour parcourir les sites au quotidien.

À voir absolument, le Massada National Park, qui abrite les ruines de la forteresse Massada, et le légendaire palais du roi Hérode, décrit dans la Bible. Inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, ce site offre, au lever et au coucher du soleil, une vue imprenable sur la Mer Morte et ses environs. À ne pas manquer également, le site de Qumran, situé au nord-ouest de la Mer Morte. Ce sont dans les cavernes et grottes de ce site qu’ont été découverts les manuscrits de la Mer Morte entre 1947 et 1952. 


L’esplanade des mosquées

Le Dôme du Rocher, haut lieu de pèlerinage qui accueille des millions de personnes par an.
Le Dôme du Rocher, haut lieu de pèlerinage qui accueille des millions de personnes par an.

Ces quelques centaines de mètres carrés, désormais au centre du conflit israélo-palestinien, déclenchent les passions et attisent les haines. Mais nous n’y verrons rien du tout ce jour-là…

Pour y accéder par la grande porte côté vieille ville, il faut être musulman. Pas moyen de mentir aux gardes, au risque de se faire embarquer. Au moindre doute, on pourrait vous demander de réciter la sourate Fatiha, par exemple. 

Farheen a réalisé son rêve d’entrer dans la mosquée Al Aqsa
Farheen a réalisé son rêve d’entrer dans la mosquée Al Aqsa

Farheen est mauricienne,  tandis que Malika et sa mère viennent de France, mais sont algériennes. Nous les accompagnons. Elles passent par l’esplanade des mosquées, tandis que nous, nous y avons accès à partir de la porte de Jaffa. Le site, que les Israéliens appellent Mont du Temple, surplombe le Mur des lamentations et abrite la mosquée Al Aqsa et le Dôme du Rocher, troisième lieu saint de l’islam. 

Construit à Jérusalem entre 688 et 692 par le calife omeyyade Abd Al Malik, 60 ans après le décès du prophète Muhammad, le Dôme du Rocher est un édifice unique dans l’architecture islamique. L’emplacement du bâtiment sur le mont Moriah et le rocher qui émerge au centre de l’espace intérieur, avec sa forme octogonale, est impressionnant. La coupole, recouverte de plaquettes d’un alliage d’or, brille de tous ses feux sous le soleil  et est devenue le symbole de la ville. Il n’y a pas un endroit dans les hauteurs de la ville où l’on n’aperçoit pas la coupole dorée. « Je suis heureuse, car ma mère a pu réaliser un de ses rêves, celui de venir au Dome du Rocher et à la mosquée Al Aqsa pour la prière du vendredi », raconte Malika. 

Vue sur la mosquée Al Aqsa.
Vue sur la mosquée Al Aqsa.

Farheen, jeune employée d’agence de voyage, est conquise. « J’ai beaucoup lu sur le Dome du Rocher et mes parents m’ont parlé de la mosquée Al Aqsa. C’était important pour moi de venir ici. J’ai été très émue une fois à l’intérieur », dit-elle. 

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