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Sur Téléplus et Defimedia.info - Bollywood Oldies Talkies : revivre les souvenirs des légendes disparues

La carrière et les tranches de vie des légendes disparues du cinéma indien font l’objet de « Bollywood Oldies Talkies ». Cette émission de Radio Plus est conçue par le journaliste Raj Bissessur. Ce dimanche 8 mai est programmée la rediffusion de l’épisode consacré à Ashok Kumar. 

«Au fil du temps, il semble que ces artistes extraordinaires sombrent dans l’oubli ». Lui souhaite « garder leur mémoire vivante dans le cœur des cinéphiles, notamment la jeune génération ». Par le biais de Bollywood Oldies Talkies, Raj Bissessur, journaliste et concepteur de l’émission, entraîne les cinéphiles dans la nostalgie en rendant hommage aux légendes disparues du cinéma indien.

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Un épisode sera bientôt consacré 
à Suchitra Sen. 

Cette émission est diffusée chaque dimanche. Le prochain épisode est prévu ce dimanche 8 mai à 20 h 30. Il s’agit d’une rediffusion de l’épisode consacré à Ashok Kumar. Il est diffusé sur www.defimedia.info, la chaîne YouTube de TéléPlus ainsi que sur la page Facebook Defimedia.info et Radio Plus. 

Fort de ses 109 ans d’existence, Bollywood est devenu une culture, voire un art de vivre. Les films en hindoustani occupent une place importante tant à Maurice qu’ailleurs. Cette magie de faire rêver, on la doit surtout aux acteurs. Ils insufflent de l’émotion à chaque personnage incarné à l’écran. Ces personnages demeurent éternels, même si les acteurs qui les ont incarnés ont disparu depuis longtemps. 

Depuis le début de l’année, Bollywood Oldies Talkies a parlé de Premnath (4 février), Balraj Sahni (27 février), Bappi Lahiri (13 mars), Dara Singh (27 mars), Ajith (17 avril) et Jeevan (1er mai). Prochainement, Raj Bissessur résumera le parcours cinématographique de l’actrice Suchitra Sen. Charmante et talentueuse, elle a fait ses preuves tant à Bollywood que dans le cinéma bengali.

Raj Bissessur fait aussi la voix-off de Bollywood Oldies Talkies. « Quand on est passionné par le cinéma, on veut partager cette passion avec d’autres cinéphiles. Ce programme est un moyen de le faire », explique-t-il. L’objectif, dit-il, est surtout de reconnaître la contribution de ces acteurs légendaires : « Chacun a apporté sa pierre à cet édifice. Bollywood est l’une des plus importantes industries cinématographiques au monde. » 

Au cœur des recherches

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L’intensité dans le regard de Balraj Sahni en disait long.

Il fait ressortir qu’un cinéphile ne se limite pas uniquement à regarder les films. Un cinéphile cherche à en savoir davantage sur les acteurs et la façon, ainsi que les conditions dans lesquelles une scène a été tournée. « Les reportages axés sur les personnalités de Hollywood suscitent cet intérêt. Ils mettent en lumière les multiples facettes d’une star de cinéma. On retrouve rarement cette caractéristique dans les documentaires consacrés aux acteurs de Bollywood. Il y a souvent un manque de précisions », confie Raj Bissessur. 

De ce fait, le journaliste bouquine sans cesse. Il épluche les biographies et les autobiographies. Il lit plusieurs articles afin de vérifier les informations avant de pouvoir écrire son texte. Le concepteur suit aussi les anecdotes et les témoignages que partagent les acteurs sur les collègues qu’ils ont côtoyés. 

Pour l’instant, Bollywood Oldies Talkies braque les projecteurs sur les artistes ayant commencé leur carrière dans les années ‘50 et ‘60. « Certains acteurs ont commencé vers la fin des années ‘40 et ont tourné jusqu’aux années ‘80. Pendant ces quatre décennies, ils ont marqué des générations de cinéphiles », affirme le concepteur. 

Bientôt, les légendes vivantes de Bollywood feront aussi l’objet du programme. « Bollywood Oldies Talkies est apprécié de l’audience de Radio Plus et du Défi Media Group. Si bien que certains nous recommandent des acteurs », constate Raj Bissessur. 

Autre point fort de Bollywood Oldies Talkies : la langue de proximité dans laquelle Raj Bissessur relate le parcours des acteurs. « Radio Plus est une radio de proximité et il n’y a pas mieux que le kreol pour se connecter à l’audience. Même ceux qui ne comprennent pas l’hindi peuvent facilement suivre le programme », fait-il ressortir. 

Il bénéficie de l’expertise de Neermal Ramdin, assistant chef d’antenne de Radio Plus. « J’ai la chance de travailler avec quelqu’un qui connaît lui aussi le cinéma comme les dix doigts de sa main. J’apprécie aussi l’aide de mon collègue Naushad Mamode Ally, technicien et Bollywood Coordinator à Radio Plus », fait remarquer Raj Bissessur.

Neermal Ramdin s’attelle, lui, à la recherche des images et des scènes mythiques pour monter la vidéo. « Il m’arrive de chercher certaines images sur YouTube ou fouiller dans mes archives, notamment les DVDs. Souvent, je dois regarder les films pour repérer la scène qui conviendra le mieux au texte », révèle-t-il.

La trame de Bollywood Oldies Talkies

« Bollywood Oldies Talkies » est inspiré de la rubrique « Légendes du cinéma indien » de Raj Bissessur. Celle-ci était publiée dans le supplément Bollywood Massala du Défi Quotidien du jeudi. Extraits. 

Premnath : un acteur imposant

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Premnath est l’un des acteurs de « Bollywood Oldies Talkies ».

Premnath Malhotra, plus connu comme Premnath, est né en 1926. Il fait ses débuts d’acteur de premier plan en 1948 avec un film intitulé Ajit, réalisé par Mohan Dayaram Bhavnani. Premnath s’appelait Prem Nath dans ce film, déjà… Cependant, Premnath a déjà joué dans deux films presque à la même époque : Daulat Ke Liye (1947) de Abdul Rashid Kardar et Aag (1948), premier film réalisé par Raj Kapoor.

Prem Nath a une présence imposante à l’écran. Il possède aussi une voix grave et profonde. Il commence d’abord par se mettre dans la peau du jeune premier. C’est toutefois surtout dans des rôles du méchant ou de second plan qu’il s’impose véritablement. L’un des premiers films dans lesquels on voit Premnath jouer en second plan est Aaram (1951). 

À cette époque, Premnath sort avec Madhubala. Il rompt avec elle quand il apprend qu’elle s’intéresse à Dilip Kumar. Il sortira aussi avec Kamini Kaushal. Premnath se marie finalement avec Bina Rai. Il rencontre l’actrice durant le tournage de Aurat (1953).

Au cours de sa carrière, Premnath est nominé quatre fois comme meilleur acteur dans un second rôle pour les films Shor, Bobby, Amir Garib et Roti Kapda Aur Makaan.

Il est décédé en 1992 à l’âge de 65 ans, soit 18 jours seulement avant d’avoir 66 ans. Il laisse derrière lui son épouse Bina Rai et leurs deux fils, Prem Kishen et Kailash Nath (Monty). 

Balraj Sahni : remarqué par le Mahatma Gandhi, qui le recommanda à la BBC

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Balraj Sahni a fait un passage à la BBC. 

De son vrai nom Yudhishthir Sahni, Balraj Sahni voit le jour à Amritsar. Après des études poussées à l’université du Penjab, il obtient son diplôme en langue anglaise, puis un second en langue hindi.

En 1936, Balraj Sahni épouse une certaine Damyanti. Ils s’installent à Shantiniketan, où il enseigne l’anglais et l’hindi. Leur premier enfant est Ajay (Parikshat) Sahni.

En 1938, Balraj Sahni est remarqué par le Mahatma Gandhi en personne qui lui demande de rejoindre son secrétariat. Après une année, Gandhi le recommande pour un poste à la BBC à Londres, la BBC cherchant quelqu’un pour la langue hindi. Ainsi, Balraj Sahni quitte l’Inde pour l’Angleterre, l’année où l’Europe moderne va connaître les heures les plus sombres de son histoire avec la Seconde Guerre mondiale. Étant donné le poste qu’il occupe à la BBC, il annonce à son audience en Inde la montée de Hitler en Allemagne et ses invasions.

À la BBC, Balraj Sahni fait la connaissance d’une certaine Marie Seton. Cette dernière l’introduit à son cercle d’amis qui ont une connexion avec le cinéma. C’est ainsi que Balraj Sahni est introduit au cinéma soviétique et les œuvres du cinéaste S. Eisentein. Parallèlement, il découvre les films des autres pays européens, surtout les films engagés. À force de voir ces films, il se sent attiré par ce que font Marx et Engels qui militent pour la cause communiste. Entre 1941 et 1943, année où il revient en Inde, il devient un communiste acharné. Il rejoint l’Indian People Theatre Association (IPTA). 

À travers cette association, Balraj fait son entrée dans un cercle de penseurs, écrivains et artistes de gauche. Plus tard, l’IPTA se lance dans la production de films. Le premier est Insaaf dans lequel joue Balraj Sahni mais il est rejeté par le public. 

En 1947, Balraj Sahni perd sa femme. Il épouse Santosh Chandhok, une de ses cousines.

Balraj Sahni incarne plusieurs types de rôle à partir des années 1950. Son nom est associé à des films importants tels que Seema (1954), Aulad (1954) de Mohan Sehgal et Pardesi (1957). Balraj Sahni s’essaie aussi à l’écriture et écrit une série de livres en punjabi. Il écrit également des scénarios, dont celui de Baazi (1951). 

Vers la fin de sa vie, Balraj Sahni perd sa fille Shabnam. Un an après, il est expulsé du parti communiste. Il meurt d’une crise cardiaque dans la nuit du 13 avril 1973.

Bappi Lahiri : hommage au roi du disco 

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L’acteur Mithun Chakraborty et le compositeur Bappi Lahiri ont collaboré ensembleplusieurs films dont « Disco Dancer ». 

En 1975, un jeune musicien compose une superbe bande originale pour Zakhmee, un film produit par Tahir Hussain (le père d’Aamir Khan) et réalisé par Raja Thakur. Le film met en vedette Sunil Dutt, Asha Parekh, Rakesh Roshan, Reena Roy et Tariq Khan (le cousin d’Aamir). Le jeune musicien se nomme Alokesh « Bappi » Lahiri. Il n’a alors que 23 ans (il est né le 27 novembre 1952). 

Le film est un hit au box-office et permet à Bappi de faire une percée deux ans après ses débuts, et quelle percée ! Le film comporte 7 chansons et chacune est un hit : Aao Tumhe Chand Pe Le Jaayen (Lata Mangeshkar, Sushma Shrestha) (ce morceau comprend aussi une version triste) ; Abhi Abhi Thi Dushmani (Lata) ; Zakhmon Dilon Ka Badla (Kishore Kumar) ; Aali Re Aali Re Holi Toofan Dil Mein Liye (Kishore Kumar) ; Jalta Hai Jiya Mera Bheegi Bheegi Raaton Mein (Asha Bhosle, Kishore Kumar) et Nothing Is Impossible (Mohammad Rafi, Kishore Kumar et Bappi Lahiri).

L’année suivante, Bappi frappe très fort une nouvelle fois avec Chalte Chalte, de Sunder Dar, avec Vishal Anand, Simi Garewal et Nazneen. Toutes les chansons sont des hits une fois encore.

Après ce film, Bappi Lahiri compose la musique de Aap Ki Khatir (1977), de Sudhendu Roy, avec Vinod Khanna, Rekha, Nadira et Helen. La dernière chanson du film, Bombay Se Aaya Mera Dost, Dost Ko Salaam Karo, devient un hit mémorable.

En 1979, c’est la grande rencontre de Bappi Lahiri avec l’acteur Mithun Chakraborty. Ils collaborent pour Surakshaa et Wardat (1981). En 1982, ils collaborent de nouveau et goûtent à un succès extraordinaire avec Disco Dancer. Ce film indien est le premier à amasser 1 milliard de roupies indiennes dans le monde, devenant le plus gros succès indien de tous les temps dans le monde jusqu’à ce que sorte Hum Aapke Hain Kaun en 1994. La musique du film devient Disque de platine en Inde (1 million de disques vendus) et Disque d’or en Chine.

Bappi Lahiri fait sensation avec d’autres films. Il est décédé le 15 février 2022. 

Dara Singh : le superhéros du cinéma indien entre 1950 et 1960

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Dara Singh a incarné le rôle du Hanuman notamment. Il est venu à Maurice dans les années 1970.

De son vrai nom Deedar Singh Randhawa, Dara Singh est né le 19 novembre 1928. Mesurant 6 pieds 2 et faisant 140 kilos, Dara Singh se fait d’abord connaître en tant que catcheur professionnel. Il est sacré champion en Malaisie en 1947 et devient champion de l’Inde en 1954. Ensuite, il fait ses débuts dans des films de série A et de série B comme Tarzan Comes To Delhi et Samson, dans les années ‘50 et ‘60. 

Il figure dans un premier film, Sangdil, en 1952. Au fil de ses films, il hérite du surnom d’action king. Dara Singh joue aux côtés de l’actrice Mumtaz dans pas moins de 16 films comme Jawan Mard, Raaka, Aandhi Aur Toofan, Daku Mangal Singh et Veer Bhimsen. Il figure également dans des séries axées sur la mythologie hindoue comme Ramayan et Mahabharat. 

Il est également écrivain, réalisateur et producteur. Il lance son studio, le Dara Studio, en 1978. Il est venu à Maurice dans les années 1970. Certains parlent toujours de sa visite à Vallée-des-Prêtres. Il est accueilli sous une tente à proximité de l’ancienne boutique Jagessur. 

Entre 1952 et 2012, Dara Singh joue dans plus de 140 films en langue hindoustani, punjabi, tamoule, malayalam et télougou. Son dernier film est Jab We Met, aux côtés de Shahid Kapoor et Kareena Kapoor. 

Pour la petite histoire, Dara Singh s’est marié à deux reprises. Son premier mariage est contracté quand il a 9 ans. Il a six enfants. 

Il est décédé le 13 juillet 2012 à l’âge de 84. En 2018, une statue de Dara Singh est dévoilée à Mohali au Penjab, à l’occasion de ses 90 ans. 

Ajit : l’un des célèbres méchants du cinéma indien

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Ajit était toujours bien habillé. 

Ajit, de son vrai nom Hamid Ali Khan, est né à Hyderabad. Dans ses deux premiers films comme acteur principal, il joue sous son vrai nom. Puis, il opte pour le nom d’Ajit sur les conseils de Nanabhai Bhatt, producteur et réalisateur et père de Mahesh et Mukesh Bhatt.

Il devient Ajit dans Beqasoor (1950) dans lequel il est l’acteur principal aux côtés de Madhubala. Le film est l’un des plus gros succès de 1950. Ses autres films sont Dholak (1951), Nastik (1953), Baradari (1955), Bada Bhai (1957) et Milan (1958). 

Il joue les seconds couteaux dans Naya Daur (1957) et Mughal-e-Azam (1960). Dans les années ‘70, Ajit opte pour jouer les méchants. Il a aussi un style personnel pour camper le personnage. Il était surtout connu pour sa manière de dire ses dialogues et des répliques. Des phrases accrocheuses qu’on entend dans deux de ses films les plus mémorables, telles que « Lilly, don’t be silly » qu’il dit dans Zanjeer (1973) et surtout « Mona Darling » dans Yaadon Ki Baraat (1973). Son dialogue préféré est toutefois : « Very smart ».

Il aime aussi jouer avec la prononciation de certains mots en anglais. Ainsi, il dit « Rabbert » au lieu de « Robert ».

Ajit soigne son look. Il porte toujours une chemise, un pantalon, une veste et cravate et aussi un manteau. Souvent, il est vu avec des chaussures en cuir de couleur blanche. Il porte des bijoux bien voyants, de larges lunettes de soleil. Parfois, il porte des gants. Bien entendu, il est toujours accompagné d’une femme fatale.

Ajit a une carrière étalée sur cinq décennies. Entre 1945 et 1995, il joue dans plus de 200 films. Le 22 octobre 1998, il décède à l’âge de 76 ans. Il laisse derrière lui deux veuves, Shahida et Sara, et cinq fils. Soulignons qu’il s’est marié trois fois.

Jeevan : de « reflector boy » à acteur

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Jeevan était connu pour jouer les rôles de méchant. 

De son vrai nom Omkar Nath Dhar, Jeevan a toujours voulu être comédien. Mais comme son grand-père était gouverneur, il est considéré comme faisant partie d’une famille noble, et jouer dans des films était tabou. Pour se donner une chance, il déserte la maison familiale à l’âge de 18 ans et débarque à Bombay (Mumbai) avec Rs 26 en poche. 

Après un bref moment de galère, il trouve un job aux studios Mohan Sinha (grand-père de l’actrice Vidya Sinha). De reflector boy, il finit par décrocher le rôle principal dans Romantic India (1935), produit par Mohan Sinha. Il retrouve le même producteur cinq ans après pour Anuradha. En 1948, il est la covedette de Dilip Kumar et Nargis dans Mela de S.S. Sunny. Il joue aux côtés d’Ashok Kumar dans Afsana (1951), de B.R. Chopra.

Jeevan démarre la décennie 1970 en fanfare avec Johnny Mera Naam. Son rôle le plus mémorable est dans Amar Akbar Anthony, aux côtés d’Amitabh Bachchan, tourné trois ans plus tard. Il campe un autre méchant inoubliable dans Sanam Teri Kasam (1982) de Narendra Bedi.

Les cinéphiles se souviennent aussi de Jeevan dans des films mythologiques. Il a campé le personnage de mythologie Narad Muni dans 49 films et reste associé à la célèbre phrase : « Narayan, Nayaran ». En 1965, il joue dans Mahabharat, de Babubhai Mistri. 

Le mythique comédien pousse son dernier soupir, le 10 juin 1987, à l’âge de 71 ans. Ses deux fils sont Kiran Kumar et Bhushan Jeevan. Le premier est un acteur bien connu.

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