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Entrepreneuriat - Vente des poutous : Nirmala Yagambrum perpétue une délicieuse tradition

Nirmala Yagambrum Les préparations se font à domicile et la cuisson au Caudan Waterfront.

Cela fait une vingtaine d’années que Nirmala Yagambrum vend des poutous à la gare du Nord. Depuis novembre 2018, elle tient une échoppe au Caudan Waterfront. Nous l’y avons rencontrée.

Le ciel est lourd de pluies menaçantes, mais elle ne bronche pas. Imperturbable, Nirmala Yagambrum continue à cuire ses poutous. « Qu’il pleuve ou qu’il vente, je suis toujours sur le pied de guerres », lance-t-elle. Notre intervenante était alors à la gare du Nord où elle s’est bâti une solide clientèle. Elle y serait restée si les autorités n’avaient pas interdit les activités des marchands à certains endroits de la capitale. À cette heure de l’après-midi, le Caudan Waterfront grouille de monde. Bon nombre, dont des touristes, s’arrêtent volontiers devant son échoppe pour acheter des poutous. On y trouve aussi des ‘oundés’ à base de gruau et des gâteaux cravates.

On la trouve au Caudan Waterfront de lundi à samedi de 10 à 16 heures. Nirmala se lève tous les jours à cinq heures du matin pour préparer la pâte à poutous. D’abord, il faut laver le riz, le faire sécher et le faire bouillir jusqu’à un certain degré. On le laisse sécher de nouveau avant de le faire moudre à la machine pour en faire de la farine de riz. On y mélange du sucre, de la vanille et de la poudre de coco. Elle explique aussi que le poutou à base de riz fait partie de la culture tamoule et qu’il est servi lors des prières.

Si la préparation se fait chez elle, c’est au Caudan Waterfront que Nirmala va les faire cuire. « Les gens préfèrent les manger quand ils sont encore chauds », dit-elle. Elle trouve aussi le temps de préparer des ‘oundés’ qui sont aussi très appréciés par la clientèle. Pour la cuisson du poutou, elle met de l’eau à bouillir dans un récipient appelé tambour. En attendant, elle place la préparation à base de riz dans un cylindre connu comme ‘cola’ qu’elle place sur le tambour. Le riz est cuit à la vapeur. Le poutou est prêt quand la vapeur s’échappe du cylindre. Après l’avoir enlevé, elle le coupe en rondelles avec un morceau de fil.

Nirmala raconte : « La vente des poutous fait partie d’une longue tradition familiale. Ma grand-mère était marchande de poutous et enfant, j’aimais bien la regarder cuire ses poutous qu’elle allait vendre dans les quartiers. » Sa belle-mère aussi était dans le métier. Elle ajoute qu’elle n’avait jamais songé à prendre la relève. La preuve : après sa scolarité, elle travaille pendant quelques années dans une usine textile.

C’est après la fermeture de la compagnie que Nirmala décide de vendre des poutous. « Travailler à son propre compte est plus fatiguant car on n’a pas certains avantages comme les congés payés mais au moins on a la tranquillité d’esprit, dit-elle. On n’a pas peur de se retrouver du jour au lendemain sur le pavé. » Elle se dit heureuse de pouvoir compter sur le soutien de son fils. La relève est donc assurée.

Lorsque nous quittons le Caudan, il pleut des cordes. Cela ne fait ni chaud ni froid à Nirmala. Sacrée bonne femme ! Elle continue à faire cuire ses poutous. Chauds chauds ! Qui s’arrachent comme des petits pains.

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