Live News

Entre le secondaire et leTertiaire : un apprentissage plus souple pour faciliter la transition

Le Professeur Yashwant Ramma.

Financée par l’Unsolicited Research and Innovation Grant du Mauritius Research Council (MRC), une équipe de chercheurs du Mauritius Institute of Education (MIE) et de l’Université de Maurice a initié, de 2016 à 2018, un projet intitulé Students’ & Graduates’ Difficulties in Science, Mathematics and Technology during transitions from Secondary to Tertiary Levels and to Teacher Training. Le chargé des recherches au MIE, le Professeur Yashwant Ramma, explique les grandes lignes. 

Les résultats de ces travaux de recherche ont été présentés par le Professeur Yashwant Ramma, lors d’un séminaire au MIE, le mercredi 14 août. Cela en présence des responsables des institutions secondaires et tertiaires, des officiers du ministère de l’Éducation et du MIE, entre autres. La Mauritius Academy of Science and Technology (MAST) a également contribué à la conceptualisation de ce projet, indique le Professeur Yashwant Ramma. Ce dernier, 55 ans, est détenteur d’un Ph.D en Physique. Il a beaucoup contribué dans les projets initiés en science et technologie dans le primaire et le secondaire.

« À Maurice, il y a un désintéressement des élèves pour les matières scientifiques comme la technologie, l’ingénierie et les mathématiques (STEM). Nous nous sommes penchés sur la question durant nos travaux. Son impact est inquiétant pour le développement du pays. La situation empire alors que le gouvernement investit de plus en plus de ressources dans la technologie et l’education. C’est paradoxal ! », dit le Pr Ramma. Le projet initié par le groupe de chercheurs avait pour objectif de comprendre les difficultés auxquelles les élèves sont confrontés au Higher School Certificate (HSC) et durant leur transition vers le tertiaire, y compris le MIE. 

Quelques membres de l'équipe de recherches.
Quelques membres de l'équipe de recherches.

Pr Yashwant Ramma ajoute : « Nous avons voulu savoir pourquoi, malgré toutes les évolutions et le soutien technologique, les étudiants qui ont choisi la filière scientifique, ont des problèmes d’adaptation qui empêchent une transition souple. Nous voulions aussi comprendre les facteurs qui les influencent lors de cette transition. » 

Ce projet dirigé par le Pr Ramma a regroupé des chercheurs et universitaires du MIE, de l’Université de Maurice notamment les Dr Ajeev Bholoa, Dr Anwar Rumjaun, Navin Hurreeram, Dr Tejwant Mohabeer, Dr Shobha Jawaheer et Sandhya Gunness, entre autres.

‘Students’ & Graduates’ Difficulties in Science, Mathematics and Technology during transitions from Secondary to Tertiary Levels and to Teacher Training’, c’est un projet qui démontre plusieurs conceptions façonnées sur trois axes. Le raisonnement scientifique, l’accompagnement (counselling) des étudiants, une approche pragmatique dans l’enseignement et l’apprentissage pour mieux s’épanouir dans les sujets STEM en développant un esprit critique, précise le Pr Yashwant Ramma. « Ce qui n’est pas nécessairement le cas. Les données recueillies ont relevé plusieurs manquements dans ces trois axes. D’où la nécessité d’une réflexion approfondie et stratégique sur ce sujet afin de s’assurer que les acteurs du secteur adoptent une approche collective pour l’implémentation et les recommandations proposées dans cette étude. »

Quant aux principales difficultés rencontrées par les étudiants et les enseignants dans le STEM, le Pr Ramma déclare que l’approche des enseignants en classe reste traditionnelle avec le 'chalk and talk'. Idem pour les leçons particulières. « Il y a malheureusement une approche axée sur l’élitisme, la mémorisation dans l’apprentissage des matières scientifiques et un manque de counselling. » 

Pour remédier à la situation, l’équipe de chercheurs recommande ainsi une transition plus souple permettant aux élèves à développer un esprit critique durant l’enseignement et l’apprentissage des matières scientifiques. Selon le Pr Ramma, ils doivent être accompagnés durant tout leur parcours académique. 

Les chercheurs ont opté pour une méthodologie mixte."

« Le développement de cette synergie doit être définie par le temps et tous les acteurs doivent travailler ensemble pour définir le mode opératoire afin d’avoir une politique redevable par des audits à l’avenir. » 

Une assistance très attentive.
Une assistance très attentive.

Quid de l’importance des données recueillies ? Il souligne leur importance pour le MIE, les universités locales et le secteur secondaire, car la transition les concerne aussi. « Ce projet met en avant des données scientifiques sur lesquelles les décideurs peuvent s’appuyer pour le développement de la politique éducative et une série de recommandations est aussi proposée dans le rapport soumis au MRC. »

Échantillonnage

Par ailleurs, les chercheurs ont opté pour une méthodologie mixte comprenant le quantitatif et le qualitatif du projet. Leur échantillon comprend des élèves en deuxième cycle du HSC, les étudiants des sciences (mathématiques et de l’ingénierie) au tertiaire et ceux qui ont opté pour la filière scientifique à la MIE. Ces derniers ont en droit à des questionnaires, et des entretiens semi-directs étaient basés sur un échantillonnage correspondant aux profils changeant des types d’enquêtes recherchées au fil de la collecte et de l’analyse des données, dit le Professeur Yashwant Ramma. Cela tout en ouvrant la thématique des recherches aux discussions et aux pratiques des acteurs dans le domaine. 

« Il y avait aussi des entretiens semi-directifs qui ont permis d’approfondir la thématique de transition. Avec l’approbation des enquêtés, les entretiens semi-directifs étaient enregistrés et les entretiens étaient transcrits pour faire l’objet d’une analyse textuelle ou d’une analyse de contenu thématique par rapport aux données des questionnaires. Notamment, la triangulation des approches d'analyse et de vérifications croisées, tout au long de l'analyse, qui ont été adoptées. »

Notre service WhatsApp. Vous êtes témoins d`un événement d`actualité ou d`une scène insolite? Envoyez-nous vos photos ou vidéos sur le 5 259 82 00 !