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Éducation spécialisée - SENS: aux petits soins pour les enfants dyslexiques

SENS, à Rose-Hill, joue son rôle afin de permettre à ses élèves de passer avec succès l'étape du primaire pour intégrer le collège.
Comment amener les enfants souffrant de troubles d'apprentissage à réussir leur scolarité ? Quels sont les cadres qui existent pour les aider ? À Rose-Hill, la Ruth School Special Educational Needs Society offre des cours spécialisés aux enfants souffrant de dyslexie. Avec des moyens limités, l'institution arrive à répondre à leurs besoins. Si aujourd'hui, La Ruth School Special Education Needs Society (SENS) accueille ses élèves dans un immeuble qu'elle loue à la rue Lees, à Rose-Hill, cela n'a pas toujours été le cas. Créée il y a environ 25 ans, cette école spécialisée a bien galéré par manque d'espace pour accommoder ses premiers élèves dyslexiques. « On a même été sous des arbres », se souvient Jackie Forget, psychologue clinicienne de l'établissement. Elle- même mère d'un enfant dyslexique, elle s'est rendue en Angleterre où elle a rencontré le Dr Beve Hornsby, une militante engagée dans le combat pour les droits des enfants souffrant de troubles d'apprentissage. « Au début des années 90, lorsque l'école a été mise sur pied, il n'existait aucune enseignante formée en orthophonie à Maurice. Le Dr Hornsby, qui est ensuite venue à Maurice, a aidé l'école à se doter d'outils pédagogiques et à la formation d'environ 60 éducateurs spécialisés. » À ce jour, l'école possède 16 classes et est fréquenté par quelque 122 enfants de 4 à 16 ans. « Les enfants viennent de toutes les régions de l'île. Certaines familles peuvent payer. L'État nous verse, lui, Rs 1 000 par élève alors qu'il dépense Rs 6 000 pour chaque élève dans ses écoles. » En quoi, l'enseignement dispensé par l'école de Rose-Hill est-il différent de celui des institutions gérées par l'État ou le Bureau d'éducation catholique (BEC) ? « Chez nous, il y a la formation et la vocation des enseignants, fait valoir Jackie Forget. C'est un enseignement qui vient du cœur. Si l'enseignant n'est pas sensible au handicap de ces enfants, il ne sera pas capable de leur prodiguer des cours appropriés. On sait que certains enseignants, dans d'autres établissements, s'énervent et réagissent négativement face à un enfant dyslexique. Comme la dyslexie touche essentiellement la lecture et l'orthographie, c'est une situation qui nécessite de faire preuve de beaucoup de compréhension, d'adaptation et de patience. » Mais l'école de Rose-Hill est aussi confrontée aux départs de certains enseignants formés chez elle. « Le corps enseignant est composé de salariés et de bénévoles, mais comme notre situation financière est parfois précaire, il arrive que des enseignants partent vers les écoles de l'État ou du BEC. Cela nous désole mais on n'y peut rien », concède Jackie Forget. « À SENS, nous faisons le maximum, mais sans le suivi des parents, et aussi l'environnement proche, l'apprentissage sera incomplet », explique Jackie Forget. Les causes de la dyslexie sont variées. Il y a quelques années, on tendait à croire qu'elle avait un rapport avec les troubles de l'intelligence, favorisés par un contexte psychologique et familial. Il pourrait s'agir d'un trouble d'origine cérébrale, mais à ce jour, selon le site Web perso.numericable.fr/anglaisetdyslexie, « (...) chaque individu dyslexique possède son propre profil cognitif et ses propres particularités cérébrales. Il est également nécessaire de prendre en compte l'effet des facteurs environnementaux qui jouent un rôle plus ou moins négatif sur l'apparition de ce trouble ». D'autres facteurs sont aussi déterminants, comme un environnement socioculturel et économique défavorable, des méthodes d'apprentissage de la lecture inadaptées, une mauvaise formation pédagogique des enseignants ou encore des classes surchargées. SENS joue pleinement son rôle afin de permettre à ses élèves de passer avec succès l'étape du primaire pour intégrer le collège. « Notre taux de réussite est très satisfaisant grâce au dévouement de notre personnel, tant académique que non académique. Mais notre défi reste l'avenir, et il faudra sans aucun doute moderniser encore plus nos outils pédagogiques », explique Jackie Forget.
 

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