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Échouement d’un navire mauricien à La Réunion : le Tresta Star opérait essentiellement dans la zone portuaire

Comme le témoignent les dernières images, le Tresta Star, dont la coque est déformée, est sur les rochers de l’île de la Réunion.

Construit en 2019, le Tresta Star est la propriété de la firme indienne Amba Shipping and Logistics PVT Ltd. Toutefois, le navire bat pavillon de Maurice parce que depuis sa construction, il a été enregistré sur l’île.

Le Tresta Star gît sur les rochers à l’île de La Réunion. Son équipage est certes sain et sauf, mais des interrogations surviennent. Le pétrolier battant pavillon mauricien a dérivé pendant deux jours. Au ministère de l’Économie océanique, l’affaire est suivie de près. Une fois que les membres de l’équipage auront donné leurs versions, le trajet numérique enregistré par les traqueurs satellitaires sera examiné. Ce qui est presque certain, c’est que le Tresta Star, long de 74 mètres, a filé de manière ininterrompue, à une vitesse quasi constante, vers La Réunion à partir de Maurice.

Une question subsiste : que faisait le navire dans cette zone ? Au départ, le Tresta Star était dans le port. Selon les traqueurs satellitaires, il a quitté la zone portuaire le 28 janvier. Il a une mission bien précise à Maurice. Il a été affrété par IndianOil à partir de 2020. Il est essentiellement utilisé pour le « bunkering » des navires au large de Maurice. En d’autres termes, c’est un navire ravitailleur ou une station de carburant flottante qui opère dans la zone portuaire de Maurice. Lorsque l’alerte II a été émise le 1er février à Maurice lors du passage du cyclone Batsirai, le capitaine du Tresta Star a décidé de mettre le navire à l’abri dans les eaux de l’Ouest du pays. Or, en quittant le port pour rejoindre la haute mer, le pétrolier s’est retrouvé face à des houles. Il a aussi été confronté à une panne de moteur alors que le pays était en alerte III.

Le navire a ainsi dérivé jusqu’à La Réunion. Dans les témoignages qu’ils ont donnés aux autorités réunionnaises, des marins disent que la visibilité était nulle alors que le tanker affrontait des vagues de 15 mètres sans moteur pour se propulser. Ces versions seront confirmées par les autorités mauriciennes et réunionnaises à travers les enregistreurs de voyages.

Construit en 2019, le Tresta Star est la propriété de la firme indienne Amba Shipping and Logistics PVT Ltd. Toutefois, un responsable au département de la navigation du ministère de l’Économie océanique et Louis Gervais Barbeau, ancien Port Master, expliquent que le navire bat pavillon de Maurice pour la bonne et simple raison que depuis sa construction, il a été enregistré sur l’île. Il opère principalement comme ravitailleur dans la zone portuaire.

L’enregistrement des navires : un business courant

L’enregistrement des navires est un business courant dans le monde. Un pays adoucit ses impositions fiscales pour certaines règles afin d’attirer des propriétaires de navire. De cette manière, il s’assure une rente sous forme de frais annuels.

À Maurice, selon les Merchant Shipping (Registration of Ships) Regulations 2009, un navire de moins de 500 tonnes ne peut pas être enregistré s’il a plus de 15 ans d’existence. Ceux de plus de 500 tonnes peuvent réclamer de battre pavillon mauricien, mais c’est le Registrar qui jugera si le navire est éligible, dépendant de sa condition, de sa classe, de son type d’activité et du propriétaire, entre autres.

Toutefois, Maurice impose d’autres conditions à l’enregistrement. Parmi : une classification octroyée par une institution reconnue ; des certificats de sécurité émis par la convention de Safety of Life at Sea pour différents types de navires (cargo, paquebot, tanker, entre autres) ; la certification des équipements selon les conventions maritimes internationales ; et des certificats d’adhésion ainsi que de reconnaissance par des conventions dont Maurice est signataire.

Les frais d’enregistrement annuels dépendent de la classification, du tonnage et des activités du navire. Chaque pays offre différents avantages, affirme Alain Donat. Selon lui, dans la majeure partie des cas, ce sont des avantages fiscaux permettant aux propriétaires de payer une taxe moins élevée que celle en vigueur dans leur pays d’origine.

Le personnel ne paie pas les impôts à Maurice. Il n’est pas obligé de détenir un permis de travail du pays. Le propriétaire est dispensé de certains frais et taxes sur les ventes et le fret. Cependant, Maurice n’est pas le plus avantageux des pays, si on le compare au Panama, aux Bermudes ou même à Malte. Mais l’International Transport Workers’ Federation a placé Maurice sur une liste de 42 pays connus pour être un « Flag of Convenience ».

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