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Covid-19 : l’espoir est permis pour 2022 si les mesures sont respectées

L’espoir est permis pour 2022

Avec la course pour trouver des médicaments ou des traitements contre la Covid-19 qui est lancée, l’espoir est permis pour 2022 et les années à venir. C’est une question de temps, selon différents intervenants.

Les avancées scientifiques ont permis d’avoir différents types de vaccins contre la Covid-19. Ce qui a aidé à une meilleure gestion de la pandémie. La vaccination des populations a aussi permis d’avoir des cas moins sévères de la maladie et moins de cas de mortalité. Ce qui augure du bon pour l’année qui vient. Cependant, l’apparition de nouveaux variants risque de rendre caducs tous les efforts consentis. La solution réside dans une meilleure distribution des vaccins, mais aussi dans le respect des gestes barrières. C’est l’avis de nos différents intervenants.

« Bien que les années 2020 et 2021 ont été tumultueuses pour beaucoup, l’espoir est permis pour les années à venir », dira le Dr Iswaraj Ramracheya, diabétologue, consultant et endocrinologue. « Beaucoup de choses ont été réalisées en 2021. Les merveilles de la science et de la technologie ont sauvé le monde d’une grave catastrophe », dit-il. Pour lui, « les progrès réalisés sur les vaccins sont remarquables ».

Dr Iswaraj Ramracheya, diabétologue, consultant et endocrinologue.
Dr Shameem Jaumdally, virologue et chef de service de l’unité de diagnostic à l’University of Cape Town Lung Institute, en Afrique du Sud.

Espoir

« Le monde n'a jamais fabriqué ni distribué un vaccin contre une maladie aussi rapidement qu’il ne l’a fait pour la COVID-19. Le développement et la disponibilité du vaccin entre le laboratoire et le patient prennent normalement entre 10 et 15 ans. Un travail vaccinal de 10 ans a cependant été réalisé en 10 mois environ grâce aux progrès technologiques », ajoute le Dr Ramracheya. Et même si certains sont encore sceptiques quant à l’efficacité du vaccin contre la Covid-19, « la vaccination a permis de sauver des milliers de vies ».  

2022 s’annonce encore plus prometteuse avec la venue de nouveaux vaccins, dont les résultats des essais cliniques ont donné satisfaction et surtout de grands espoirs. Selon le Dr Shameem Jaumdally, virologue et chef de service de l’unité de diagnostic à l’University of Cape Town Lung Institute, en Afrique du Sud, les nouveaux vaccins qui sont produits actuellement ou qui vont être mis sur le marché ont été améliorés. Ils s’annoncent « plus efficaces » que ceux déjà utilisés et ont comme particularité de pouvoir mieux lutter contre les différents variants, dit-il. « Ces nouveaux vaccins ont une efficacité supérieure contre l’émergence des variants et pourront même être utilisés contre d’autres éventuels nouveaux variants », explique le virologue.

Nouveaux vaccins

Parmi les vaccins prometteurs, notons le Nuvaxovid, produit par le laboratoire Novavax. Ce vaccin anti-Covid-19 a obtenu l’aval de l’Agence européenne des médicaments (EMA) et devrait être disponible très bientôt en Europe. Il a démontré une certaine efficacité contre le variant Omicron, selon le Dr Jaumdally. Différent des autres vaccins produits jusqu’ici (Pfizer/BioNTech, Johnson & Johnson, AstraZeneca et Moderna) qui sont à vecteur ARN Messager ou vecteur viral, le Nuvaxovid est « à sous-unité protéique ».

L’Institut de recherche de l’armée américaine Walter Reed prépare, lui aussi, un vaccin baptisé SpFN (Spike Ferritin Nanoparticle) qui est aussi à base de protéines. Les essais cliniques sur l’homme se sont avérés prometteurs également. « Ce nouveau type de vaccin a la particularité de combiner les différents variants qui ont émergé. Ce qui fait qu’il aura une efficacité supérieure par rapport aux vaccins que nous avons en ce moment », affirme le Dr Jaumdally.

Un autre vaccin est aussi en préparation par l’Institut Pasteur. Les essais cliniques ont donné des résultats satisfaisants, selon le virologue. Il est aussi efficace que le Nuvaxovid, dit-il. « Les nouveaux vaccins auront une efficacité maintenue malgré les variants. Ils sont conçus pour que nous ayons moins de risque d’effets secondaires », affirme le virologue.


Vie sociale numérique

En dépit des contraintes que la pandémie de la Covid-19 a engendrées, « le monde a su rebondir et continuer à avoir une vie sociale devenue cependant plus numérique », selon le Dr Ramracheya.

« L’enseignement en ligne, la scolarité, le travail à domicile et l'utilisation de la technologie dans les soins de santé pour la consultation virtuelle sont devenus la ‘nouvelle norme’ » dit-il, tout en reconnaissant cependant que le changement n’est jamais facile, mais « la population a été résiliente en cette période difficile ».

Bien que ne pouvant prédire l’avenir, l’intervenant est d’avis qu’il est possible d’apprendre du passé afin de pouvoir s’adapter et rendre meilleure l’année à venir. « Si la gestion d’une pandémie revient au système et au gouvernement, nous avons appris qu’en fin de compte, ce sont les individus qui ont le véritable impact sur son contrôle et sur l'avenir du pays », souligne le Dr Ramracheya. Cela passe par le respect des mesures barrières, comme le port du masque sanitaire et l’hygiène des mains. Les procédures de quarantaine et les restrictions de voyage sont aussi des mécanismes qui ont stoppé la propagation de la Covid-19.

Cependant, de là dire si 2022 sera meilleure, il avoue ne pas pouvoir y répondre. Il espère cependant que ce sera le cas même si des mutations de la Covid-19 ont fait leur apparition. « Gageons que quelles que soient les mutations du virus, le vaccin sera toujours efficace, partiellement ou totalement. La vaccination a conduit à l'éradication éventuelle de la variole en 1976, environ 100 ans après l’apparition de la maladie. Nous n’avons pas si mal avec fait la pandémie de covid-19 ».

Le Dr Ramracheya s’inquiète sur les inégalités dans l’approvisionnement et la distribution des vaccins. Pour lui, « ce sera peut-être une bataille perdue si cela n’est pas résolu. Certains pays sont en effet déjà à leur troisième dose de vaccin (booster dose) alors que d’autres n’ont vacciné qu’une infime partie de leur population ».

Par ailleurs, il souligne que la surveillance du SARS-CoV-2, mise en place par les scientifiques du monde entier, est un outil précieux pour mieux comprendre comment le virus s’est propagé.

Ajouté à cela, la chasse aux variants, réalisée par séquençage du génome, a facilité la reconnaissance de nouveaux variants. « Nous aurions été à la merci du virus, si nous n’avions pas l’expertise scientifique pour le séquençage génétique », le spécialiste.


Dr Musango : « Il faut que toutes les populations puissent être vaccinées »

Dr Musango

Sans vouloir émettre de grandes hypothèses concernant la situation de la Covid-19 en 2022, le Dr Laurent Musango est néanmoins d’avis que l’espoir réside dans l’équité du programme de vaccination et le respect des mesures sanitaires.

Reprenant la déclaration de Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) à l’effet « qu’aucun pays ne pourra se sortir de la pandémie à coups de doses de rappel », le Dr Musango explique que l’équité doit primer en ce qu’il s’agit de la vaccination. « Il faut que toutes les populations puissent être vaccinées dans le monde. Le plus il y aura d’inégalités, le plus il y aura des mutations et l’émergence de nouveaux variants », dit le représentant de l’OMS à Maurice.

Dans une de ses déclarations à quelques jours de la fête de Noël, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus avait aussi dit que « des programmes de rappel sans discernement ont toutes les chances de prolonger la pandémie, plutôt que d’y mettre fin, en détournant des doses disponibles vers les pays qui ont déjà un taux de vaccination élevé, offrant ainsi au virus plus de possibilités de se répandre et de muter ».

Le Dr Musango fait ressortir que la pandémie ne concerne pas qu’un seul pays. « Quand un pays se protège à travers la vaccination, il sera infecté par la venue des passagers des autres pays. C’est pour cela que l’équité de la vaccination est importante », explique-t-il. Il ajoute que « l’espoir n’est pas uniquement dans la vaccination et les médicaments, mais aussi les mesures barrières ».

« Il n’y aucun moyen isolé qui va permettre de réussir à vaincre la pandémie de la Covid-19. Cela inclut la vaccination qui doit être globale et équitable ». Pour lui, si les mesures appropriées sont prises, le risque sera moindre. « La vaccination, les mesures barrières et les traitements sont un tout. L’un ne marche pas sans l’autre et tous doivent être pris en compte », soutient-il.


Combinaison vaccination, traitements et gestes barrières

De nouveaux vaccins et médicaments antiviraux plus efficaces seront sur le marché.

Dr Sok Appadu, National Covid-19 Coordinator.

Des développements sont aussi intervenus en ce qu’il s’agit des traitements. Après les médicament antiviraux et d’anticorps monoclonaux, le comprimé Paxlovid sera bientôt sur le marché. Produit par le laboratoire Pfizer, ce médicament est de la même trempe que le Molnupiravir : il doit être consommé dès les premiers symptômes de la maladie. « C’est un médicament qui a démontré une efficacité dans les essais cliniques et ce sera un comprimé qui sera pris comme le Molnupiravir. Ils veulent que les patients à risque de développer des maladies sévères puissent le prendre dès le début de la maladie. Et cela tient ses promesses jusqu’à présent » selon, le Dr Jaumdally.

Il insiste que la vaccination ne doit pas être délaissée pour autant. « Malgré la vaccination, des personnes seront à risque de développer des maladies sévères et même fatales. Les traitements disponibles peuvent diminuer le risque de maladie sévère ou de mortalité en cas d’une défaillance vaccinale », dit le virologue.

Pour lui, l’un ne remplace l’autre. « La vaccination donne une efficacité contre les maladies sévères et la mort de 70 à 80 % dans certains cas. Cela n’empêche pas d’être infecté par la Covid-19 et de développer des symptômes. Le Paxlovid peut contribuer à une meilleure protection contre le virus et réduire le risque de maladies sévères », fait-il comprendre.  

L’évolution de la Covid-19, malgré la présence du variant Omicron, ne s’annonce pas aussi mauvaise comparativement avec le variant Delta. « Contrairement à ce que disent les autres pays, nous n’avons pas encore subi les foudres du variant Omicron, mais nous devons rester vigilants », explique, pour sa part, le Dr Sok Appadu, National Covid-19 Coordinator.

De nouveaux antiviraux

Selon lui, si la population est vaccinée et respecte les gestes barrières, 2022 sera l’année de l’espoir. Avec les nouveaux médicaments qui sont ajoutés au protocole de traitement, cela va définitivement améliorer les choses, ajoute-t-il. « Des médicaments antiviraux doivent être administrés dès le début de l’infection. Ce sont des médicaments plus spécifiques contre la Covid-19. Le rôle de ce type de médicaments, c’est de tuer les virus avant qu’ils n’arrivent à se multiplier » explique-t-il.

L’utilisation des médicaments d’anticorps monoclonaux offre aussi une barrière en cas de complications de santé chez un patient atteint de la Covid-19. Cela permet une meilleure intervention en cas d’inflammation massif communément appelé orage cytokinique. Il cite, en exemple, le médicament Renapreve qui a montré une efficacité de plus de 89 % et qui devrait être introduit dans le protocole de traitement « en temps et lieu ». « Les procédures pour la commercialisation du produit sont en cours », affirme-t-il.

Comme les autres intervenants, le Dr Sok Appadu est d’avis que les gestes barrières demeurent « un atout indéniable pour lutter contre la Covid-19 ». « Nous privilégions la prévention. Cela commence avec la vaccination et les gestes barrières. C’est un complément des deux mesures qui va porter ses fruits. C’est un nouveau mode de vie qui va aider à atténuer la transmission et mener éventuellement à la disparition du virus », dit-il.


Introduction de nouveaux vaccins

Le Nuvaxovid est produit par le laboratoire Novavax. Il a reçu l’autorisation de l’Agence européenne des médicaments (EMA) le 20 décembre. Fabriqué à partir d’une technologie différente des autres vaccins avec la présence de la protéine S du SARS-CoV-2 original, ce vaccin sous-unitaire, qui est un principe comme celui utilisé pour lutter contre la coqueluche, la méningite et l’hépatite B, a démontré une bonne tolérance lors des essais cliniques.

Le Spike Ferritin Nanoparticle (SpFN) est un vaccin produit par l’Institut de recherche de l’armée américaine Walter Reed. Ce vaccin vise à cibler les variants existants de la Covid-19. Les essais cliniques ont donné des résultats probants sur les primates et les résultats sur les humains sont attendus « ce mois-ci », selon un communiqué émis le 23 décembre dernier. Ce nouveau vaccin pourrait offrir une protection contre les autres coronavirus que la Covid-19 et ainsi « donner de l’espoir face à de futures pandémies », selon Business Insider France.  

Le vaccin que prépare l’institut Pasteur est encore en gestation, selon Ladepecher.fr du 28 décembre. Il s’agit là d’un suppositoire qui devrait lutter contre la Covid-19. Autorisé par l’Agence nationale de sécurité du médicament (Ansm) de France, depuis juin 2021, la date du lancement a été repoussée, faute de volontaires pour des essais cliniques.

 

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