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25e Mail Art Exhibition Aiud 2018 en Roumanie - Nadine Jeanneton : «C’est toujours un honneur  de représenter son pays»

Nadine Jeanneton a commencé l’art très jeune.

Nadine Jeanneton a fait de l’art son métier. Enseignante d’art au collège du Saint-Joseph pendant dix-huit ans et au collège Bon et Perpétuel Secours depuis cinq ans, elle transmet sa passion aux jeunes. 

Au début de l’année, elle a été invitée par l’Inter-Art Foundation Aiud de Roumanie à participer à une exposition dans le cadre de la 100e année de la réunification des trois provinces roumaines.

« J’ai été contactée par la fondation pour participer à l’International Mail Art avec 162 artistes de 100 pays », raconte-t-elle. L’Inter-Art Foundation Aiud de Roumanie travaille en étroite collaboration avec l’ONU sur les plans artistique et culturel.

« C’est à la suite de ma participation à deux expositions organisées par l’ONU que j’ai été choisie pour représenter Maurice », explique l’habitante de Rose-Belle. Cette année, trois thèmes ont été proposés : la diversité culturelle, « 100 » et le monoprint. Le concept du mail art est d’envoyer ses tableaux par la poste pour qu’ils soient exposés à l’étranger.

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Le tableau de culture et diversité proposé par l’enseignante.

Invitée par l‘ONU 

Outre des artistes locaux de renom comme Vaco Baissac, Yves David et Dev Chooramun, Nadine Jeanneton a côtoyé de nombreux artistes étrangers lors de ses deux passages à New York en 2009 et 2012 respectivement. Interrogée sur sa passion, elle fait ressortir qu’elle a été initiée à l’art dès son enfance. « J’ai commencé à dessiner très jeune. De plus, plusieurs membres de ma famille étaient déjà portés vers l’art et le dessin. Ils avaient étudié ces matières au niveau secondaire ainsi que tertiaire. C’est peut-être héréditaire », poursuit-elle.
Sa première exposition remonte à juin 2009 à l’Alliance française. Cette exposition a été pour elle le début d’une série à Maurice et à l’étranger. « En septembre 2009, j’ai été invitée par l’ONU pour représenter Maurice lors d’une exposition à New York. Le thème était « L’eau ». J’ai reçu une deuxième invitation en 2012 », ajoute-t-elle. 

« C’est une fierté de représenter son pays à l’étranger et de poser à côté du drapeau national. Beaucoup de personnes m’ont questionnée sur le pays. La plupart ignoraient son existence et cela me restera gravée en mémoire », relate-t-elle.

Comment promouvoir une culture artistique s’il n’y a pas de galerie dans 
le pays ! »

Le thème 100 exposé en Roumanie
Le thème 100 exposé en Roumanie

Encadrement

C’est lors de cette participation à New York qu’elle a pris conscience de la place de l’art dans la société. « New York respire l’art et la culture. La majorité des habitants de cette ville s’intéresse à l’art. De plus, un artiste a un statut très élevé en Amérique. J’ai été reçue comme une reine et cela m’a vraiment marquée, car tel n’est pas le cas à Maurice », fait-elle ressortir.

« Les artistes de rue gagnent beaucoup d’argent par jour et peuvent vivre de cela », indique-t-elle. Elle fait également ressortir que les galeries d’art et les acheteurs d’œuvres sont nombreux. Un tableau d’un artiste de renom peut se vendre à US$ 50 000, voire plus.

Elle fait observer le manque d’encadrement des artistes à Maurice. De plus, les artistes étrangers sont très accessibles et échangent leurs idées avec les autres. « Il est possible de les rencontrer dans les galeries lors de leurs expositions. À Maurice, tel n’est pas le cas. Il y a une certaine hiérarchie qui s’est installée au fil du temps », estime-t-elle.

Selon elle, pour encourager l’art, il est important de promouvoir la culture artistique. « Comment promouvoir une culture artistique s’il n’y a pas de galerie dans le pays ! » se demande-t-elle. « Cela fait des décennies que les artistes locaux se battent pour être reconnus à leur juste valeur et pour avoir des galeries. À chaque fois, il y a des promesses sans que rien ne se concrétise. Si les galeries étaient accessibles aux jeunes, la culture se construirait d’elle-même », lâche-t-elle.

Après avoir rejoint l’Association de créativité artistique de Maurice (ACA), qui a été fondée par Dev Chooramun, artiste localement connu, d’autres portes se sont ouvertes à l’elle. « Cette association rassemble de nombreux artistes mauriciens. Elle organise beaucoup d’expositions locales et internationales. Souvent, des artistes locaux sont aussi invités à participer à des expositions à Maurice ou leurs travaux sont envoyés à l’étranger pour participer aux expositions. » Toutefois, cela fait deux ans qu’elle ne participe plus à ces activités pour des raisons personnelles.

Le tableau qui l’a le plus marquée est celui d’une femme qui exprimait son estime de soi, titrée Inner-self. « Je prends plaisir à dessiner la femme. Lors d’une exposition de deux tableaux, il y avait une fille qui était devant l’un deux et qui s’est mise à pleurer. Lorsque je l’ai questionnée, elle m’a dit qu’elle revoyait son histoire dans ce tableau. Elle m’a raconté qu’elle a été abusée dans le passé et qu’elle revoyait cette image et que cela l’avait touchée. Je ne vais jamais me séparer de ces deux tableaux », dit-elle.

Autres oeuvres de l'artiste.
Autres oeuvres de l'artiste.

La fondation « Inter-Art » Aiud, Roumanie

La Fondation Inter-Art, créée en 1996, propose une approche alternative de l’art contemporain. Elle agit comme un agent de liaison entre les civilisations et les cultures et constitue une arène pour les artistes contemporains du monde entier, grâce à ses membres fondateurs actifs Ştefan Balog, Ioan Hădărig, Robert Lixandru, et à ceux qui les ont rejoints à temps pour coordonner les projets : Zoltán Balog, Elene Cristea et Andrei Bakó. Ses principes et objectifs de base sont : la représentation de l’art contemporain, la découverte d’une zone d’interférence culturelle entre les artistes du monde entier et l’organisation d’un camp d’art international à Aiud, pour apporter une nouvelle perspective sur la scène de l’art contemporain chaque année.