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Vijaya Teelock : «L’identité d’une nation découle d’un vécu commun»

Vijaya Teelock et Sadaseeven Reddy. Vijaya Teelock et Sadaseeven Reddy.

L’identité d’une nation de s’invente pas, elle découle d’un vécu commun, d’une histoire partagée par un peuple. C’est ce qu’explique l’historienne et universitaire, Vijaya Teelock : «  C’est cela la construction de l’identité mauricienne, elle est basée sur l’histoire de Maurice. On ne peut pas construire une identité à partir d’une invention de quelqu’un. L’identité, cela ne sort pas de la tête d’une personne. »

D’où l’importance de l’introduction de l’histoire contemporaine dans le cursus scolaire selon elle. « Tout est relié, explique l’historienne, tout ce qu’il y a autour de nous plonge ses racines à 200 ou 300 ans de cela. L’histoire est importante pour que l’enfant comprenne mieux son environnement. »

Pour l’histoire contemporaine, il importe d’être ludique, indique-t-elle : « Il faut engager la discussion, parler de ce qui se passe autour d’eux. La façon d’enseigner est différente. »

L’historien Sadaseeven Reddy est également d’accord sur l’importance de l’histoire dans la construction d’une nation : « Pour construire une nation, il est nécessaire que les enfants du primaire jusqu’à la Form IV au moins soient familiers avec l’histoire de Maurice pour la simple raison qu’il y a beaucoup de choses que tous les Mauriciens ont partagées. » Il importe de faire la pédagogie de ce partage pour développer le sentiment d’appartenance.

« Nous prenons beaucoup pour argent comptant, surtout dans notre façon de vivre entre différentes communautés, explique Sadaseeven Reddy, mais tous les pays n’ont pas cette chance. Il faut pouvoir souligner nos réussites, surtout avec des exemples actuels du vécu en commun dans les villages, dans les quartiers. »

L’histoire peut même s’immiscer dans le présent, argue-t-il. « Pourquoi ne pas aller jusqu’aux années 90-2000 ?, propose-t-il, même s’il n’y a pas consensus sur un épisode, on peut discuter des différents points de vue. On peut présenter plusieurs perspectives. »

Malgré cette avancée dans le curriculum, l’enseignement du Social and Modern Studies s’arrête au Grade 9. Il y a un trou jusqu’à l’université. « La plupart de mes étudiants n’ont pas fait l’histoire avant l’université, admet Vijaya Teelock, il n’y a que quelques écoles qui la proposent dans les grandes classes. »

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