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Santé : tout savoir sur la sécurité alimentaire

Anand Chummun et Nassib Emrith Anand Chummun et Nassib Emrith étaient les invités de l’émission thématique en compagnie de Gilbert Bablee et Mélanie Valère-Cicéron

Anand Chummun, Principal Public Health & Food Safety Inspector, et Nassib Emrith, Senior Public Health & Food Safety Inspector, étaient les invités de l’émission thématique du jeudi 30 mai 2019 aux côtés de Gilbert Bablee et Mélanie Valère-Cicéron pour répondre aux questions des auditeurs autour de cette thématique.

Communicable Disease Control Unit

Nassib Emrith, Senior Public Health & Food Safety Inspector posté au Communicable Disease Control Unit, explique que ce service est placé sous l’égide du ministère de la Santé. « Ce département concerne toutes les maladies contagieuses pouvant se transmettre d’une personne à une autre. Tout récemment nous avons enregistré plusieurs cas de dengue. Ces types de maladie peuvent être évités si nous prenons les dispositions nécessaires au niveau de la santé publique, afin de sensibiliser la population. Il y a des actions qui ont été prises et il y a aussi des protocoles qui ont été mis en place pour prévenir ces maladies », explique Nassib Emrith. Anand Chumun, Principal Public Health & Food Safety Inspector, est, quant à lui, posté au bureau sanitaire de Pamplemousses. Il explique qu’il y a 13 bureaux sanitaires dans l’île et que chaque bureau comprend un Principal Public Inspector. Ils ont comme responsabilité la santé publique et l’alimentation.

Quand faire appel aux services sanitaires ?

Comme cité plus haut, il y a 13 bureaux sanitaires. Nassib Emrith indique que normalement, lors d’une plainte, les habitants peuvent entrer en contact avec le bureau sanitaire de leur région. « Souvent les citoyens font appel à nous dans des cas tels qu’une augmentation de moustiques dans des endroits particuliers ou encore pour un manque d’hygiène. Nous sommes là pour conseiller le public. Nous avons aussi le soutien du Vector Biology Control Division qui est également placé sous l’égide du ministère de la Santé », explique-t-il. Nassib Emrith ajoute qu’ils font appel à ce département pour étudier les types de moustiques existants, par exemple, mais aussi pour des interventions régulières. « Le Vector Biology Control Division est aussi sollicité pour des programmes anti-larvaires. Si une maladie est détectée, nous nous concertons avec nos différents départements pour décider de la marche à suivre avec le ministère de la Santé pour l’empêcher de se répandre. »

Coordination directe avec la CSU

Anand Chummun explique que le public peut avoir accès aux bureaux sanitaires par téléphone ou en se rendant à ces bureaux. « Depuis l’installation de la plate-forme pour aider les citoyens, la Citizen Support Unit (CSU), nous avons aussi des cas qui nous parviennent par cette instance. Il y a une coordination avec la CSU et nous faisons le suivi des cas de notre côté lorsqu’ils nous sont référés. C’est un nouveau moyen pour le public de consigner une plainte. Les doléances sont enregistrées dans un registre pour en garder une trace et par la suite prendre les actions nécessaires. »

Protection de la Santé publique

Très souvent, le public dépose des plaintes concernant des achats effectués dans une boutique ou un supermarché. à ce propos, Anand Chummun explique que leur but premier est de protéger la santé publique. « Il y a des inspecteurs qui veillent au grain concernant tous les marchands et même les commerçants. Certaines personnes essaient de se faire de l’argent facile. Les inspecteurs vont souvent sur le terrain et surtout quand nous enregistrons des plaintes. Alors nous sommes encore plus vigilants. Nous observons le mode opératoire des marchands ou autre commerçants concernés et, s’il le faut, nous prenons un échantillon du produit et l’envoyons pour une analyse au laboratoire », explique Anand Chummun. Ainsi, le Principal Public Health & Food Safety Inspector explique que les instances sanitaires se tournent vers le laboratoire pour des analyses quand il y a des corps étrangers retrouvés dans de la nourriture. « Si, par exemple, un client a retrouvé des bestioles ou autres insectes dans un paquet de biscuits qu’il a acheté, l’analyse du laboratoire déterminera si ce corps étranger était présent avant même l’achat du client ou après l’achat », informe Anand Chummun.

Quelle est la procédure pour les produits importés ?

Lorsqu’un produit est importé, il y a plusieurs procédures à suivre avant qu’il ne soit distribué sur le marché. Nassib Emrith, Senior Public Health & Food Safety Inspector, explique qu’il y a la Food Import Unit qui est au ministère de la Santé pour veiller à ce que les produits soient aux les normes. « Nos officiers vérifient les produits qui arrivent au pays. Les officiers ont tous les documents du produit en provenance des pays étrangers. Un échantillon des produits importés est testé parce qu’ils doivent avant tout être conformes aux lois. Dans la Food Act, il est inscrit en détail toutes les règles auxquelles les produits doivent se conformer avant d’être commercialisés. Si un produit ne respecte pas ces règles imposées dans la loi, alors il ne pourra pas être commercialisé et il ne rentrera pas au pays », explique Nassib Emrith.

Marchands ambulants

À Maurice, il n’est pas rare de croiser des marchands ambulants à chaque coin de rue. Malgré tout, ces marchands ont aussi des paramètres à respecter. « Dans la loi, des conditions dans lesquelles un produit doit être vendu sont bien définies. L’environnement dans lequel le produit est vendu doit aussi être pris en considération. Par exemple, un marchand ne peut opérer à proximité d’une gare à cause des émissions de fumée qui se déposent sur la nourriture car la santé du consommateur est donc mise en danger. Il y a des inspecteurs qui veillent à ce que ces paramètres soient respectés. Il faut savoir que 103 contraventions ont été enregistrées de janvier à avril 2019 », explique Nassib Emrith, Senior Public Health & Food Safety Inspector.

Deux laboratoires d’échantillon

Les services sanitaires peuvent avoir recours à deux laboratoires pour des tests et informent le représentant du bureau sanitaire, explique Nassib Emrith. « Le premier laboratoire est un laboratoire chimique nommé Government Analyst Division et se trouve à Réduit. Le deuxième est un laboratoire microbiologique qui se trouve à l’hôpital de Candos. De janvier à avril 2019, un total de 812 échantillons de produits ont été prélevés. 547 de ces échantillons ont été analysés au laboratoire chimique de Réduit et 265 autres ont été traités au laboratoire microbiologique de Candos », précise le Senior Public Health & Food Safety Inspector

Prévention des maladies transmissibles

 Il faut savoir que les maladies se transmettent par divers vecteurs. Anand Chummun avance que le principal vecteur de transmission de maladies à Maurice est le moustique. « Si un moustique pique une personne infectée, elle fera une incubation et lorsqu’elle piquera une autre personne, cette dernière sera elle aussi infectée, comme par exemple avec la malaria », explique-t-il. Il ajoute qu’auparavant le pays était touché par la malaria mais qu’à présent il n’y a que des cas importés de cette maladie. Il ne manque toutefois pas de mentionner qu’il y a des maladies émergentes telles que le chikungunya depuis l’année 2005 et la dengue mais qu’ils arrivent à contrôler la situation.

Comment se fait le contrôle au port et à l’aéroport ?

Anand Chummun informe que dans les ports et aéroports, il y a des officiers des services sanitaires qui sont postés pour veiller toutes les arrivées des personnes au pays. « Tous les passagers doivent remplir un formulaire appelé Health Declaration Form, qui est obligatoire. Cette fiche doit être dûment remplie. Surtout pour ceux qui viennent en provenance des pays considérés à risques. Nous faisons alors un suivi de cette personne sur plusieurs jours. Si nous ne pouvons pas entrer en contact avec le passager, nos officiers font le déplacement. Si la personne montre des symptômes, nous procédons à une prise de sang que nous envoyons au laboratoire », informe Anand Chummun. Il y a aussi le rapid test qui peut être effectué pour détecter le paludisme par exemple. « La vérification minutieuse débute avec le pilote qui donne une déclaration aux officiers pour les informer si un passager est tombé malade ou pas lors du voyage. S’il y a une quelconque anomalie, le cas est rapporté au poste médical et, s’il y a lieu d’être, un médecin interviendra. Le passager sera admis à l’hôpital si le cas s’avère grave ».

Évacuation d’eaux usées

Les eaux usées doivent être bien canalisées. « S’il y a un système de sewerage, les eaux seront canalisées vers le système de traitement. Au cas contraire, s’il n’y a pas de système d’évacuation, il y a une alternative appelée On site disposal system. Cela concerne les fosses septiques ou les puits d’absorption. Cependant, contrairement au ‘sewerage system’, les fosses septiques ou les puits d’absorption vont se boucher à un moment donné. C’est par manque d’entretien que nous enregistrons des plaintes », informe Nassib Emrith. « Suite aux plaintes, des inspections sont menées. Nous retraçons la source des eaux et, si elle est visible, alors la personne concernée est sommée, par un papier reprenant les dispositions de la loi, de faire le nécessaire dans un délai raisonnable. Si la personne ne montre aucun intérêt à faire les travaux, le cas est référé en cour », fait ressortir Nassib Emrith.


Questions des auditeurs

Zayed de Surinam : « Je travaille dans un hôtel situé à Bel-Ombre, la nourriture du personnel n’est pas bien conservée. Lorsque nous consommons cette nourriture, beaucoup d’entre nous tombons malade. C’est souvent la nourriture des clients qui reste qui est resservie aux employés. Le frigo dans lequel est placé la nourriture est ouvert à chaque fois, la nourriture ne se conserve donc pas comme il se doit ; plusieurs personnes ont déposé des plaintes à ce propos ».
Anand Chummun explique que ce n’est pas une bonne pratique de placer de la nourriture dans le frigo après qu’elle ait été exposée. Il ajoute que, dans des cas pareils, même des plaintes anonymes peuvent être effectuées.

Luc de Roche-Bois : « Il y a des eaux usées dans ma cour. Ce caniveau concerne la municipalité de Port-Louis. Les eaux causent la prolifération des moustiques et peuvent provoquer toutes sortes de maladies. Malgré les plaintes, rien n’a changé ».
Dans ce cas il faut appeler au 212 20 98 et un inspecteur viendra effectuer une visite, explique Anand Chummun.

Meetra de Flic-en-Flac :« Il y a beaucoup de terrains en friche à Flic-en-Flac. Ces terrains causent la prolifération des rats et des moustiques. Nous nous occupons de l’hébergement des touristes et cela les gêne énormément. De plus, c’est une honte pour nous, les rats entrent partout ».
Il y a sûrement des choses qui les attirent dans ces terrains comme des restes de nourriture. Il y a beaucoup de terrains en friche et surtout dans les morcellements. Parfois c’est un problème de retracer les propriétaires et nous ne pouvons pas les sommer par un papier. Nous nous tournons alors vers le conseil de District pour une enquête afin de retracer la personne concernée, a expliqué Anand Chummun.

Iqbal de Curepipe : « Il y a des marchands qui vendent des gâteaux et autres aliments à proximité de la gare Jan Palach sud. Certaines normes d’hygiène ne sont pas respectées ».
Le Principal Public Health & Food Safety Inspector Anand Chumun a expliqué qu’il informera les officiers sanitaires de Curepipe pour une vérification.

Joe de Terre-Rouge : « À Terre-Rouge, il y a un salon de coiffure situé près de la route royale. Juste à côté se trouve un marchand de kebab. Je pense qu’il est fort probable que des cheveux aillent se poser sur la nourriture ».
Anand Chumun explique qu’en général les aliments ne doivent pas être vendus dans un espace ouvert. Ce dernier a tout de même pris note afin de procéder aux vérifications.

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