
Une transaction de plusieurs milliards de roupies, soutenue par des fonds publics, fait aujourd’hui l’objet d’une enquête approfondie. L’évaluation ayant précédé le rachat de l’hôtel Ambre par la MIC soulève de nombreuses interrogations.
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Des responsables de la société Elevante, chargée de l’évaluation de l’hôtel Ambre avant sa reprise par la Mauritius Investment Corporation (MIC) pour 48 millions d’euros (Rs 2,4 milliards), sont dans le collimateur de la Financial Crimes Commission (FCC). Celle-ci tente de percer le mystère entourant l’approbation de l’aide financière ayant facilité la transaction, visant à permettre le rachat de 70 % des actions d’East Coast Hotel Investment Ltd, société propriétaire de l’hôtel. Jhamille Couveline, responsable du département d’évaluation chez Elevante, a été convoqué par la FCC le vendredi 4 avril. Il a été appelé à s’expliquer sur des soupçons de falsification des dates de l’Evaluation Report, face aux enquêteurs du Réduit Triangle. Ces derniers tentent d’établir s’il y a eu surévaluation, ainsi que d’autres anomalies dans les procédures.
La FCC s’intéresse de près aux détails du rapport établi par Elevante Property Services Ltd, qui avait évalué l’hôtel Ambre à Rs 3 milliards. Cette estimation avait servi de base à une demande d’aide chiffrée à Rs 2,1 milliards auprès de la MIC, dans le cadre d’une proposition d’acquisition par le groupe Apavou Hotels Ltd (AHL). Les 30 % restants des actions étaient détenus par Sun Limited. Le prix de Rs 3 milliards a été établi à l’issue de l’exercice mené par Elevante, dirigée par Jhamille Couveline. Ce dernier a dû fournir de nombreux détails sur la méthodologie ayant conduit à cette estimation.
La FCC, qui examine plusieurs documents relatifs aux procédures de demande d’aide, privilégie l’hypothèse de manipulations dans l’Evaluation Report, notamment des falsifications de dates à différents stades du processus. Le jeudi, une perquisition dans un bureau à Ébène a permis de récupérer des documents allant dans ce sens. Le montant initial approuvé par la MIC était de Rs 2,1 milliards. La FCC soupçonne que les Rs 300 millions additionnelles représentent des commissions pour diverses parties prenantes aux négociations.
UNE MLA POUR RETRACER 48 MD'EUROS TRANSFÉRÉS VERS LA SUISSE
L’enquête de la Financial Crimes Commission (FCC) a conduit à une demande adressée à l’Attorney General’s Office en vue d’obtenir une Mutual Legal Assistance (MLA) auprès du Serious Fraud Office du Royaume-Uni. La FCC tente de retracer les fonds via un money trail. En juin 2023, une transaction entre un compte de la UBS Bank of Switzerland et une banque commerciale à Maurice a permis le transfert de 48 millions d’euros.
La FCC s’intéresse également à une société basée à Ébène, spécialisée dans le consulting. Cette entité, dissoute une semaine seulement après sa date d’incorporation (le 13 juin 2023), aurait été utilisée pour faciliter le transfert. Une descente a eu lieu cette semaine dans ses locaux. Des documents et équipements informatiques ont été saisis à des fins d’enquête. Jusqu’à présent, la FCC n’est pas parvenue à retracer les transactions locales liées aux 48 millions d’euros. L’ombre de High Profiled Persons, notamment d’ex-VVIPs, plane sur ces opérations.

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