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Madei Lillian s’est formée chez DIS-MOI Maurice : elle veut améliorer le quotidien des personnes handicapées en Zambie

dis moi Avec l’équipe DIS-MOI de Bambous.

Madei Lillian Kaseke était à Maurice du 28 août au 8 septembre 2018 pour un apprentissage collaboratif avec DIS-MOI, programme financé par le Département d’État américain.

La subvention du Fonds de Collaboration est l’une des nombreuses possibilités de développement professionnel qu’IREX, en partenariat avec l’USAID, offre aux membres de la Mandela Washington Fellowship, une fois rentrés chez eux après leur expérience aux États-Unis.

Madei Lillian Kaseke a collaboré avec Jean François Favory, lui-même ancien Mandela Washington Fellow et président de la Commission des Droit des Personnes handicapées chez DIS-MOI. Pendant deux semaines, elle a oeuvré sur un projet concernant l’autonomie et l’indépendance des personnes en situation de handicap.

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Madei Lillian Kaseke.

Qui est Madei Lillian Kaseke?
Madei Lillian Kaseke est une mère célibataire de 34 ans avec deux enfants adorables. Je suis une pédagogue qui a reçu une formation en éducation spécialisée et aussi entraîneur sportif.

Au cours des six dernières années, j’ai travaillé comme éducateur, coach et mentor, en particulier auprès d’enfants en situation de handicap. Je suis passionnée par les droits des personnes handicapées, l’inclusion et l’autonomie des personnes handicapées. Après le Mandela Washington Fellowship 2017, j’ai été activement impliquée dans l’amélioration des niveaux d’alphabétisation et de la langue des signes parmi les enfants malentendants. J’ai la passion de faire participer les enfants handicapés à diverses activités sportives. »

Comment s’est passée votre expérience avec DIS-MOI ?
Mon expérience avec DIS-MOI m’a ouvert les yeux sur les possibilités de défendre les droits humains et d’encourager activement l’inclusion et l’autonomie des personnes handicapées. J’ai assisté à la création du module eLearning sur les droits humains, ce qui a été une source de motivation et d’ouverture quant aux possibilités de défendre les droits des personnes handicapées et d’éduquer ces personnes aux droits humains.

À quels défis les personnes handicapées sont-elles confrontées en Zambie?
En Zambie, les personnes handicapées sont confrontées à de nombreux défis : impossibilité d’accéder à certains environnements physiques, à communiquer avec les prestataires de services (malentendants). La Zambie ne dispose pas de moyens de formation suffisants pour les personnes handicapées, plus particulièrement pour les formations professionnelles. Le manque d’implication des parents dans la vie des enfants est un autre problème majeur en Zambie. Il y a beaucoup à faire pour le gouvernement de ce pays, mais il est nécessaire que d’autres parties prenantes contribuent et s’associent en aidant et en encourageant l’inclusion et l’autonomie des personnes en situation de handicap.

D’après vos observations et expériences, quelle est la différence entre Maurice et la Zambie pour les personnes handicapées?
À la lumière de mes différentes expériences et observations, les personnes handicapées à Maurice semblent avoir évolué un peu plus vers l’autonomie qu’en Zambie. Pendant ma visite àl’école de la Fraternité mauricienne des Malades et des Handicappés (FMMH) pour les enfants en situation de handicap physique à Grande-Rivière-Nord-Ouest, j’ai découvert un environnement très accessible aux enfants en fauteuil roulant, par exemple. Les installations scolaires étaient adaptées aux besoins des enfants. La participation des parents ou des familles à la vie des personnes handicapées semble également plus importante. L’utilisation du sport pour défendre les droits à l’inclusion et l’autonomie semble largement répandue à la FMMH plus qu’en Zambie.

Quels changements souhaitez-vous apporter dans votre pays après ce que vous avez appris durant votre séjour à Maurice, que comptez-vous accomplir?
J’ai l’intention d’apporter des changements pour inciter plus de parents et de soignants à s’engager dans la vie et les activités des enfants handicapés. Je participerai activement à l’éducation des droits des personnes handicapées afin de les aider à comprendre leurs droits en tant qu’être humain avec diverses qualités et aptitudes. Je compte aussi accroître le plaidoyer en faveur des droits des personnes handicapées, de l’inclusion et de l’autonomie. Je souhaite enfin impliquer davantage de personnes handicapées dans le sport et leur faire comprendre son importance, ses bienfaits dans leur vie.

J’ai l’intention de créer une ONG qui englobera le sport, le plaidoyer et les partenariats communautaires ; et d’engager davantage de parties prenantes pour compléter les efforts du gouvernement et faire de l’inclusion des personnes en situation de handicap une réalité. Enfin, il faut promouvoir l’autonomie financière et sociale de ces personnes. Il est nécessaire de faire revivre les associations, car des activités sportives peuvent être organisées pour les personnes handicapées.


Convention relative aux droits des personnes handicapées

conventionQu’est-ce que la Convention relative aux droits des personnes handicapées?
Les États parties à la Convention relative aux droits des personnes handicapées acceptent de promouvoir, protéger et garantir la pleine et égale jouissance de tous les droits humains et de toutes les libertés fondamentales à toutes les personnes handicapées et de favoriser le respect de leur dignité intrinsèque.

La Convention représente une mutation dans la manière de considérer le handicap : les personnes handicapées ne sont plus considérées comme objets de traitement médical, de charité ou de protection sociale, elles sont désormais reconnues comme sujets de droits fondamentaux, participant aux décisions qui les concernent et sont à même de faire valoir leurs droits. Cette approche voit dans les obstacles sociétaux – difficultés matérielles et attitudes négatives – auxquels se heurtent les personnes handicapées les principaux obstacles à la pleine jouissance de leurs droits fondamentaux.

Pourquoi est-ce nécessaire?
Bien que tous les traités internationaux relatifs aux droits humains s’étendent aux personnes handicapées, ce vaste groupe de personnes continue de souffrir de discrimination et souvent, ne jouit pas du respect de ses droits fondamentaux.

Contenu de la Convention:

• Définit et applique les principes relatifs aux droits de l’homme aux personnes handicapées;
• Constitue une base faisant autorité et acceptée au niveau international à l’élaboration d’un droit et d’une politique nationaux;
• Crée des mécanismes nationaux et internationaux pour assurer un suivi plus efficace des droits des personnes handicapées, l’établissement de rapports périodiques sur la mise en œuvre de la Convention et les Conférences des États Parties;
• Reconnaît le caractère particulièrement vulnérable des enfants et des femmes handicapés.

Quels droits énonce-t-elle?
Les États Parties à la Convention sont tenus de garantir et promouvoir la pleine jouissance de tous les droits civils, culturels, économiques, politiques et sociaux des personnes handicapées.

Droits civils et politiques : droits que tout citoyen peut exercer, tels que le droit de vote, de participer aux prises de décisions gouvernementales, droit à un procès équitable et à l’égale protection de la loi. Les droits culturels : protègent la possibilité d’apprécier sa propre culture. Les droits sociaux, tels que le droit à l’éducation et le droit à la santé, protègent la personne et favorisent son avancement dans la société. Les droits économiques (droit au travail) protègent et favorisent la sécurité et l’indépendance économiques d’une personne.

Quels pays ont ratifié la Convention et quand est-elle entrée en vigueur?
Au 1er juillet 2008, 29 États avaient ratifié la Convention et 18 avaient ratifié le Protocole facultatif. Les deux instruments sont entrés en vigueur le 3 mai 2008, 30 jours après les 20 premières ratifications de la Convention, et 10 ratifications du Protocole facultatif. Seuls les États l’ayant ratifiée sont liés par la Convention. Un État devient partie à la Convention 30 jours après le dépôt de sa propre ratification ou adhésion.

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Les handicapés ont droit aux bienfaits d’une activité physique.

La situation mauricienne

Après avoir signé la Convention en 2007, Maurice devait procéder à sa ratification en 2010 et devint un État Partie juridiquement contraint d’en appliquer les dispositions.

La Convention explicite les obligations des États en matière de respect et de garantie de l’égale jouissance des droits humains par les personnes handicapées, concernant :

• La discrimination à l’égard des personnes handicapées;
• Les droits des femmes handicapées;
• Les droits des enfants handicapés;
• L’importance de mieux faire connaître les questions liées au handicap;
• La nécessité de veiller à l’accessibilité des bâtiments et des informations;
• L’importance de prendre des mesures particulières pour assurer la sûreté des personnes handicapées en temps de conflit armé;
• Le droit des handicapés à la mobilité personnelle : accès au transport public, aux appareils et accessoires et technologies d’assistance, aides à la mobilité et formation aux techniques de mobilité;
• Le droit à l’égalité d’accès aux soins médicaux;
• Le droit de participer à tous les aspects de la vie: physique, mental, social et professionnel;
• Le droit de travailler sur un lieu de travail auquel ont été apportés des aménagements raisonnables;
• L’obligation de recueillir des données liées au handicap pour aider à mettre en œuvre la Convention;
• L’importance de l’assistance et de la coopération internationale pour l’exercice des droits énoncés dans la Convention;
• L’importance de mécanismes nationaux d’application ouverts à tous.

La Convention oblige l’État partie à soumettre des rapports périodiques du suivi des traités relatifs aux droits de l’homme à une Conférence des États Parties. Or, Maurice n’a envoyé son premier rapport qu’en 2012 pour obtenir un retour défavorable et sévère du comité de l’ONU afin qu’une réparation immédiate soit effectuée.

A ce jour rien n’a été fait. Le Protocole facultatif n’est toujours pas ratifié et le projet de loi sur le handicap, le «Disability Bill», annoncé depuis plus de cinq ans et dans les mesures budgétaires de 2016 (il devait être promulgué en juillet 2017) se fait toujours attendre.

Il importe de mener des actions militantes au niveau local pour exhorter notre gouvernement à mener de vastes consultations, auprès des ministères techniques concernés et de la société civile, afin de garantir une ratification effective de la convention et du Protocole facultatif.

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