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Fermeture des écoles de 2 ou 3 jours : inconvénients et dispositions prises 

L’exercice de désinfection dans les écoles.

La rentrée scolaire en présentiel depuis le 5 juillet dernier a eu son lot de conséquences avec la pandémie de la Covid-19. Les autorités ont décidé de dispenser les cours avec un emploi du temps en alternance, pour éviter toute contamination avec le respect des mesures barrières. Mais depuis cette rentrée, plusieurs institutions scolaires ont dû fermer leurs portes pendant deux ou trois jours pour des exercices de désinfection après la détection d’un cas positif chez les élèves ou du personnel.

Johanna est mère d’une fillette de 8 ans et habite à Tyack. Elle a peur d’envoyer son enfant à l’école depuis la recrudescence des cas de la Covid-19. « J’ai un seul enfant et j’ai peur qu’elle soit malade, parce qu’elle est déjà asthmatique. Je préfère la garder le plus souvent à la maison. Elle suit des cours à la télévision ou avec son enseignant via whatsapp. »

De telles réticences existent parmi certains parents. Vishal Baujeet de la Government Teachers’ Union (GTU), souligne avoir remarqué que la fermeture des écoles provoque des absences. « En tant qu’enseignant, nous avons remarqué qu’il y a beaucoup d’enfants qui sont absents, lorsqu’une autre école de la région est contrainte de fermer, pour la désinfection. Cela se passe à tous les niveaux. Les parents ont peur d’envoyer leurs enfants en classe. »

Cette situation est un souci pour les enseignants qui ont un programme d’étude à finir. « Nous ne terminerons pas le cursus du premier trimestre. Certains enseignants ont changé leur mode d’opération en travaillant par whatsapp ou par zoom, avec la collaboration des parents. »

L’exercice de désinfection dans les écoles

Vishal Baujeet est toutefois d’avis que la solution n’est pas la fermeture de toutes les écoles pour 15 jours ou trois semaines. L’instituteur est d’avis qu’il faut trouver la formule idéale pour que l’enfant ne soit pas déconnecté de ses études. 

Vishal Baujeet, instituteur  au primaire.
Vishal Baujeet, instituteur au primaire.

Protocole

Les cas positifs à la Covid-19 recensés en milieu scolaire obligent les autorités à appliquer le protocole qui est la fermeture pour deux jours. Ce moment est utilisé pour un exercice de désinfection. Après une semaine mouvementée dans certains établissements scolaires, ce lundi, les cours vont reprendre dans certains d’entre eux. Ils sont le St Joseph College, Loreto College St Pierre, l’école primaire Lady P.K Boolell de Montagne-Blanche et le MITD de Port-Louis. Toutefois, les élèves n’ont pas chômé en restant à la maison, puisque les responsables ont pris des dispositions pour maintenir les cours. Les écoliers du primaire ont pu suivre les leurs sur la chaîne de Replay de la télévision nationale. 

Maintien des cours 

Dans le secondaire, Harrish Reedoy, président de l’United Deputy rectors and rectors union (UDRRU) rappelle que les responsables s’assurent que les dispositions sont prises pour que les élèves ne perdent rien en cette période. Il avance : « Par mesure de précaution, les infrastructures scolaires sont fermées pour être désinfectées lorsque des cas de Covid sont enregistrés. Les élèves pourront continuer avec les cours en ligne et reprendre le programme scolaire normal après 2 jours. Les fermetures d'écoles se font sur avis du ministère de la Santé. »

Évaluation des cours

Avec un emploi du temps de deux jours et de trois jours pour les élèves, les enseignants affirmaient au début du premier trimestre qu’il pouvait y avoir un retard dans le programme d’étude de certaines matières. Ajouté à cela, certaines écoles sont obligées de fermer pour cause de cas positif d’élève ou de personnel. Cette situation n’est guère réjouissante pour les enseignants et chefs d’établissement. Harrish Reedoy souligne que des actions seront prises. « Nous évaluerons le niveau des élèves à la fin de ce premier trimestre, à la lumière de tout ce qui pourrait arriver jusqu’à la fin. Le planning de travail sera ajusté au cours des prochains trimestres pour répondre aux besoins des apprenants. »

Harrish Reedoy, président de l’United Deputy rectors and rectors union (UDRRU).
Harrish Reedoy, président de l’United Deputy rectors and rectors union (UDRRU).

Le président ajoute que les travaux seront spécifiques aux besoins de chaque école, car toutes ne sont pas confrontées au même type de difficultés, en termes de durée des fermetures et des cours en ligne dispensés.

« Le chef d'établissement, en consultation avec les éducateurs, élaborera un plan adapté à son école. Les élèves doivent se rendre compte que quand les écoles sont fermées, le seul moyen pour eux de rester en contact avec les études est de suivre des cours en ligne. A ce niveau, les parents ont le devoir de sensibiliser et de contrôler si leurs enfants suivent les cours. » soutient Harrish Reedoy.

Dans la pratique, les responsables des écoles, avec la collaboration des éducateurs, se mettent en contact avec les élèves et informent les parents qui ne suivent pas les cours en ligne. « Si tout le monde assume sa responsabilité, cela ne devrait pas être un problème. »

La fermeture des écoles n’est pas envisagée. D’ailleurs, la vice-première ministre et ministre de l’Éducation, Leela Devi Dookun-Luchoomun l’a répété plus d’une fois. C’est ainsi que le ministère s'efforce d'assurer la poursuite de l'apprentissage pour tous les enfants, en particulier les plus défavorisés et marginalisés, car lorsque les écoles sont fermées, ces élèves sont les plus touchés. Des cours en ligne ou sur la télévision nationale sont dispensés pour les élèves du primaire et du secondaire.

Défis de l’Extended Programme

L’Extended Programme concerne les élèves qui ont des difficultés en primaire et qui sont entrés au secondaire. Ils ont un syllabus spécial qui leur permet de se rattraper et de prendre part aux examens du National Certificate of Education (NCE), Grade 9, après les quatre premières années au niveau du secondaire. D’ailleurs, le premier batch prendra les épreuves à la fin de cette année scolaire en 2022.

Au niveau de l’Extended programme, les élèves, les facilitateurs et les enseignants doivent faire deux fois plus d’efforts pour gérer les problèmes du quotidien, mais au niveau de l’organisation du travail dans son ensemble vu que les classes sont divisées en deux groupes.

Brian Pitchen, enseignant : « Il sera difficile de boucler le programme d’études »

Brian Pitchen, enseignant, explique qu’il doit d’abord apprendre à connaître les élèves de Grade 7 extended, qui sont nouveaux. Il avance que cela prendra plus de temps que d’habitude vu qu’ils ne viennent au collège que deux fois la semaine. 

Les élèves de G8 extended ne viennent eux-aussi que deux fois par semaine. L’enseignant fait ressortir que le problème réside dans le programme d’étude à boucler pour l’année, qui sera très difficile à faire vu qu’ils ne sont pas tous les jours à l’école. 

Quant aux élèves des G9 et G9+, ils viennent trois fois la semaine. L’enseignant estime qu’avoir un facilitateur pour s’occuper d’eux est absurde. Brian Pitchen déclare : « Cette décision est illogique et sans fondement et je me demande quelle est sa pertinence. Qu’on nous éclaire car le volume de travail pour ces deux classes est énorme et demande beaucoup de temps. »

L’emploi du temps décalé au niveau de l’extended Programme permet de couvrir un programme purement académique, ne laissant presque pas de place pour les autres aspects.
Brian Pitchen est pessimiste sur les résultats qu’attendent les élèves de Grade 9+ aux prochaines épreuves du NCE. « Je ne crois pas que les élèves de G9+ auront une bonne préparation pour leur permettre de passer le NCE. Il faudra apprendre aux enfants le self learning qui n’est pas dans la culture. Très peu d’élèves de G9 et G9+ consacrent du temps à leurs études quand ils sont à la maison et la grande majorité des parents ne sont pas là pour veiller à cela. »

 

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