
Le Premier ministre et ministre des Finances, le Dr Navin Ramgoolam, a animé un « kick off meeting » le 3 avril au Sir Harilall Vaghjee Hall. C’est dans le cadre des consultations prébudgétaires.
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Une équipe dont fait partie le Junior minister aux Finances, Dhaneshwar Damry, et les conseillers au ministère des Finances, entre autres, va rencontrer le maximum de parties prenantes dans le cadre de la préparation du Budget 2025-26, à partir du lundi 7 avril.
Entre-temps, une réunion dirigée par le chef du gouvernement, le Dr Navin Ramgoolam a eu lieu le 3 avril. Le Premier ministre s’est adressé aux syndicats et aux représentants du secteur privé, entre autres. Selon le Dr Navin Ramgoolam, le gouvernement prendra en compte les propositions des parties prenantes et verra ce qu’il peut introduire. Vu la situation économique, le ministre des Finances a avancé qu’il faut vivre selon nos moyens. « Nous souhaitons la coopération de toutes les parties prenantes pour notre premier budget », a-t-il avancé.
L’objectif, selon lui, est de remettre l’économie sur les rails. « There is no such thing as a free lunch. Souvent les hommes d’affaires recherchent ce que le gouvernement ne peut offrir. Nous ne ferons pas comme l’ancien régime qui croyait que la banque était sa propriété privée », a soutenu le Dr Navin Ramgoolam.
Ainsi, le modèle économique sous l’ancien régime basé sur la consommation ne devrait plus être d’actualité. De même, les allocations attribuées de toutes parts feront partie du passé. Le Premier ministre mise sur un changement du système avec un nouveau paradigme. Ce qui consiste en une société basée sur l’effort personnel, la méritocratie, l’efficience économique et la justice sociale.
Appel à un ancien haut fonctionnaire singapourien
Un haut fonctionnaire singapourien à la retraite sera sollicité pour établir où se situent les blocages dans le système à Maurice, selon le Dr Navin Ramgoolam.
En chiffres
Dette publique : Rs 644 milliards, soit 90 % du produit intérieur brut (PIB) de Maurice.
Déficit budgétaire : 9,3 %
Quelques objectifs économiques
• Aider le secteur de l’exportation pour redynamiser l’économie locale.
• Encourager les secteurs productifs, le tourisme
• Résoudre la problématique de la disponibilité des devises.
Réduire le niveau de la dette publique
La dette publique et le déficit budgétaire ne sont pas soutenables, selon le Premier ministre. Le dernier rapport de l’Audit témoigne de la situation. Selon le chef du gouvernement, l’ancien régime a dépensé de l’argent qui ne lui appartenait pas. « Ce gaspillage extraordinaire est une première à Maurice. Aucun ministre des Finances avant le précédent n’avait pris de l’argent dans les réserves de la Banque de Maurice. Il faut réduire les dépenses tout en augmentant les revenus », a-t-il ajouté.
Dépenses supplémentaires de Rs 2,5 milliards
Le Supplementary Appropriation Bill intervient lorsque les prévisions de dépenses s’avèrent insuffisantes. Il doit être approuvé à l’Assemblée nationale. Le rapport de l’audit publié en avril 2024 évoque des dépenses supplémentaires de 2,5 milliards pour l’année financière 2022-23. Ce montant n’a pas été présenté à l’Assemblée nationale pour être approuvé, selon le Dr Ramgoolam. « On m’a demandé de l’approuver, mais je ne peux pas, puisque ce n’est pas moi qui ai dépensé ce montant », a-t-il fait comprendre. D’autre part, l’excédent pour l’année financière 2023-24 se chiffre à Rs 2,8 milliards. Le ministre des Finances est d’avis qu’il faut prendre des sanctions pour éviter que cela ne se reproduise. « Nous ne pouvons pas faire comme si c’est business as usual. Nous mettrons de l’ordre là où il faut, même si cela prendra du temps », a-t-il argué.
Performance-Based budgeting
Aucun ministre ne serait favorable au Performance-based budgeting, selon le Premier ministre. Parce qu’il leur complique la vie. Ce système est basé sur les résultats obtenus. « Le budget du ministère de la Santé est de Rs 18 milliards. Cependant, de nombreuses personnes préfèrent se rendre dans des cliniques privées à cause des résultats des hôpitaux publics », a-t-il expliqué. Le Dr Navin Ramgoolam a ajouté que chaque ministère doit être accountable. Le PMO se charge du suivi.
Moody’s de retour après le budget 2025-26
Maurice a échappé à une rétrogradation de la notation de Moody’s. C’est ce qu’a indiqué le Premier ministre, tout en mentionnant l’apport de Gilbert Gnany, Chief Economist au PMO, dans cette démarche. Cependant, en cas de rétrogradation de la note actuelle de Baa3 négative, les conséquences seront graves pour Maurice. Aucun investisseur ne sera attiré par un pays qui a un « junk status ». « Nous perdrons 14 % de notre PIB, et environ 12 000 emplois seront à risque dans le secteur financier. Nous sommes sous surveillance. Moody’s reviendra après le budget. Le FMI est actuellement à Maurice. Je vais rencontrer les représentants », a fait comprendre le Dr Navin Ramgoolam.
Il a dit…
« Gilbert Gnany a démissionné de son ancien poste, car il a refusé de truquer les chiffres. Il touche beaucoup moins dans son nouveau poste. »
Dhaneshwar Damry, Junior minister aux Finances : « Pour ce premier Budget, nous ferons des choix en fonction du contexte »
« Le Premier ministre a donné le coup d’envoi des consultations prébudgétaires. C’est pour montrer l’importance qu’il accorde à l’économie et aux parties prenantes. Nous croyons dans le dialogue et dans les consultations. Nous souhaitons que nous fassions ensemble les choix, qu’ils soient difficiles ou pas. Ce n’est pas facile de plaire à tout le monde. Le rapport ‘State of the economy’ a donné une indication de la situation. C’est le moment de faire des choix dans le présent pour un pont vers l’avenir. Nous avons cinq budgets pour mettre en place le programme gouvernemental que nous avons présenté. Chaque budget aura une spécificité. Pour ce premier budget, nous ferons des choix en fonction du contexte. Les dépenses, les revenus et la croissance seront entre autres pris en compte. L’accent sera mis sur les nouveaux piliers de l’économie. »
Radhakrishna Sadien, président de la State Employees’ Federation : « Il faut un audit des secteurs qui manquent de personnel »
Tout gouvernement doit dépendre de la fonction publique pour l’exécution de son programme. Il faut un audit des secteurs qui manquent de personnel. Il faut également investir dans la formation et le renouvellement des équipements pour les fonctionnaires. Il faut aussi un dialogue permanent avec les parties prenantes.
Anil Currimjee, président de Business Mauritius : « Le discours du Premier ministre est en ligne avec ce que pense le monde des affaires »
Le discours du Premier ministre était très positif et en ligne avec ce que pense le monde des affaires représenté par Business Mauritius. Nous avons quatre priorités : la compétitivité de nos exportations, le capital humain et l’adaptation climatique, entre autres.

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