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Comprendre pour mieux combattre l’âgisme

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, « L’âgisme est le fait d’avoir des préjugés ou un comportement discriminatoire envers des personnes ou des groupes en raison de leur âge. L’âgisme peut prendre de nombreuses formes, notamment des comportements fondés sur des préjugés, des pratiques discriminatoires ou des politiques et pratiques institutionnelles      tendant à perpétuer les croyances de ce type ».

Que de personnes âgées sont venues se plaindre dans les locaux de DIS-MOI de l’attitude de « personnes qui travaillent dans les bureaux » sans manquer de nous rappeler l’attitude éhontée de certains receveurs et conducteurs d’autobus.

L’ampleur du problème

A Maurice, nous sommes actuellement 226 000 personnes âgées de 60ans et plus. L’OMS estime que les pays en voie de développement compteront une grande majorité de personnes âgées. Notre pays n’y échappe pas.

« L’âgisme découle du principe que tous les membres d’un groupe (dans le cas qui nous concerne, les personnes âgées) sont identiques ». Et l’OMS de souligner « qu’à l’instar du racisme et du sexisme, l’âgisme a une finalité sociale et économique : légitimer et maintenir les inégalités entre les groupes ».

« Des études scientifiques laissent entendre que l’âgisme pourrait être plus répandu que le sexisme ou le racisme ». Il faut donc dire NON à l’âgisme avec la même vigueur que l’on crie NON au racisme et NON au sexisme.

Une personne victime de l’âgisme perd encore plus le goût de vivre si elle est diminuée par ses proches, enfants, petits-enfants, voire arrière-petits-enfants. Elle peut aussi se sentir humiliée par les remarques de ses « amis » ou également de la part de ceux qui sont pourtant des prestataires de services. Ironie de la situation, il arrive même que, dans les établissements de santé et autre homes sensés les protéger, nos aînés  souffrent, par exemple, d’un langage brutal qui frise la maltraitance. Ici, ils ne sont pas moins vulnérables. La personne ainsi humiliée se replie sur elle-même, n’ose pas s’exprimer pour éviter les jugements peu avenants des gens qui les entourent.

L’OMS rapporte que « l’âgisme a des effets nocifs sur la santé des personnes âgées. Des études scientifiques montrent que les personnes âgées ayant des attitudes négatives vis-à-vis du vieillissement pourraient vivre 7,5 années de moins que ceux ayant des attitudes positives ».

Lutter contre l’âgisme

A DIS-MOI, nous en parlons dans nos cours de formation, dans nos conférences de sensibilisation et les médias. Notre commission sillonne l’île pour expliquer aux personnes âgées que ce n’est pas une faveur qu’on leur fait mais qu’il s’agit bien des droits qui leur sont dûs, qu’ils sont des rights holders.

Nous partons du principe que toutes les couches de la population et toutes les générations aient une bonne connaissance du sujet, à commencer par l’enseignement des valeurs humaines à la maison comme à l’école. Faire comprendre que nos aînés ne sont pas un fardeau, des have been, qu’ils sont des personnes d’expérience et d’intelligence accumulées dans le temps et qu’ils ont encore la capacité de servir.

Nous avons une loi, certes, mais il s’agit pour nous de changer notre attitude. DIS-MOI continue sa campagne de lutte contre l’âgisme tout en souhaitant que graduellement nous aurons une meilleure compréhension du vieillissement et serons donc bien armés pour combattre ce phénomène qu’est l’âgisme.

Commission des Droits des Personnes Agées

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