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Terres de l’État à Poste-Lafayette: des squatters accusent les autorités de «favoritisme»

Une dizaine de familles squattent les terres de l’État à Poste-La-Fayette. Menacées d’expulsion, elles accusent les autorités de faire preuve de « favoritisme ». Une mère de famille assure qu’elle en détient les preuves.

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Marie Cathia Peronet, âgée d’une trentaine d’années, a été priée par le ministère du Logement et des Terres d’évacuer les terres de l’État sur lesquelles elle vit avec sa famille depuis plusieurs années. Selon une lettre du ministère datée du 11 juillet (sans l’estampille officielle), elle disposait de 15 jours pour démolir sa bicoque. Cathia y vit avec deux enfants de 12 et 11 ans et sa mère âgée de 61 ans. Elle ne sait plus quoi faire. Le ministère lui reproche d’avoir construit un logement en dur sur les terres de l’État, sans avoir l’autorisation. « J’habite ici depuis neuf ans. Auparavant, je louais une maison en bois et tôle. Je n’ai pas squatté cet espace. Mais un gros arbre est tombé sur la maison et l’a détruite. Des familles aisées du coin m’ont alors prêté Rs 80 000 pour bâtir une maison sur ce terrain. Lorsque le ministère du Logement et des Terres a appris que j’avais construit une maison en dur, un officier est venu me voir. Il m’a brutalement ordonné de démolir la maison et d’évacuer les lieux dans les plus brefs délais. Il n’a pas voulu comprendre dans quelles circonstances j’avais fait construire cette maison », explique Cathia.

Promesse non tenue

Si elle concède avoir construit en dur sur des terres de l’État sans l’accord exprès du ministère concerné, Cathia estime que les autorités font preuve de partialité. « Selon la loi, si quelqu’un possède un terrain sur lequel il a bâti une maison, il n’a pas le droit de squatter un terrain de l’État. Alors comment se fait-il qu’une personne qui est déjà propriétaire d’un terrain et d’une maison a-t-elle pu construire une grande maison entièrement en dur à quelques mètres de ma maison ? Elle a obtenu l’autorisation de le faire alors qu’elle s’est installée ici après moi », argue-t-elle. Cathia ajoute que le voisin lui a avoué franchement avoir reçu son contrat grâce à un « backing politique ». Il lui a même conseillé de « tenter sa chance » elle aussi. La trentenaire ajoute que récemment, le ministre de l’Intégration sociale Prithvirajsing Roopun est venu sur place. « Il n’a rendu visite qu’à quelques familles. Il n’a pas fait le tour de l’endroit. Nous ne savions même pas qu’il était présent. On n’a pas pu lui expliquer la situation dans laquelle on se trouve. » Cathia affirme que quatre familles et elle-même n’ont jamais reçu de contrat les autorisant à demeurer sur les lieux, malgré toutes les démarches entreprises. Elle précise qu’un officier du ministère du Logement avait déclaré à tous ceux qui n’avaient pas de contrat de réunir une somme de Rs 2 000 à Rs 3 000 et de remplir les formulaires nécessaires pour obtenir le précieux document. Une promesse qui n’a pas été tenue. « Si je possédais un lopin de terre et une maison, je n’aurais jamais commis la bêtise de squatter les terres de l’État. Si je suis ici, c’est parce que j’étais démunie et sans toit », ajoute Cathia. La jeune femme espère que le ministre du Logement et des Terres, ainsi que celui de l’Intégration sociale, revoient la décision d’éviction sur une base humanitaire.

 

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