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Statistics Mauritius : baisse significative du nombre de contraventions en 2019 

Le nombre de contraventions servies aux automobilistes est passé de 243 425 en 2018 à 176 792 en 2019. Ce qui représente une baisse de 66 633, soit 27,4 %. C’est ce qui ressort du dernier rapport de Statistics Mauritius publié à ce sujet sur le site govmu.org fin juin 2020. 

Moins d’automobilistes verbalisés pour excès de vitesse et alcool au volant»

L’an dernier, moins de contraventions pour excès de vitesse, qui reste l’infraction au code de la route la plus fréquente, ont été enregistrées pas la Traffic Branch de la police. Le chiffre est passé de 87 408 en 2018 à 81 691 en 2019, soit une baisse de 6,5 %. Le nombre d’automobilistes verbalisés pour avoir conduit sous l’influence de l’alcool a lui aussi diminué : 1 956 contraventions enregistrées pour cette infraction en 2018, contre 1 766 en 2019. Ces chiffres, somme toute encourageants, signifient-ils pour autant que les automobilistes commencent enfin à devenir de meilleurs élèves sur les routes ? Ou cela suggère-t-il que les amendements apportés à la Road Traffic Act en 2018 ont porté leurs fruits ? Ou encore serait-ce dû au fait que chacun rivalise d’astuces pour ne pas se faire prendre, en se tenant informés à travers des groupes dédiés à cela sur les réseaux sociaux ? Le point. 

L’ASP Mohit Ramah : «Les amendements à la Road Traffic Act commencent à porter leurs fruits»

ramahSentiment de satisfaction du côté de l’assistant surintendant de police (ASP) Mohit Ramah, de la Traffic Branch. Pour lui, il ne fait aucun doute que la baisse du nombre de contraventions est le résultat des amendements apportés à la Road Traffic Act en octobre 2018 pour la renforcer. Il explique que depuis l’entrée en vigueur de ces amendements, il y a davantage d’opérations policières sur les routes. 
« Nous constatons que les gens commencent à respecter le code de la route et les consignes. Les campagnes de sensibilisation ont certainement leur effet », estime-t-il. Selon lui, la hausse du montant des amendes y est aussi pour beaucoup. « Nous commençons à atteindre un de nos objectifs qui est de dissuader les gens à faire fi du code de la route. Cela commence à apporter des résultats », précise-t-il. 

Pour ce qui est de la baisse du nombre de contraventions servies pour alcool au volant, l’ASP l’attribue au fait que les gens sont désormais conscients des amendements apportés en 2018. Depuis octobre de cette année-là, dès qu’une personne est verbalisée avec une alcoolémie supérieure à la limite autorisée, elle est placée en cellule de dégrisement jusqu’à ce que son taux d’alcool dans le sang baisse. « Avant, un proche pouvait venir chercher le contrevenant. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas », explique Mohit Ramah.  


Alain Jeannot, de PRAT : «Le nombre d’accidents mortels est, lui, toujours en hausse» 

alainAlain Jeannot, président de l’organisation non gouvernementale (ONG) Prévention routière avant tout (PRAT), accueille ces chiffres avec satisfaction. D’autant, dit-il, que ces baisses interviennent dans un contexte où le parc automobile continue d’augmenter chaque année à un taux soutenu de 4 %. Il y a, selon lui, de multiples raisons qui peuvent expliquer ces résultats encourageants. Mais il l’impute principalement au durcissement des lois. 

Toutefois, il déplore le fait qu’a contrario, le nombre d’accidents faisant des morts et des blessés soit, lui, toujours en hausse. « Cela démontre qu’il y a encore des automobilistes indisciplinés et imprudents qui sont impliqués dans des accidents à cause de leurs comportements dangereux et parce qu’ils prennent des risques », explique le président de PRAT. 

Alain Jeannot est intransigeant sur la question : il faut agir et envoyer des signaux forts aux conducteurs imprudents en prenant des sanctions encore plus dissuasives. « Il faut cibler les actions policières sur cette catégorie de personnes qui prennent des risques considérables sur nos routes. Mais je suis un optimiste. Je pense que nous sommes sur la bonne voie », confie-t-il.  

Il concède qu’il y a encore un énorme travail à abattre. « Au niveau de la sensibilisation, les résultats ne sont pas immédiats, mais observables dans le temps », fait-il ressortir. Il ajoute que les autorités font leur part. « Mais il ne faut pas oublier le travail de la société civile qui est sortie des sentiers battus pour faire de la sécurité routière un sujet d’intérêt prioritaire », conclut-il.  

accident

En chiffres 

Baisse du nombre de contraventions ne rime pas forcément avec baisse du nombre d’accidents mortels ou graves. Selon les chiffres du Police Press Office, le nombre d’accidents fatals enregistrés en 2018 était de 143, contre 144 en 2019. Si à pareille époque l’année dernière on comptait déjà 50 accidents mortels, le nombre est de 52 pour la période correspondante cette année. 

Groupes Facebook et WhatsApp « radars » 

Il semblerait que tous les moyens soient bons pour ne pas se faire prendre. Des groupes créés sur Facebook et WhatsApp ont la vocation d’informer les internautes sur les endroits « kot misie-la pe bare ».

Contacté, l’administrateur d’un de ces groupes, qui compte déjà 8 400 membres, explique comment les messages sont relayés. Des internautes informent les membres du groupe sur la présence de barrages policiers afin qu’ils prennent leurs précautions. « Zot koz dan langaz kode. Une des expressions souvent utilisées est : ‘Pe partaz ladou Grand-Baie’ », lâche-t-il en riant. 

Il faut dire que les internautes ne manquent pas d’imagination pour informer leurs pairs sur les opérations policières. L’administrateur explique qu’il a créé ce groupe pour sensibiliser les automobilistes qui, tient-il à préciser, sont très réactifs. 

Interrogé sur les activités de ces groupes « radars » sur les réseaux sociaux, l’inspecteur Shiva Coothen, responsable du Police Press Office, affirme qu’elles ne sont pas interdites. Certains conducteurs ont des gadgets qui leur permettent de détecter les Speed Cameras. En revanche, précise Shiva Coothen, s’il y a une chose qui est interdite, ce sont les appels de phares pour informer d’autres automobilistes de la présence de barrages policiers. Il insiste que cela constitue un délit et que ceux qui sont pris la main dans le sac seront sanctionnés. 

Disqualification du conducteur

Selon le rapport de Statistics Mauritius, en 2019, cinq automobilistes ont écopé d’un retrait de permis de conduire pour non-respect du code de la route à répétition. La Cumulative Road Traffic Convictions Notice, datant de 2015, remplace le permis à points. Si un automobiliste cumule cinq infractions sur une période de 24 mois, la cinquième lui vaudra une interdiction de détenir ou d’obtenir un permis de conduire ou encore l’annulation de son permis de conduire, conformément aux dispositions de l’article 123AG (2) de la Road Traffic Act. 

Lorsqu’un automobiliste est jugé coupable d’une de ces infractions devant un tribunal, la cour demande à la police de produire le Cumulative Certificate de l’automobiliste. À la cinquième infraction, la cour peut disqualifier la personne pour une période déterminée. Elle ne pourra pas conduire durant la période déterminée par la cour. La Cour peut annuler son permis de conduire ou son permis de conduire provisoire. Dans ce cas, le contrevenant devra repasser les examens de conduite pour obtenir un nouveau permis.

 

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