Economie

Selon la MCB : des investisseurs lorgnent le Kenya pour produire le sucre

Le partenaire d’Alteo en Tanzanie possède la plus grande usine du pays.

L’industrie sucrière, déjà chancelante au Kenya, est un des secteurs qui suscite l’intérêt des investisseurs mauriciens. Alors que l’industrie cannière mauricienne est en surproduction au niveau du marché local, l’inverse est tout à fait vrai pour le Kenya dans la mesure où il ne peut pas répondre à la demande domestique.

Ces enjeux ont été soulevés par Alain Law Min, CEO de la Mauritius Commercial Bank. Il évoquait ainsi cet intérêt renouvelé face à la presse kenyane lors de l’ouverture le mardi 29 janvier du bureau de représentation de la banque à Nairobi.
Les entreprises mauriciennes ont injecté jusqu’ici Rs 1,1 milliard en tant qu’investissements directs dans des firmes kenyanes. « Un bon nombre d’entreprises mauriciennes tiennent des pourparlers afin d’établir des activités de substance au Kenya. On s’intéresse beaucoup à l’industrie sucrière », a-t-il dit.

Il a ajouté que l’intérêt porté au secteur sucrier kenyan par les investisseurs mauriciens s’explique par une profusion de compétences et d’une offre excédentaire de cette denrée sur l’île. En comparaison, le Kenya n’arrive pas à satisfaire les attentes du marché domestique.

Le CEO du premier groupe bancaire du pays a décliné de nommer les nouveaux investisseurs.Il a affirmé cependant que plus d’une quinzaine d’entreprises mauriciennes se sont installées au Kenya. Il a ajouté que d’autres investisseurs mauriciens cherchent des opportunités d’affaires dans les domaines de l’hôtellerie, de l’ameublement et de l’industrie pétrolière et gazière.

Les données de l’autorité agricole et de l’alimentation kenyane indiquent que ce pays compte douze usines sucrières avec comme leaders dans la production les sociétés West Kenya, Transmara, Kobos, Butali et Sikari Sugar. La production totale de sucre était de 450 335 tonnes l’année dernière, alors que la demande dépasse 800 000 tonnes.

Au moins trois grands groupes sucriers, notamment Alteo, Omnicane et Terra, se sont implantés sur le continent. Le premier est présent dans deux pays, à savoir en Tanzanie et au Kenya. C’est à travers une participation dans l’actionnariat de Kwale International Sugar qu’Omnicane s’est lancé au Kenya. Le groupe Terra est allé du côté occidental du continent. Il possède 25,5% dans la société Sucrivoire qui compte deux usines qui répondent aux besoins de la moitié de la consommation ivoirienne en sucre.

Selon les dernières estimations, la production sucrière à Maurice plafonne autour de 320 000 tonnes avec une consommation domestique tournant autour de 29 kilos par habitant. Les terres sous culture de cannes couvrent moins de 55 000 hectares. La baisse des prix et l’élimination des garanties sur le marché européen affectent sérieusement l’avenir de l’industrie. Les perspectives sur le continent africain peuvent s’avérer prometteuses.