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Rideau sur une année inédite

2020 aura été une année très particulière. Pendant que la Covid-19 a frappé le monde et le pays, la politique a quand-même été à l’avant-plan. Mobilisation citoyenne d’une ampleur jamais vue, succession d’affaires politiques, débats envenimés au Parlement, …


Rajen Bablee, directeur exécutif de Transparancy Mauritius : «2020 nous a ouvert les yeux sur beaucoup de choses»

Ce fut une année de questions sans réponses, est d’avis Rajen Bablee, directeur exécutif de Transparancy Mauritius. « Sur le plan du combat contre la corruption et le respect des principes de bonne gouvernance, 2020 a été un eyeopener. On aura appris que le malheur des uns fait l’aubaine des autres. C’est ainsi que certains ont pu décrocher des contrats mirobolants et on aura aussi appris à quel point il est important d’avoir un protocole pour éviter les abus lors d’une pandémie ou tout autre crise. Ce protocole devrait inclure des procédures strictes concernant les décisions prises, les appels d’offres et les acquisitions, mais aussi inclure une communication permanente avec tous les acteurs du pays. »

Rajen Bablee plaide également en faveur d’une loi sur la Freedom of information ou le Right to information. Car, si Maurice avait de telles lois, « nous aurions pu comprendre comment des contrats publics ont été alloués et comment certaines nominations ont été faites ».

D’autres questions importantes restent aussi sans réponses pour le moment, à l’instar des circonstances de la mort de l’activiste Soopramanien Kistnen, la pollution provoquée par le Wakashio, le naufrage du Sir Gaëtan et l’affaire Angus Road, « pour ne citer que quelques cas ».

 


Krish Ponnusamy, observateur politique et ancien haut fonctionnaire : «J’espère qu’il y aura un sursaut en 2021»

Pour l’ancien haut-fonctionnaire Krish Ponnusamy, la démocratie en général a pris un sérieux coup en 2020. « Nous avons régressé sur le plan de la gouvernance. Le fonctionnement même de nos institutions est en cause. On a beau avoir de belles lois, beaucoup d’institutions, mais s’ils sont dirigés par des gens incompétents, on ne progressera pas. Il faudra réfléchir sérieusement à ce niveau », est-il d’avis.

Krish Ponnusamy « espère qu’il y aura un sursaut en 2021. Cela peut encore être rectifié et ce n’est qu’alors que nous pourrons avoir de l’ordre dans la gestion du pays ».

Il note aussi que selon les derniers sondages, notamment celui réalisé par la firme Kantar en novembre, les Mauriciens continuent à ne pas avoir confiance en leurs politiciens. « Les partis politiques eux-mêmes ont besoin d’être réformés. Il faut que le peuple puisse avoir des politiciens qui ne voient pas que leurs propres intérêts. Je m’attends à ce que les politiciens réfléchissent un peu. Je reste optimiste. »


manisha-dookhonyManisha Dookhony, observatrice politique et économiste : «Il faut améliorer la gouvernance du pays»

Manisha Dookhony note « un engagement très important du citoyen au niveau de la politique participative ». En 2020, la population s’est mobilisée, notamment à travers les réseaux sociaux, mais aussi dans la rue pour défendre les causes qui lui sont chères. « C’est unique pour 2020. »

Maintenant, analyse l’économiste, « il faudrait que les politiciens écoutent ce que la population propose et mettent en place des plateformes pouvant améliorer la gouvernance du pays ».

Le Parlement se résume à une « shouting contest » et est devenu un forum « très hostile ». Aussi, « nous sommes dans une mauvaise passe. On ne voit pas les politiciens travailler ensemble pour trouver des solutions communes. Il faudrait donc laisser plus d’espace pour les citoyens pour qu’ils puissent proposer des solutions concrètes. Beaucoup de pays le font. Beaucoup de recommandations sont faites par la population et certains sont même implémentés ».

Elle espère qu’en 2021, il y aura davantage d’interactions entre les politiciens et les citoyens pour une « influence positive sur la gouvernance du pays ».

ÉDUCATION : L’enseignement en ligne chamboule l’apprentissage 

2020 a été exceptionnelle dans le domaine éducatif. Avec le confinement dû à la pandémie de Covid-19, les habitudes des étudiants ont été chamboulées. Cours à distance, changement dans le calendrier scolaire et des examens. Les conséquences se feront encore ressentir durant les prochains mois.
Annick Daniella Rivet

«L’enseignement en ligne, a causé des chamboulements, positifs comme négatifs. ». C’est le constat de Yann Jhugroo-Cangy, président du Student Front. Il avance que cela a permis de solidifier les liens sociaux, valoriser la présence de chacun dans le petit écosystème qu’est l’école.

Yann soutient également que les élèves retournent peu à peu à la normale ou à la nouvelle normalité et ne dépendent pas uniquement des cours en ligne.

Le président fait quand même remarquer que le changement dans le calendrier scolaire invite les élèves à réinventer tout leur schéma de révision et à s’adapter constamment à la situation. « Comme il ne faut pas complètement lâcher les révisions, cela reste quand même un défi durant cette période festive. L’étudiant doit savoir faire la balance ou simplement prendre du repos et profiter de la vie non-confinée, et s’en remettre au mois de janvier. »

Avec le nouveau calendrier mis en place, beaucoup d’enseignants ont déjà terminé leur programme d’études. L’enseignant Kristen Nallan fait ressortir que contrairement aux années précédentes, la rentrée du troisième trimestre se fera le 7 janvier prochain, l’heure sera alors à la révision. Les élèves du secondaire passeront les examens du 3e trimestre entre les mois de mars à juin 2021.

Avec le confinement, les élèves ont manqué quelques cours. Nazima Kholeepa, présidente de la PTA du Modern College, dit avoir remarqué que la conséquence est une baisse générale dans la performance académique des enfants pour le deuxième trimestre. Elle pense que cela serait dû au long congé lié à la pandémie.

La présidente souhaite que des cours de rattrapage soient au calendrier pour le 3e trimestre.


Témoignage - Reena S., étudiante : «… j’ai réalisé que je perds en fait deux années au lieu d’une»

Redoubler une classe en 2020 s’avère être une épreuve difficile. Reena S. a réalisé qu’elle aura 18 ans quand elle se présentera aux examens du School Certificate (SC) en 2022. Elle, qui a célébré ses 16 ans en octobre dernier, refait la Grade 10.

« Ce n’est qu’après la présentation du nouveau calendrier scolaire que j’ai réalisé que je perds en fait deux années au lieu d’une. Quand on m’a annoncé que je devais refaire la Grade 10 fin 2019, cela m’avait bouleversée. J’ai pris du temps pour comprendre qu’il faut parfois reculer pour mieux sauter. J’ai entamé 2020 avec optimisme. Mais le confinement lié à la pandémie a tout changé. Cela me stresse », confie cette étudiante d’un collège confessionnel dans les hautes Plaines-Wilhems. Reena S. indique qu’elle avait déjà tracé son parcours car elle souhaitait terminer l’école le plus vite possible afin de concrétiser son rêve d’être avocate. « Pour certaines matières, nous avons terminé le cursus. Au 3e trimestre, nous commencerons à travailler les questionnaires », relate-t-elle.

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