Défi Zen

Prisheela Mottee : à la recherche de 1 000 histoires inspirantes

Prisheela Mottee anime des ateliers à travers son association RBG.

Chez Prisheela Mottee, la créativité est au centre de toutes choses. Fonctionnaire de l’état-civil, la présidente de l’association Raise Brave Girls projette de collecter et partager 1 000 histoires inspirantes d’ici 2030. 

Prisheela a choisi d’utiliser l’art comme moyen de communication, afin d’inviter les victimes de traumatisme à s’exprimer sur leur mal. Elle anime des ateliers à travers son association Raise Brave Girls (RBG) située à Vacoas. L’objectif est de pouvoir venir en aide aux femmes traumatisées ou victimes de diverses séquelles. 

C’est par le biais du dessin ou de l’écriture que ces femmes s’expriment sur ce qu’elles ressentent au plus profond d’elles-mêmes. La méthode est simple : Prisheela dépose une feuille vierge en face de chaque femme sur une table remplie de crayons de couleur, de feutres, de peinture et de stylos. La participante choisit son matériel et parle à travers le dessin et explique comment elle se perçoit à travers le miroir.  

À travers le dessin, on peut voir comment la personne se voit réellement.
À travers le dessin, on peut voir comment la personne se voit réellement.

« J’ai pu constater à travers diverses expériences que l’art est un bon moyen pour s’extérioriser. Elle est très appréciée auprès des femmes plus réservées, timides et discrètes », raconte-t-elle. 

Selon elle, c’est fou comme une personne peut laisser parler la plume avec une grande souplesse, une liberté et une facilité inouïe. À travers le dessin, on peut voir comment la personne se voit réellement. Ensuite, c’est à elle de décider soit de montrer son dessin à l’ensemble du groupe et d’en parler, soit de le garder pour elle. Le plus important, c’est qu’elle a pu extérioriser ce qu’elle cache à l’intérieur d’elle-même.

Le plus gros problème, souligne la présidente, c’est que beaucoup de femmes n’ont pas forcément du mal à s’exprimer, cependant, elles ont tendance à garder toutes leurs émotions et leurs mauvaises expériences. C’est pourquoi il est important de participer davantage à ce type d’atelier. « Un travail sur soi est primordial dans ces cas-là. Elles peuvent aussi bien passer par des sessions de counseling, disponibles dans tous les centres de Maurice. »

De plus, par le biais d’une mini-vidéo d’une minute maximum, elle invite les Mauriciens à venir partager leurs expériences, une histoire, une anecdote, un traumatisme ou même une success-story. Chaque année, c’est la tradition de RBG de collecter des messages et des histoires qui sont ensuite diffusés sur les réseaux sociaux. Leur devise est de partager leur histoire.

J’ai pu constater à travers diverses expériences que l’art est un bon moyen pour s’extérioriser."

« Mon objectif ici est de passer un message à l’ensemble de la nation mauricienne et du monde entier à travers l’autonomisation des femmes et des jeunes », souligne Prisheela. Ainsi, la population pourra rêver à travers des parcours riches et inspirants. Les vidéos peuvent être des histoires négatives et positives. Il n’y a aucune restriction pour participer. Les personnes qui sont intéressées doivent prendre contact via la page Facebook de l’association, par mail ou se rendre dans les locaux à Vacoas. « Actuellement, nous sommes à plus de 150 vidéos et nous nous engageons à collecter et à partager 1 000 histoires et messages inspirants sur le continent africain d’ici 2030 », nous confie-t-elle.

Prisheela

L’objectif de la collecte et du partage des messages est de mener à un atelier dédié au leadership à travers l’île. En effet, en novembre 2019, Prisheela a eu l’occasion de suivre une formation sur le leadership offert par le ministre de l’Égalité des genres et animé par 
Richa Dhar, une formatrice internationale indienne.

Raising Brave Girls milite depuis toujours pour l’égalité des genres de façon à apprendre à respecter les différences entre les sexes sans faire de stéréotypes. « Pour élever des filles courageuses, nous devons leur apprendre à ne pas être parfaites. Il est normal d’échouer, parce que nous apprenons de par nos échecs. Le plus important est de faire apprendre aux filles à dire non contre toutes les formes de préjugés et de discriminations. »

Récemment, Prisheela a obtenu un prix en Afrique du Sud. Elle figurait parmi les 100 jeunes les plus influents d’Afrique. « Notre travail sur les réseaux sociaux et l’émancipation de la femme a été récompensé et je ne compte pas m’arrêter là. En 2019, nous avons mis sur pied de nombreux projets et nous en avons encore plein d’autres pour 2020. » Parmi, on retrouve des ateliers sur l’autonomisation, mais aussi la distribution de serviettes hygiéniques dans tous les collèges. Un des points forts sera lié au mariage des jeunes filles à Maurice.

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