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Loi de finances : trois anciens ministres des Finances planchent sur les priorités du Budget 2024-25

Rundheersing Bheenick, Vasant Bunwaree et Xavier-Luc Duval.

Renganaden Padayachy fera son grand oral ce 7 juin. Un exercice compliqué où il faut faire la part des choses entre les priorités économiques et sociales. Trois anciens Grands Argentiers reviennent sur le contexte dans lequel la loi de finances 2024-25 est présentée.

Le ministre Padayachy présentera son dernier Budget de ce mandat. 
Que retenez-vous de ces quatre précédents Budgets ?

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Rundheersing Bheenick :
Comme beaucoup de nos compatriotes, j’ai hâte de voir le dernier Budget de Padayachy, pas seulement le dernier Budget de mandat. Pourquoi ? Parce que ce monsieur a présenté quatre précédents Budgets pour des nuls. Il a pris des Mauriciens pour des nullités en matière économique et je crois que ce serait bon que lui-même jette un regard sur les années passées. Et peut-être qu’il sera d’accord avec beaucoup d’entre nous qui ont la ferme conviction que ce monsieur s’est vraiment trompé de pays. Comment peut-on prétendre qu’une petite île comme Maurice peut trouver son salut tantôt par la construction tantôt par la consommation sinon en poursuivant des projets surdimensionnés qui n’avancent en rien la productivité ou la compétitivité de ce pays.

Comment peut-on prétendre qu’une petite île comme Maurice peut trouver son salut tantôt par la construction tantôt par la consommation sinon en poursuivant des projets surdimensionnés qui n’avancent en rien la productivité ou la compétitivité de ce pays."

Rundheersing Bheenick

Vasant Bunwaree : 
Il ne faut pas oublier la période Covid qui est venue bouleverser quelque peu les données. On ne peut pas faire abstraction de cela. Le ministre des Finances a fait le maximum dans des conditions difficiles. Il a réussi, en dépit de la conjoncture, à faire quand même un travail acceptable parce que cela aurait pu être pire. L’économie est sortie hors du tunnel. Cela dit, des mesures qui auraient dû être prises n’ont pas été mises en place. La restructuration de l’économie a été mise au placard pour temporiser les effets de la Covid. De même, il y a des mesures que l’on ne comprend pas trop bien comme la CSG, qui est d’ailleurs restée en travers de la gorge du FMI. Si la CSG  est un système importé de la France où elle a fait ses preuves, à Maurice, on avait le NPF qui était un système bien rodé. Aujourd’hui, on a un concubinage entre la CSG et le NPF. On attend à ce que ce soit plus clair. De même, maintenant que la pandémie n’est plus là, il faut venir avec des propositions pour faire de Maurice une République moderne.

Rundheersing Bheenick :

Je crois que ce serait trop espérer qu’il situe son action maintenant dans le contexte de l’héritage qu’il a légué aux Mauriciens. Et il faut s’attendre à un Budget qui va suivre fidèlement le trajet qu’il a déjà établi. En d’autres mots, on aura droit à un tour de l’île, parfois de deux îles, peut-être de trois îles (Ndlr : Agaléga) nous dévoilant quels projets dans quels secteurs à plaire aux électeurs de quelque circonscription."


À quoi peut-on s’attendre pour son cinquième Budget ? 

Xavier-Luc Duval : 
Il est important que le ministre des Finances prenne bonne note du rapport du FMI sur l’état de l’économie mauricienne. Tout en soulignant la bonne croissance de l’économie, l’institution fait état d’un certain nombre de préoccupations en particulier sur la Banque de Maurice. C’est surprenant, voire rare, que le FMI – qui est généralement très prudent dans le choix de ses mots – réclame que l’indépendance de la BoM soit « rétablie rapidement », démontrant du coup qu’il y a trop d’ingérence des Finances dans les affaires de la Banque centrale. C’est bon d’expliquer que la politique fiscale est l’affaire du ministère des Finances alors que la politique monétaire – qui touche au taux d’intérêt, à la liquidité sur le marché, à la supervision des banques, etc. – est du ressort de la Banque de Maurice. 
Pour revenir au Budget, la politique économique est importante, car elle assure la stabilité des prix, la croissance économique qui, elle, amène la prospérité et l’emploi, par exemple. Mais, le Budget à Maurice est un discours élargi qui comprend aussi les grandes lignes de la politique gouvernementale sur les problèmes du jour. Et là, on attend de voir comment le gouvernement va s’attaquer au fléau de la drogue et écraser les marchands de la mort. On l’attend aussi sur le coût élevé de la vie et, en particulier, sur l’inflation de ces dernières années qui doit être contrôlée. Il est bon de noter que le FMI prévoit une baisse assez importante de l’inflation à l’avenir. Néanmoins, on s’attend à ce que le gouvernement assiste les ménages à faire face à la situation actuelle. De même, il y a tout le secteur éducatif qui est en soins intensifs avec l’Extended Programme qui est une faillite totale, l’injustice des cinq « credits » pour aller en HSC et à cela, vient s’ajouter aujourd’hui, la situation précaire des écoles privées qui sont financé par l’État et qui sont menacé de faillite. Il ne faut pas oublier le changement climatique qui affecte doublement les ménages, les enfants qui ne peuvent pas aller à l’école et les inondations à travers l’île causant des dégâts dans les maisons, entre autres. Il faut revoir la qualité des services publics à travers la digitalisation. Bref, il y a toute une panoplie de problèmes qui doit être abordée malgré le fait que ce soit le dernier budget de mandat. 

Vasant Bunwaree : 

Il y a le cœur et l’esprit. Le ministre des Finances se retrouve quelque peu coincé, car nous sommes dans une année d’élections. Son esprit et son cœur seront en déphasage, surtout qu’il y a beaucoup de pression. Il devra automatiquement donner priorité à certaines mesures essentiellement populaires dont les implications doivent quand même être prises en ligne de compte. Les mesures productives passeront au second plan pour laisser la place aux mesures populaires. Les prestations sociales qui doivent viser les plus vulnérables seront élargies pour faire la « bous dou » et rendre la population heureuse.


Dispose-t-il d’une bonne marge de manœuvre ? 

Vasant Bunwaree : 
Oui ! Les recettes de la TVA sont là pour l’aider. Quand j’avais mis en place la TVA, c’était avec une vision. La TVA est une taxe intelligente. Quand l’économie est sortie de la pandémie, on a accueilli plus de touristes. Qui dit plus de touristes, dit plus de dépenses et la TVA augmente, car elle s’applique non seulement pour les produits, mais aussi pour les services. Donc, sans augmenter le taux, il y a plus d’argent qui rentre dans la caisse juste avec la base d’application. Outre la TVA, le ministre des Finances dispose d’autres fonds pour équilibrer son Budget dont le Workfare Programme mis en place quand j’étais ministre du Travail. Cependant, il faut que les dettes soient constructives. Pour ce qui est des salaires des travailleurs de la fonction publique, il sera obligé de faire quelque chose afin de rompre cette disparité de divers salaires pour le même type de travail. Il faut équilibrer, voire proposer au-delà. Il faut mettre de l’ordre dans cette affaire. 

Rundheersing Bheenick : 
Eh bien ! Si un ministre se trouve dans une situation où il présente son cinquième Budget de suite, s’il se retrouve avec une marge de manœuvre limitée et qu’il n’est pas coincé par des évènements extraordinaires tels que la Covid-19 ou une crise financière mondiale, est-ce qu’il y a beaucoup de personnes qu’il pourrait blâmer pour sa marge de manœuvre limitée ? Il n’a qu’à se regarder dans le miroir.

Xavier-Luc Duval : 
Absolument ! Comme je le dis toujours, l’inflation est le meilleur ami du ministre des Finances. Elle amène énormément d’argent dans les coffres et baisse automatiquement le pourcentage de la dette. En d’autres mots, les revenus augmentent et le montant de la dette reste fixe. Parallèlement, il y a tous les résidus des Special Funds et, comme l’a souligné le FMI, il y a une reprise de l’économie.


Présenter un Budget à la veille des élections demeure un défi. Peut-on en même temps plaire à la population et au secteur privé ?

Rundheersing Bheenick :
Mais de quel défi parlez-vous ? Un Budget est présenté par un gouvernement en place pour expliciter au public et à ses partenaires internationaux comment il compte gérer les affaires du pays sur le plan macroéconomique, le plan financier et le plan fiscal. Et comment il va jongler avec les ressources à sa disposition afin de maximiser leurs impacts sur le développement économique et social du pays et la création d’emplois et augmenter la capacité de production du pays. Il ne s’agit pas de plaire ni à la population ni au secteur privé, mais de bien gérer les affaires économiques et financières du pays comme un bon père de famille le fait pour sa propre famille. Et là aussi si on jette un regard sur le parcours de notre ministre, sa performance est très très loin de ce qui est acceptable.

Vasant Bunwaree :
C’est cela le rôle d’équilibriste du ministre des Finances. Je suis passé par là quatre fois. Il faut garder la tête sur les épaules, éviter les pièges et prendre tous les facteurs en considération. Le secteur privé a du potentiel et les moyens. C’est au ministre des Finances de venir de l’avant avec des suggestions acceptables pour tout le monde. Par ailleurs, le secteur privé s’attend à des sacrifices dans une année d’élections. Cela dit, il faut voir l’avenir. Un gouvernement est élu pour cinq ans et chaque Budget est une étape jusqu’à la cinquième et dernière étape. Il faut que l’économie continue à fonctionner et que le travail continue. C’est le rôle du ministre des Finances. Il faut doper et stimuler la croissance. Il faut venir avec des nouveautés et le pays ne manque pas de moyens avec sa zone économique exclusive de 2,3 millions de kilomètres carrés. Nous avons la mer, le soleil…tant de choses à exploiter. D’ailleurs, je présenterai bientôt un plan de développement économique basé sur l’émergence de nouveaux secteurs.

Maintenant que la pandémie est derrière nous, il y a beaucoup de choses à faire. Il ne faut pas rester timide dans le développement. De même, il faudra s’attaquer au chômage qui n’a cessé de remonter alors que quand j’étais aux Finances et au Travail, j’avais fait baisser la courbe. Ce qui démontre que le travail n’a pas été fait pendant ces dernières années. Même si le taux a reculé à 7 % après la pandémie, ça reste élevé. Il faudrait le ramener à des taux acceptables de 2 % à 3 %. Il faut que le ministre des Finances créer des emplois productifs.

Xavier-Luc Duval :
Le Budget reste un exercice sérieux qui doit être fait dans un esprit patriotique nonobstant que les élections soient proches. Avant tout, les mesures annoncées doivent être justes, équilibrées et soutenables.


Renganaden Padayachy a déclaré qu’il miserait sur la résilience sociale, l’économie et l’environnement. Est-ce une formule gagnante ? 

Rundheersing Bheenick :
L’environnement a démontré clairement à travers des cyclones mal gérés et des inondations inattendues et des fracas en mer y compris pour les zones maritimes protégées que son régime ne s’est jamais soucié de l’environnement. L’économie se porte très mal et ce régime a réussi le grand coup de promouvoir l’égalité à sa manière en prenant aux pauvres à travers l’inflation et à la classe moyenne à travers le poids fiscal mal partagé pour donner aux riches et à ceux qui ont traditionnellement été très bien lotis. Je parle ici de cette gabegie monumentale de la Banque centrale qui s’appelle la Mauritius Investment Corporation.

Vasant Bunwaree :
Cette formule a de la valeur, mais elle ne suffit pas. Qu’entend le ministre par résilience sociale ? Si c’est aider ceux qui sont au bas de l’échelle, les retraités et les chômeurs à mener une vie décente, si c’est de cette façon, c’est très bien. Il faut diminuer le chômage et aider les sans-emplois à sortir du gouffre. Il faut une restructuration de l’économie, même si dans une atmosphère électorale, on n’est pas là pour faire ce qu’on a envie de faire. Si j’étais à la place du ministre des Finances, j’aurais mis en place une TVA à plus d’un taux. Je m’explique ! Pour les produits de base, la TVA peut être réduite. Ce qui soulagerait les plus au bas de l’échelle et la classe moyenne. Par contre, pour les produits de luxe, la TVA peut être rehaussée à plus de 15 %. On peut procéder de la même façon pour d’autres produits. Par exemple, pour une petite voiture, la TVA peut être réduite à 4 % ou 5 %. Ce qui diminuera le prix par environ Rs 100 000.  Par contre, pour une voiture de luxe, on peut augmenter la TVA à 20 %. Ce qu’on perd d’un côté, on le récupérera de l’autre. Je voulais le faire quand j’étais ministre des Finances, mais à l’époque, il fallait faire accepter la TVA. Imposer plusieurs taux aurait bousculer la population. D’où un taux uniforme de 10 %. C’est Paul Bérenger qui a augmenté la TVA à 12 % une première fois et à 15 % par la suite. Si l’on vient avec divers taux de la TVA, cela permettra de protéger les plus vulnérables et la classe moyenne. C’est cela la justice sociale.

Xavier-Luc Duval :
J’ai déjà énuméré plus haut les priorités du moment. À chacun sa façon de voir les choses et de les exprimer.


Un Budget de fin de mandat peut-il vraiment répondre aux aspirations économiques et aux impératifs de développement du pays ?

Rundheersing Bheenick :
Un Budget de fin de mandat à quelques semaines ou quelques mois des élections générales qui approchent à grands pas ne répond pas aux critères qui définissent l’essence d’un budget national pour commencer. Donc, c’est plutôt de culot qu’il s’agit que de présenter un Budget. Cela sachant qu’il est fort possible qu’on ne sera plus là pour mettre en œuvre l’exécution de ce qu’on propose. Je ne crois pas qu’il s’est laissé trop influencer ni par les aspirations économiques des Mauriciens ni par les impératifs du développement pour notre petit État. Sinon, il n’aurait pas laissé tant de dégâts dans son sillage.

Vasant Bunwaree : 
Cela dépend du ministre directement. Il a beaucoup de pression même du côté du gouvernement. Tout le monde s’attend à avoir la « bous dou ». Si le gouvernement peut augmenter de nouveau la pension, il le fera. J’entends dire aussi qu’il va donner deux fois plus de moyens aux lauréats. S’il va dans cette direction, je ne serais pas trop happy. Cela va créer une anomalie, car les enfants des millionnaires/milliardaires bénéficieront de l’aide de l’État. Ce qui n’est pas logique. Quand on a démocratisé le système de lauréats, on l’a fait en prenant en ligne de compte des critères sociaux dans le but d’aider ceux qui n’ont pas les moyens financièrement à poursuivre leurs études. Il fallait continuer sur cette voie.

Xavier-Luc Duval :
C’est clair qu’il y aura une tentation de populisme et d’effets d’annonce. Mais, la population est intelligente et saura faire la différence. 


Dans la conjoncture actuelle, que faut-il prioriser et que faudrait-il mettre de côté ?

Vasant Bunwaree : 
La lutte contre la vie chère est une priorité urgente. La situation devient intenable. Il faut une stabilisation non seulement des prix alimentaires, mais aussi des médicaments. Dans la même foulée, je suis pour une roupie stable qui reflète les fondamentaux économiques. Autre priorité : s’attaquer aux problèmes majeurs auxquels fait face le secteur éducatif surtout sur le plan de la discipline dans les écoles. La création de la richesse est une autre priorité. Il faut stimuler la croissance et dynamiser la productivité. Il faut améliorer les richesses qu’on a déjà et en créer de nouvelles. Le pays dispose déjà d’assez de moyens pour améliorer beaucoup de choses. Mais, ce n’est pour autant qu’il faut tout distribuer. Ce qu’il faudra éviter, c’est de faire du gaspillage. Il y en a trop. Le rapport de l’Audit en fait d’ailleurs état année après année sans que cela ne change grand-chose. Il y a un travail à faire pour économiser sur des tas de choses qui ne sont pas nécessaires.

Xavier-Luc Duval :
La priorité doit être que chaque roupie dépensée représente du « value for money ». Il ne faudrait pas des dépenses qui ne sont en fin de compte que du gaspillage sur des projets intitules, des éléphants blancs. Je préfère mille fois qu’on investisse dans l’efficience du port que de construire des bâtiments de prestige à droite et à gauche. La priorité du gouvernement doit être d’améliorer l’efficacité des administrations publiques, la qualité du travail fourni tout en motivant davantage les fonctionnaires. Il faut aussi améliorer dramatiquement la gestion des ressources humaines et éliminer le temps perdu dans des procédures inutiles. Il faudrait également faciliter les interactions des citoyens avec l’État, les municipalités, etc. Il y a plein de choses qu’il faut faire tout en réduisant en même temps les dépenses.

Rundheersing Bheenick :
Pour commencer, je crois qu’il est grand temps qu’un ministre des Finances s’inspire plus des vrais défis auxquels est confronté le pays avant d’essayer d’établir le cadre et l’orientation de son Budget. Ce qui nous fait défaut aussi, c’est qu’un budget annuel n’a jamais été un instrument approprié pour fournir le cadre pour des grandes orientations qu’il faut maintenir et suivre à travers des années. Une vision d’ensemble nous fait cruellement défaut. Il est grand temps qu’on interroge les Mauriciens pour avoir leur vue sur ce qu’ils attendent de leur pays et du rôle de celui-ci dans le monde qui nous entoure et qui se développe nous laissant malheureusement à la traîne.


Dans son dernier Country Report sur Maurice, le Fmi recommande au gouvernement de réformer le système de pension et de limiter les dépenses courantes. Doit-on suivre ces prescriptions ?

Rundheersing Bheenick :
Enfin, le FMI se réveille lentement de la torpeur qui semble l’avoir mis hors d’action pendant ces quatre dernières années. Où était cette agence, ces chefs de mission qui ont visité le pays régulièrement alors que M. Padayachy démolissait tout autour de lui comme le National Pensions Fund qu’il a tourné en CSG qui fait faillite et d’autres institutions qui se retrouvent en très mauvaise posture grâce aux ministrations de M. Padayachy et son équipe ? On ne parle pas de l’endettement, de la dégringolade de notre performance en termes de scolarité, d’éducation, de réussite aux examens et de l’employabilité de nos jeunes dans un avenir qui sera orienté davantage vers l’intelligence artificielle et autres secteurs de haute technicité. Croyez-vous sincèrement que ces quatre dernières années nous ont préparés pour faire face à cet avenir ? Ne croyez-vous pas qu’il est grand temps que le ministre des Finances débarrasse le plancher avec toute son équipe et ses autres collègues du conseil des ministres ?

Xavier-Luc Duval :
Il y a trois façons de procéder, soit à travers une croissance réelle forte, une augmentation des taxes et une réduction des gaspillages. C’est probablement une combinaison des trois qu’il faut faire. Reste à savoir où et qui taxer davantage.

Vasant Bunwaree : 
Le FMI tient le même langage à chaque fois y compris à l’époque où j’étais ministre des Finances. Je ne dis pas que ce que l’institution dit n’est pas bon. On peut s’en inspirer, mais l’économie reste la nôtre. À la fin du jour, c’est au ministre des Finances de décider ce qui est valable ou pas. Pour ce qui est de la pension, ce n’est pas à la veille des élections qu’on doit venir avec un ciblage. Attendons la fin des élections pour mettre en place une table ronde réunissant tous les acteurs concernés pour décider du système idéal pour le pays. Après le Budget, je donnerai une indication de ce que j’ai en tête par rapport à la pension, mais le plus important c’est comment trouver les moyens pour permettre au pays d’avoir une politique sociale encore plus valable.  

Quels sont vos conseils pour le Grand Argentier pour le D-Day ?

Vasant Bunwaree : 
Qu’il garde sa lucidité et qu’il tienne bon face aux demandes et qu’il ne se laisse pas influencer par les multiples requêtes d’une année des élections. Qu’il regarde l’avenir et qu’il ne mette pas l’économie en péril. 

Rundheersing Bheenick :
Le meilleur conseil, c’est qu’il écoute pour essayer d’entendre le glas qui sonne. Et qu’il s’interroge pour qui sonne ce glas. Il sonne pour vous monsieur le ministre et vos collègues. De grâce, faites vos valises ! 

Xavier-Luc Duval :
Ce n’est pas mon rôle de donner des conseils. Le ministre des Finances a suffisamment de conseillers pour lui suggérer quoi faire le jour du Budget. 
 

  • LDMG

 

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