Législatives 2019

Les partis émergents veulent révolutionner l’échiquier politique

Participer aux élections générales n’est pas l’apanage des grands partis politiques ou partis dits traditionnels. C’est ce que veulent faire comprendre les partis politiques émergents. Ils sont en faveur du renouvellement de la classe politique et veulent se donner les moyens d’atteindre leurs objectifs. 

Lindsey Collen, porte-parole de Lalit : «Nous menons des actions constamment»

Lindsey Collen

Le parti Lalit se distingue des autres partis politiques de par sa gestion, indique Lindsey Collen, une de ses porte-paroles. Le parti travaille selon un programme qui évolue et les décisions ne sont pas prises en petits comités, mais à travers le processus des actions qui sont menées depuis quarante ans. 

Elle souligne que le parti n’existe pas uniquement le temps d’une élection comme tant d’autres partis qui poussent comme des champignons à chaque joute électorale. « Nous menons des actions constamment et nous n’existons pas que pendant la période des élections », précise-t-elle. 

Lindsey Collen soutient que le manifeste du parti, présenté le jeudi 10 octobre, compile le bilan du parti pour ces cinq dernières années et le programme pour les années à venir. Pour la joute électorale à venir, le parti va présenter des candidats dans chacune des circonscriptions et va mener une campagne nationale pour les faire élire. Lalit souhaite ainsi influencer l’agenda du pays qui peut être la mobilisation des terres par la canne à sucre, le logement pour tout le monde ou encore la santé.

Pour Lindsey Collen, les chances des candidats du parti vont dépendre du sens que la population va donner aux élections. C’est un moyen de façonner la société. « Malheureusement nombreux considèrent les élections comme un match de football », déplore-t-elle. Le rôle de Lalit est de contribuer à développer la société, dit-elle. 

Patrick Philogène, président de Nou Repiblik : «Nous voulons renouveler la classe politique»

Patrick Philogène

Formé il y a cinq ans, Nou Repiblik était avant tout un Think Tank avant de devenir un parti politique depuis un an, explique son président, Patrick Philogène. Son objectif : faire barrage aux partis traditionnels et proposer une alternative de vote aux électeurs. « Cela va être un long processus, mais nous devons commencer quelque part », dit-il. 

Le parti est composé de nombreux jeunes très valables, selon lui. Pour les prochaines élections générales, des candidats seront présentés dans des circonscriptions où ils ont les meilleures chances de se faire élire, explique-t-il. 

« Nous sommes un parti sérieux et valable. C’est pour cela que nous nous présentons à ces élections générales, avec l’objectif de renouveler l’échiquier politique et de permettre aux gens de voter pour un autre parti politique que les partis traditionnels existants qui font souvent de la démagogie et sont sectaires, en fonction de leur électorat », poursuit-il. Le parti s’appuie également sur des valeurs sûres et prône le mauricianisme. « Nous voulons faire avancer les valeurs républicaines d’où notre nom : Nou Repiblik. » 

Selon Patrick Philogène, le parti a de bonnes chances de faire élire ses candidats, car ils sont tous des prétendants valables. « Nous avons un programme sérieux, non sectaire et sans démagogie. Les gens auront la possibilité de voter pour un parti qui ne fait pas de démagogie ni de sectarisme et qui prône une République moderne à laquelle les Mauriciens aspirent ». Le rôle du parti est d’œuvrer pour le renouvellement de la classe politique. « On veut donner l’alternative de vote à chaque citoyen en présentant une nouvelle personne et un nouveau parti, ce qui a cruellement manqué depuis ces cinquante dernières années. »

Roshi Bhadain, leader du Reform Party : «Il est grand temps d’avoir une révolution d’idées»

Roshi Bhadain

Ancien ministre de la Bonne gouvernance, Roshi Bhadain a choisi de quitter le navire du gouvernement sur une question de principe. Il ne voulait pas prêter serment dans un gouvernement où il y avait une passation de pouvoir entre père et fils pour occuper le poste de Premier ministre. Il a alors décidé de créer le Reform Party (RP) dont il est le leader. Le parti a pour président, Daniel Émilien, ancien maire de Beau-Bassin/Rose-Hill. 

Pour Roshi Bhadain, après cinquante ans d’indépendance le système archaïque demande à être réformé. Le RP a ainsi présenté quinze réformes prioritaires, afin de ramener une « joie de vivre » et « un sentiment de bien-être » au sein de la population mauricienne. 

« Il est grand temps d’avoir une révolution d’idées, de technologie, de méthodologie et un rééquilibrage de la société où les jeunes et les moins jeunes peuvent contribuer à une île Maurice moderne où il fait bon vivre et travailler. »

Le RP participe aux élections en présentant des candidats dans toutes les circonscriptions avec pour objectif de les faire tous élire. Cela afin de pouvoir mettre en place ses quinze réformes prioritaires qui touchent à la fois les travailleurs, les jeunes, les retraités et ceux en quête d’un logement. 

Comme slogan pour convaincre la population le RP a choisi : « vot dan ou lamain » et « sanzman dan ou lamain ». Il soutient qu’il a refusé d’être dans une alliance de partis traditionnels. « Nos chances sont entre les mains des électeurs. Nous avons fait notre devoir en donnant un choix à chacun », fait-il comprendre. Ainsi le RP ne part pas la fleur au fusil, mais se présente comme « Gamechanger » à ces élections. 

Front solidarité mauricien (FSM)

Par ailleurs, le Front solidarité mauricien (FSM) sera présent aux élections générales également. Le parti a déjà finalisé la liste de ses soixante candidats selon Cehl Meeah. Le parti a connu un rajeunissement avec un renouvellement des membres. Même si sa liste est prête pour des candidats dans chacune des circonscriptions, le FSM reste néanmoins ouvert pour une éventuelle alliance avec un autre parti. 

Dev Sunassy, secrétaire général de 100 % Citoyens : «Nous voulons arrêter le népotisme»

Dev Sunassy

« La démocratie est malade. Il y a un accaparement politique, économique par deux cliques qui se sont mises d’accord. » Tel est l’avis de Dev Sunassy, secrétaire général du parti 100 % Citoyens. Le parti existe depuis huit ans et a été créé à l’issue d’un exercice démocratique pour élire un leader en la personne de José Moirt et Ivor Tan Yan comme président. « Chaque candidat devait avoir 100 signatures pour soutenir sa candidature », explique-t-il. 

Depuis sa création 100 % Citoyens est sur le terrain pour expliquer sa philosophie. Parmi, lutter contre les inégalités et créer plus d’opportunités pour les jeunes qui représentent l’avenir du pays. Il veut aussi militer contre la corruption et mettre fin à une démocratie que le parti considère bafouée. 

« Nous avons une société corrompue, l’économie est en berne, ce sont tout le temps les mêmes patronymes qui dirigent le pays et rien n’est fait pour les jeunes. Nous voulons arrêter le népotisme, la corruption, combattre les inégalités et surtout faire comprendre aux jeunes que l’avenir est entre leurs mains », dit-il.

Avec 99 % des candidats qui n’ont jamais pratiqué de politique active, 100 % Citoyens veut apporter du sang neuf en participant à la vie politique du pays. Le parti sera présent dans toutes les circonscriptions du pays pour essayer de faire la différence. Il déplore également que la date du 7 novembre ait été choisie pour les élections générales. 

Selon lui cela va priver à un certain nombre de jeunes de la possibilité d’exercer leur droit de vote. « Pravind Jugnauth joue sur la carte de l’abstention en ne donnant pas le loisir aux jeunes de voter. De notre côté, nous voulons qu’ils reprennent confiance en la politique », fait comprendre Dev Sunassy.

Sylvio Michel, Les Verts fraternels : «Nous voulons combattre le réchauffement climatique»

Sylvio Michel

Les Verts fraternels (VF) sont actuellement à la croisée des chemins. Le parti, qui était en négociation pour une alliance avec le Parti travailliste, n’a pas vu ses tentatives aboutir. Les VF cherchaient à obtenir trois tickets. Ainsi le parti va présenter des candidats dans chacune des circonscriptions.  

Parti écologique, les VF ont eu l’occasion de participer à plusieurs élections générales et ont mené plusieurs combats, dont le journal télévisé en kreol morisien, sur la chaîne de télévision nationale, ou que le 1er février soit décrété congé public pour marquer l’abolition de l’esclavage. 

Participer aux élections générales est un moyen pour le parti de faire avancer ses causes. Dans le manifeste présenté lors de l’assemblée générale le dimanche 6 octobre, le parti propose cinq orientations écologiques nationales pour faire face à l’urgence climatique globale. « Nous préconisons différentes mesures pour combattre le réchauffement climatique. » Le parti prône aussi la justice sociale et la réparation des inégalités.

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