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ICT Act : les amendements qui fâchent

Les internautes seront-ils censurés ? La réponse est oui, selon Arvin Boolell et des internautes. La faute aux amendements à l’Information and Communication Technologies (ICT) Act votés à l’Assemblée nationale le mardi 30 octobre. Ces amendements font partie du Judicial and Legal Provisions Bill. 

Ces amendements se lisent comme suit : 

The Information and Communication Technologies Act is amended –  
 (a) in section 2 –  
 (i) by deleting the definition of “message” and replacing it by the following definition –  
 “message” includes any communication whether in the form of speech or other sound, data, text, writings, images, signs, signals or code, or in any other form or combination of forms; 
(ii) in the definition of “telecommunication”, by deleting the words “signs, signals, writing, images, sounds” and replacing them by the words “any message”; 
 (b) in section 46 –  
 (i) in paragraph (g), by deleting the words “or is likely to cause distress or anxiety” and replacing them by the words “which is likely to cause or cause annoyance, humiliation, inconvenience, distress or anxiety to any person”; 
 (ii) in paragraph (h), by repealing subparagraph (ii) and replacing it by the following subparagraph –  
 (ii) which is likely to cause or causes annoyance, humiliation, inconvenience, distress or anxiety to that person; 
 (iii) by inserting, after paragraph (h), the following new paragraph –  
 (ha) uses an information and communication service, including telecommunication service, to impersonate, or by any other means impersonates, another person which is likely to cause or causes annoyance, humiliation, inconvenience, distress or anxiety to that person; 
 (c) in section 47(1), by deleting the words “imprisonment for a term not exceeding 5 years” and replacing them by the words “penal servitude for a term not exceeding 10 years”.


Arvin Boolell : «La liberté d’expression est un droit acquis»

Arvin Boolell, député du Parti travailliste, est catégorique. Selon lui, ces amendements sont anticonstitutionnels. L’ancien ministre du gouvernement de Navin Ramgoolam était l’invité du Grand Journal de Radio Plus animé par Jane Lutchmaya le mardi 6 novembre. « Il faut des discussions avec les parties prenantes et la société civile. On ne peut introduire des amendements à la loi sans consultations. La liberté d’expression est un droit acquis. Notons que je peux acheter sur Internet des outils me permettant de faire ce que je veux anonymement sur les réseaux sociaux. Il ne faut pas non plus oublier qu’Internet n’a pas de frontière. Quand on regarde les termes utilisés dans la loi comme ‘cause annoyance’, ‘humiliation’, ‘inconvenience’, ‘distress’ et ‘anxiety’, ils ne sont pas précis. Avec n’importe quelle publication, je peux être coincé sur des points qui ne tiennent pas en Cour. Je suis sûr que ces amendements, s’ils sont contestés devant la Cour suprême, seront jugés anticonstitutionnels. Des jugements similaires ont été émis au Kenya et en Inde où il ressort que les termes utilisés doivent être précis. On ne peut remettre en cause la liberté d’expression », commente Arvin Boolell. Le député précise que le PTs enlèvera ces amendements s’il retourne au pouvoir. 


La parole donnée aux internautes

Le Défi Media a donné la parole aux premiers concernés : les internautes. Le mardi 6 novembre 2018 sur son site Internet et sa page Facebook, le groupe a demandé aux internautes de commenter ces amendements. Voici un condensé de ces opinions.

KR : Have they considered that the social media platforms are accessible in the whole world, even from space? So what happens if the offence is carried out from a person not in Mauritius? Will they bring (him) to Mauritius to face justice?

JPM : With the Judicial and Legal Provisions Act, it will be sufficient to produce the IP of the user in evidence for the case.

AR : Tous les régimes qui s’écroulent essaient de bâillonner la liberté de parole et de communication. Mais ça ne fait que montrer que ces régimes vont bientôt disparaître. Toutes les révolutions ont commencé avec une tentative de blocage des communications ou des réseaux sociaux. C’est peut-être une nouvelle ère qui s’annonce.

SBS : Dans certains cas, oui c’est très bien, car parfois on voit des insultes qui dépassent les bornes.

JPM : Cela paraît comme une entorse à notre Constitution qui garantit la liberté d’expression sous l’article 10, si je ne me trompe. I can only be responsible for what I say and not for what you understand.

MK : What I don’t understand is if a person annoys another one on Facebook, should not the police request the person’s identity from Facebook ? Will Facebook agree to reveal the identity of the person to the police for a minor comment which will unlikely cause offence in a modern world?

MJ : Très bien.

BJ : Bonne initiative!