Live News

Fièvre aphteuse : le pire aurait-il pu être évité ?

Fièvre aphteuse

L’épizootie de fièvre aphteuse s’aggrave. Dans un premier temps, seuls les petits éleveurs étaient affectés. La semaine dernière, la maladie a touché Socovia, la plus grande ferme de Maurice.

Publicité

Cette situation aurait-elle pu être évitée ?

L’ancien Senior Veterinary Officer du ministère de l’Agro-industrie, le Dr Swaley Abdoola, estime que la situation aurait pu être évitée. Le Dr Deodass Meenowa, chef vétérinaire au ministère de l’Agro-industrie, soutient, quant à lui, que toutes les précautions ont été prises par le ministère.

Le Dr Swaley Abdoola est d’avis qu’une telle situation aurait pu être évitée, si des mesures avaient été prises à temps. « Nous sommes dans une situation grave, qui se détériore et se complique. On n’aurait jamais dû permettre aux animaux de Rodrigues d’entrer à Maurice. Là-bas, l’incertitude régnait parmi les vétérinaires. Ils se sont fiés au premier test uniquement, bien que les symptômes persistaient. Les animaux n’auraient pas dû être acheminés jusqu’au quai. Une autre erreur a été de transporter les animaux au centre de quarantaine de Richelieu », explique-t-il.

Le Dr Swaley Abdoola estime que les autorités mauriciennes ont perdu trop de temps à essayer de comprendre ce qui se passait et comment gérer la situation. Selon lui, entre-temps, le mal avait été fait. « Lorsque le premier cas a été détecté à Vallée-des-Prêtres, les autorités n’ont pas agi promptement. Les vétérinaires sont intervenus après douze heures. C’est suffisant pour que le virus se propage dans la ferme et infecte d’autres animaux. De même, le mauvais vaccin a été importé et plus de temps a été perdu. Le ministère a répété les mêmes erreurs, à plusieurs reprises », ajoute-t-il.

Selon l’ancien Senior Veterinary Officer, le gouvernement aurait dû interdire à Socovia d’importer des animaux. « La ferme est déjà infectée à 70 % et si les précautions nécessaires ne sont pas prises, elle peut être infectée dans son ensemble. Même si les animaux ont été importés d’Afrique du Sud et vaccinés, les risques sont encore importants. Les vétérinaires savent que sept virus peuvent causer cette maladie. Il n’existe aucun vaccin qui peut, d’un seul coup, protéger les animaux. Un vaccin peut seulement protéger une bête contre deux ou trois virus », dit-il.

Le Dr Swaleh Abdoola indique également qu’il y a eu un manque d’expertise et de coordination. « Dès le début, nous avons constaté que c’était le chaos. Le manque d’information et de communication pourrait expliquer que les officiers aient autorisé une cargaison à quitter Rodrigues. »

« Toutes les précautions ont été prises »

Le Dr Deodass Meenowa avance, pour sa part, que le ministère a pris toutes les mesures de précaution nécessaires. « Nous sommes sûrs et certains que jusqu’à présent toutes les mesures prises sont conformes à la sécurité bio. Nous suivons des directives pour l’importation des animaux. Une fois qu’ils sont débarqués au port, une équipe des vétérinaires vérifie leur état de santé, avant qu’ils ne soient mis en quarantaine. C’est une procédure normale que nous suivons depuis des années », confie-t-il.

Le Dr Meenowa explique que la décision de fermer le territoire mauricien n’était pas aussi simple.

« Maurice et Rodrigues font partie du même territoire. Les animaux sont transportés facilement entre les deux îles. Malheureusement, les gens pensent que l’épidémie est arrivée à Maurice de Rodrigues. La procédure normale a été suivie, lorsque la cargaison est arrivée à Maurice. Les vétérinaires ont vérifié les documents de santé et ont inspecté les animaux. Tout était normal. Suivant les règles et les mesures en vigueur, ils ont été transportés au centre de quarantaine. Les lieux ont été désinfectés. Donc, toutes les mesures de précaution ont été prises », relate-t-il.

Le chef vétérinaire souligne que même si les animaux ont été infectés, le ministère a continué à œuvrer pour empêcher la propagation de la maladie. « La vaccination a été effectuée dans un rayon de 15 km autour de l’endroit où l’infection a été détectée. Les mouvements des animaux et du transport ont été réglés strictement. Toutes les personnes en contact avec les animaux désinfectaient leurs chaussures avant d’entrer en contact avec d’autres animaux. La même règle a été appliquée pour les véhicules. Un communiqué a été émis pour sensibiliser le public. Ainsi, le ministère a fait de son mieux pour prévenir la propagation de la maladie », poursuit-il.

Pour le Dr Meenowa, la situation retournera à la normale dans environ un an. « La première phase de vaccination a été complétée. Après 21 jours, une seconde sera effectuée et au bout de quatre mois une troisième dose sera administrée. En même temps, la surveillance est nécessaire. Le sang des animaux sera envoyé au laboratoire pour analyse. Nous devons attendre environ un an. Nous allons aussi mettre en place un plan de restructuration, afin de mieux gérer de telles situations à l’avenir. »

 

Notre service WhatsApp. Vous êtes témoins d`un événement d`actualité ou d`une scène insolite? Envoyez-nous vos photos ou vidéos sur le 5 259 82 00 !