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Fibre patriotique : Maurice veut se rapprocher de sa diaspora

J.M.G. Leclézio (à dr.), prix Nobel de la littérature 2008, est un de ces Mauriciens d’ailleurs qui font la fierté du pays et qui conservent le lien avec la mère patrie.

Les Mauriciens à l’étranger et leurs descendances se comptent aujourd’hui par centaines de milliers. Le gouvernement veut raviver leur fibre patriotique, tisser des liens et les amener à s’investir dans le développement du pays. Un consultant sera embauché pour fournir des données précises à leur sujet. Une « cellule de la diaspora » sera créée pour mettre en œuvre des stratégies de rapprochement.

Il est considéré que la diaspora mauricienne est riche de 200 000 à 500 000 personnes. Celle-ci se trouve principalement en Angleterre, en Australie, en France, en Belgique ou encore au Canada. Le nombre exact de Mauriciens et de leurs descendances à l’étranger et leur nombre par pays reste du domaine de l’inconnu. 

Depuis l’indépendance, les gouvernements ne se sont pas vraiment souciés de leur sort. Mais, il semble qu’il y ait un changement d’attitude de la part des autorités. Celles-ci souhaitent maintenant en savoir davantage sur eux et même tisser des liens avec eux.

« Le gouvernement de Maurice croit fermement que sa communauté qui s’est dispersée outre-mer est un bien précieux pour le développement national », peut-on lire dans le dossier de recrutement pour un consultant qui aura pour tâche de compiler des données exactes sur la diaspora.

Les procédures pour recruter ce consultant, à travers l’International Organisation for Migration (IOM), sont en cours. « Maurice est un “high migration state”. L’émigration a été un phénomène récurrent depuis son indépendance en 1968. Les émigrants mauriciens ont établi des communautés au Royaume-Uni, en Australie et au Canada », indique le dossier d’appel à candidatures lancé en janvier.

Selon les données disponibles, trois quarts de la diaspora mauricienne vivraient dans ces trois pays. Mais, « il y a un manque d’estimation fiable et exacte du nombre de Mauriciens vivant à l’étranger, ainsi qu’une absence de données sur leurs compétences, car les sources nationales de collecte de données ne récoltent pas d’informations sur les Mauriciens vivant à l’étranger ».

Une diaspora de 500 000

Le gouvernement a donc approché l’IOM pour l’aider à trouver un consultant qui pourrait rassembler des données fiables et formuler des stratégies pour renouer des liens. Cette instance intergouvernementale a accepté de financer le projet à travers son IOM Development Fund. Elle assurera la supervision du projet qui a été baptisé « Building the capacity of the Mauritian Government to strengthen linkages with the Mauritian diaspora ».

Le gouvernement espère pouvoir amener sa diaspora à contribuer aux initiatives socio-économiques, culturelles, technologiques et scientifiques à Maurice.

Dans un premier temps, le consultant devra concentrer ses efforts sur l’Australie, le Canada et le Royaume-Uni. « Ces trois pays ont une concentration élevée de Mauriciens pour des raisons historiques. Le Royaume-Uni, en tant que pouvoir culturel, a été attirant pendant des décennies, alors que le Canada et l’Australie sont des destinations récentes, principalement pour des raisons éducatives et économiques », peut-on lire dans le dossier.

En 2015, le ministère de l’Éducation, des Ressources humaines, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique s’était penché sur la question. Elle a estimé que la diaspora mauricienne comptait entre 200 000 et 500 000 personnes. En l’absence d’un recensement officiel, il n’avait pu donner des chiffres plus précis. Il avait relevé qu’il est difficile d’estimer les dernières générations qui ne disposent pas nécessairement de passeports, mais qui sont des membres de la diaspora.

Le consultant devra identifier les stratégies, les défis et les meilleures pratiques pouvant renforcer l’attachement de la diaspora pour sa mère patrie. Celui-ci ne travaillera cependant pas en isolation, mais de concert avec des experts internationaux de l’IOM.

Le gouvernement mauricien souhaite également avoir une analyse approfondie sur l’histoire de l’émigration mauricienne, connaître les raisons du départ de Mauriciens vers l’étranger. Chaque grande vague ayant ses raisons, il s’agit de mieux les comprendre.

Une cellule de la diaspora sera également mise sur pied. Elle sera le point central pour la coordination. Le gouvernement mauricien souhaite également identifier les sujets d’intérêts de la diaspora : investissement direct, transfert des savoirs, contributions philanthropiques, compétences professionnelles... Un premier rapport est attendu en juin 2020.

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