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Des initiatives individuelles pour le bien-être de tous : un juillet sans plastique

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Le Plastic Free July (un juillet sans plastique) est l’occasion de mettre en lumière des initiatives citoyennes visant à réduire ou à éviter l’utilisation du plastique. Certaines ont été entamées en ce mois de juillet et d’autres datent de plusieurs mois. 

Fabienne Harel : «Faites ce que vous pouvez à votre échelle»

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Fabienne Harel livre de petits conseils écolos sur son blog « Reduce Waste Mauritius ».

À 26 ans, Fabienne Harel, graphiste de formation et écolo dans l’âme, dédie sa vie à l’écologie. Elle s’est embarquée dans une nouvelle aventure, il y a quelques mois, en lançant le magasin L’Ecolo à Curepipe. « L’idée du magasin est venue grâce à mes followers sur mon blog Reduce Waste Mauritius. Ils avaient du mal à s’organiser pour acheter tous les produits zéro déchet. J’ai voulu donc proposer un seul point de vente qui regrouperait tous les acteurs du zéro déchet à Maurice. »

Depuis cette transition, la jeune femme ne cesse de trouver de nouvelles idées pour aider les gens à changer leurs habitudes.

En ce Plastic Free July, elle souhaite faire la différence. Elle confie d’ailleurs avoir pris l’habitude de réduire son utilisation de plastique depuis maintenant deux ans. « Je dois dire que je ne change pas mes habitudes pour ce Plastic Free July. Mais j’essaye de faire passer le mot le plus possible et j’incite mes amis, ma famille et mes clients à se donner à fond, en espérant qu’ils gardent cette habitude plus d’un mois. »

Salon Fabienne Harel, chaque petit geste est un pas en avant. « Faites ce que vous pouvez à votre échelle. »

Elle recommande ainsi aux jeunes comme elle de porter leurs conteneurs pour acheter de la viande, du poulet ou du fromage au rayon frais du supermarché. Portez les sacs réutilisables pour légumes, refusez les pailles en plastique. Achetez une gourde et remplissez-la à chaque fois plutôt que d’acheter des bouteilles d’eau. « Privilégiez les boissons dans des bouteilles en verre. Je partage bien d’autres astuces tous les jours sur mon blog Reduce Waste Mauritius. »

Sidharta Runganaikaloo : «Une alternative durable et moins coûteuse»

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Cela fait quatre ans que Sidharta Runganaikaloo réalise le défi Juillet sans plastique.

Cela fait quatre ans que Sidharta Runganaikaloo, 27 ans, participe au challenge Juillet sans plastique. Tout a commencé par un défi réalisé avec un groupe d’amis pour éviter de consommer de l’eau en bouteilles en plastique. Le défi a duré un mois.

« Cela m’a fait réaliser à quel point cela peut être facile de changer pour une alternative durable et moins coûteuse. Auparavant, j’achetais deux packs d’eau en bouteille en plastique par semaine. J’utilisais un sac en plastique pour chacune de mes emplettes. Je mangeais souvent à l’extérieur. Après ce défi, j’ai commencé à changer ma façon de faire des achats. Désormais, j’opte pour des produits de seconde-main et je recycle autant que je peux les choses que je ne vais plus utiliser », dit-elle. 

Sidharta Runganaikaloo utilise une gourde, a banni les sacs en plastique et marche avec son kit en bambou (cuillère, fourchette et couteau). Elle a également changé de brosse à dents. Elle en utilise une faite à partir du bambou.

« L’initiative Juillet sans plastique nous aide à prendre conscience que le plastique peut être remplacé par des alternatives durables. En tant que consommateurs, nous devons être responsables de nos choix. Nous devons faire des choix qui n’affecteront pas notre écosystème et notre biodiversité », estime-t-elle. 

Elle fait ressortir que le plastique est une matière qui ne se décompose pas avant 400 ans. Il contient aussi des agents toxiques, qui sont nocifs pour la santé. « L’objectif est de réduire notre consommation de plastique en déterminant si un produit en plastique peut être utilisé à long ou à court terme. Une paille, par exemple, est une option à court terme. Le chargeur de téléphone portable est aussi en plastique, mais peut être utilisé plus longtemps », dit-elle. 

Elle explique que Juillet sans plastique est une campagne de sensibilisation qui a commencé avec l’Australie en 2016. « La pollution par le plastique est un des problèmes climatiques qui suscitent un débat en ce moment. En tant que consommateurs, nous n’avons pas réalisé à quel point l’utilisation subtile du plastique s’est greffée à notre quotidien. Ce qui était un produit de convenance est devenu une nuisance pour l’environnement et aussi pour la santé », fait-elle observer. 

Meghna Raghoobar : «Je ne sors jamais sans mon plastic-free kit»

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Pour ses 30 ans, Meghna a initié le projet d’installer trente fontaines d’eau à travers l’île.

De petits gestes peuvent faire la différence et ce n’est pas Meghna Raghoobar qui vous dira le contraire. Cette jeune femme qui est sur tous les fronts est la cofondatrice et la CEO de SYAH, une organisation régionale qui travaille avec les jeunes des petits états insulaires en développement (PEID) d’Afrique et d’Asie, afin de réaliser des actions concrètes du développement durable dans ces îles. Pendant les six dernières années, elle a beaucoup milité pour la représentation des jeunes insulaires dans les plaidoyers internationaux concernant la vulnérabilité des PEID.

Cette jeune femme de 29 ans est aussi la fondatrice et directrice d’Holisti-zen, une société qui organise des bootcamps et des retraites écozen, afin de promouvoir le bien-être dans la nature, tout en la protégeant. Elle est très suivie sur son fan page Facebook avec presque 12 000 followers à ce jour et espère toucher plus de 100 000 personnes d’ici la fin de cette année pour plus d’impact à travers ses vlogs informatifs.

Bien qu’elle ne soit pas encore 100 % zéro plastique à la maison, Meghna y travaille. « Ce Plastic Free July est un test qui me permet de réaliser que j’ai encore un bon bout de chemin à faire personnellement et pour Maurice afin de nous devenions complètement zéro déchet. Mais les petits gestes que je fais en ce moment comptent. Je n’utilise pas de pailles en plastique et je suis beaucoup plus ferme là-dessus au restaurant. »

Dans les foodcourts par exemple, Meghna se munit de son plastic-free kit pour éviter les cuillères/fourchettes en plastique, n’achète pas des bouteilles en plastique. « Ma maman et moi fabriquons nos propres produits de beauté autant que possible naturels. »

À plus grande échelle, Meghna souhaite vraiment faire la différence. Ainsi pour ses 30 ans, elle a initié le projet d’installer trente fontaines d’eau, soit quinze dans les écoles et quinze dans les places publiques, afin de diminuer la consommation de bouteilles en plastique. « J’invite le public à me rejoindre dans cette démarche. En participant à mes 30 bootcamps, qui commencent ce dimanche et se terminent en mai 2020, les fonds récoltés seront reversés à cette cause », explique-t-elle. Et d’ajouter, « si chacun fait sa part, la planète sera sauvée. Soyons unis dans cette démarche pour nous, nos enfants et les générations futures. Commencez par avoir votre bouteille réutilisable. »

Nishta Goopee : À l’encre de l’écologie

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Nishta Goopee a fait de l’entrepreneuriat vert son dada.

Nishta Goopee a fait de l’entrepreneuriat vert son dada. Cela fait deux mois que son entreprise Arcturus Sphere commercialise des crayons et des plumes faits à partir de papier recyclé. Il existe aussi une gamme de crayons réalisés à partir de journaux recyclés. 

« Il y a un engouement pour ces crayons et plumes. Les enfants comme les adultes en sont friands. Il y a deux semaines, j’ai participé à une foire au Lycée des Mascareignes à Moka. Les gens ont effectué le trajet de Camp-Fouquereaux et de Flic-en-Flac pour acheter les crayons et les plumes. Cela m’a fait plaisir. Une initiative individuelle qui commence à avoir un impact. Certaines compagnies ont aussi placé leurs commandes pour en offrir comme cadeaux de fin d’année », ajoute-t-elle. Un crayon se vend à Rs 8 ou à Rs 10 l’unité. Le prix dépend de la quantité achetée. 

La jeune femme exerce comme enseignante en langue anglaise depuis 2007. La protection de l’environnement lui tient à cœur depuis qu’elle est très jeune. Il y a quelques mois, elle réalise qu’un petit geste peut avoir un grand impact. « Je me sentais coupable d’utiliser des plumes en plastique. L’encre aussi a une conséquence négative sur la nature », indique-t-elle.

Pendant plusieurs mois, cette enseignante encourage ses élèves à ne pas jeter leur plume et à les conserver. Ensuite, des structures décoratives sont montées avec ces plumes collectées. Entre-temps, elle tombe sur une alternative verte. Elle découvre des crayons et des plumes fabriqués à partir du papier recyclé. 

Nishta Goopee fournit également des paniers en papiers à ses revendeurs, afin que les plumes en papier soient collectées. « La plume est certes en papier, mais l’encre se trouve dans un tube en plastique. Nous allons les collecter, une fois l’encre épuisée, et les remettre à un artiste mauricien. Il travaille sur un concept pour se servir de ces tubes sans avoir à les jeter. » 

Acturus Sphere propose des produits adaptés au corps, au cœur et à l’esprit. Pour le corps, il y a des savonnettes ; l’encens aux fleurs, des crayons et des plumes en papier pour l’esprit ; des pierres précieuses pour l’infinité. 

Nishta Goopee et ses étudiants ont également développé une application mobile appelée Proze Pro. Elle contient des informations sur la collecte des déchets, le recyclage et le upcycle. « Les Mauriciens ne sont pas à blâmer, car ils ne savent comment se débarrasser de leurs déchets correctement, par exemple les appareils électroménagers ou les meubles. L’application propose une liste de compagnies qui peuvent proposer les services de collecte, de recyclage et d’upcycle. Nous avons reçu l’aide d’un groupe d’étudiants de Curtin University pour créer l’application mobile. Mes étudiants et moi avons généré l’idée, le design et les fonctionnalités », cela dans le cadre de la compétition Young Mauritians Plan for the Planet, organisée par le Rajiv Gandhi Science Centre. L’objectif est de trouver des idées pratiques permettant de réaliser les 17 Sustainable Development Goals établis par les Nations unies en 2016.

Plastic Free July : Un mouvement planétaire

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Les étudiants de l’université Loyola, de Chicago, ont participé au mois Juillet sans plastique, en évitant le plastique à usage unique, dont les pailles.

Plastic Free July est une campagne menée par la Plastic Free Foundation. Chaque année, des millions de personnes dans le monde relèvent le défi et choisissent de refuser les objets en plastique à usage unique. L’objectif de cette campagne étant de contribuer à un monde sans déchets plastiques.

Plastic Free Foundation Ltd est une organisation indépendante à but non lucratif créée en 2017. Plastic Free July est une initiative clé de la Plastic Free Foundation. Depuis ses débuts modestes en 2011, la campagne est le résultat d’années de travail acharné.

Elle a été lancée par Rebecca Prince-Ruiz (fondatrice de la Plastic Free Foundation) et une petite équipe du gouvernement local de l’Australie occidentale. C’est une des campagnes environnementales les plus influentes au monde. Des millions de personnes y participent chaque année. Nombre d’entre elles se sont engagées à réduire la pollution par le plastique au-delà du mois de juillet.

En chiffres

Ce mouvement a inspiré plus de 120 millions de participants dans 177 pays.

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