Economie

Artisanat : le secteur de la vannerie et du rotin menacé par la technologie

Artisanat : le secteur de la vannerie et du rotin menacé par la technologie

Les avancées de la technologie n’apportent pas que des bénéfices aux entreprises. Certains secteurs traditionnels, parmi lesquels l’artisanat, sont menacés de disparition. Le secteur de la vannerie et du rotin est le premier à être affecté, d’autant qu’il n’attire aucun jeune. Pour quelles raisons ? Rencontre avec quatre artisans. 


Jiranee BuleeramJiranee Buleeram : « Il faut encourager les jeunes à prendre la relève »

Jiranee Buleeram, 80 ans, compte 50 ans d’expérience dans l’artisanat.  Avec le soutien de ses proches, elle gère trois boutiques, à Brisée-Verdière, au Caudan et à Belle Mare, où elle écoule ses paniers fabriqués à base de feuilles de Vacoas. « La profession a beaucoup changé et n’est plus reconnue à sa juste valeur.

Ce métier est en voie de disparition. Pourquoi former un jeune si c'est pour ne pas avoir de travail après ses études? Il faut encourager nos jeunes à se lancer dans l’artisanat. J’enseigne à mes petits-enfants la fabrication des paniers pour qu’ils puissent prendre la relève », avance-t-elle.


Reotee-BuleeramReotee Buleeram : « J’ai transmis mes connaissances à ma belle-fille »

À 74 ans, Reotee Buleeram n’a pas l’intention de lever le pied. Avec 40 années d’expérience, elle tisse à la main des paniers traditionnels dans son atelier à Brisée-Verdière. « Ma belle-mère m’a tout appris sur l’artisanat », révèle Reotee. Son objectif est de transmettre son héritage à la prochaine génération de vanniers. Et d’ajouter  : «  Comme ce métier est en voie de disparition, je l’ai appris à ma belle-fille. D’ailleurs, tous les paniers de plage que j’ai conçus sont fabriqués à base de plastique recyclé ». 

Ses produits, affirme-t-elle, sont très solides. Elle continue d'employer la méthode traditionnelle de tissage manuel. « Presque tous mes paniers sont fabriqués à base de feuilles de Vacoas que je cultive dans mon jardin et j’achète du plastique aussi », confie Reotee en souriant. Le tissage est en fait la partie la plus facile du travail. « Je passe mes journées à faire pousser les plantes puis à les sécher, et les préparer pour tisser », souligne-t-elle. 


Rita SivramRita Sivram : « La technologie nous fait du tort »

Rita Sivram applique des méthodes traditionnelles pour fabriquer les produits en rotin qu’elle fournit à des hôtels. Elle possède 20 ans d’expérience. « Mes paniers sont en rotin. L’artisanat s’est transmis dans ma famille », soutient Rita. Ce métier est en voie de disparition et elle essaie de partager ses connaissances en donnant des cours dans les centres.

En outre, son but est de léguer son héritage artisanal à ses fils. « Mes fils et moi créons des fauteuils en rotin, selon le choix du client. Travailler le rotin nécessite de la patience qui s’efface facilement dans le monde rapide de la production moderne, envahie par la technologie », affirme-t-elle.


Said MawlabaccusSaïd Mawlabaccus : « Un manque d’intérêt des jeunes »

Depuis leur atelier familial situé à Brisée-Verdière, Mawlabaccus Moosvally et son fils Saïd créent depuis plus de 40 ans des produits d’artisanat en rotin. Selon ce dernier ce métier est en voie de disparition en raison d’un manque d’intérêt des jeunes. Malgré cela, il essaie de partager ses connaissances avec ses proches.

Artisans à part entière, ils utilisent des méthodes traditionnelles pour réaliser les fauteuils en rotin que l’on peut voir dans certains hôtels et chez des particuliers. « Les clients de l’hôtel sont surpris et très satisfaits lorsqu’ils découvrent que nous fabriquons tout à la main pour assurer la qualité du produit. Une machine ne sera jamais capable de travailler le bois comme je le fais.  Travailler le rotin en bambou demande de la patience et du savoir-faire. Par exemple, on commence par gratter chaque pièce et on la laisse tremper pendant la nuit pour l’adoucir afin de la plier le lendemain. La fabrication d’une chaise requiert deux jours », conclut-il.

Faits notables

  • Dans un monde qui vit au rythme de la mondialisation, certaines entreprises mauriciennes essaient de faire perdurer le produit artisanal. Ce sont des produits traditionnels qui dépendent le plus souvent du savoir-faire d’une région ou de personnes âgées.
  • Ces produits sont réalisés de la façon dont cela se faisait dans le passé. 
  • Pour maintenir ce gage de qualité et d’authenticité, les compagnies doivent suivre un ensemble de normes pour préserver une fabrication artisanale et non industrielle.

Prix commercialisé

  • Les prix pour le panier vacoas ou plastique oscillent entre Rs 150 et Rs 800.
  • Le prix pour le fauteuil en rotin va de Rs 1 500 à Rs  8  000 avec une garantie d’un an.