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Anaïs Boullé : «Je n’aime pas l’injustice»

Anaïs Boullé La présidente du Collectif arc en ciel fait ressortir que la marche des fiertés ou gay pride n’est pas une fête ou un carnaval.

Anaïs Boullé, 33 ans, se décrit comme une épicurienne. Elle aime les bonnes choses. Après avoir fait des études en France et aux États-Unis, elle est devenue la présidente du Collectif arc en ciel en septembre 2018. Depuis, elle aide dans la lutte contre l’homophobie et toutes les discriminations fondées sur l’orientation sexuelle et l’identité du genre. 

La quatorzième édition de la marche annuelle organisée par le Collectif arc en ciel (CAEC) s’est tenue le samedi 15 juin au Jardin de la Compagnie, à Port-Louis. Cette année, l’association a choisi de faire évoluer « la marche des fiertés », qui est devenue « la marche pour l’égalité ». Le rassemblement vise toujours à célébrer l’amour, le respect et la tolérance, mais en portant un discours d’égalité pour tous les Mauriciens. Anaïs Boullé, présidente du CAEC, dresse un bilan positif. 

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Cette femme originaire de Curepipe fait partie du Collectif arc en ciel depuis 2017.

« Nous remercions les forces de l’ordre d’avoir mis en place les dispositifs nécessaires, afin que tout citoyen puisse venir marcher dans la capitale. Nous nous attendions à plus de monde, certes, mais je pense qu’une partie des participants éventuels se sont sentis encore vulnérables et sans garantie pour leur sécurité par rapport aux menaces/violences verbales reçues l’année dernière. Le professionnalisme de la police, cette année, a rassuré, de près ou de loin, ceux qui supportaient cette marche et ces revendications. L’année prochaine, nous serons d’autant plus nombreux. Je vous donne déjà rendez-vous le premier samedi de juin 2020 », annonce-t-elle. 

La présidente fait ressortir que la marche des fiertés ou gay pride, comme appelée plus communément, n’est pas une fête ou un carnaval. C’est avant tout un rassemblement citoyen pour revendiquer des droits égaux pour tous dans un pays. « La marche pour l’égalité pour les mêmes droits : ni plus ni moins. Accorder les mêmes droits aux personnes LGBT ne diminue pas ceux des autres », fait-elle comprendre. 

Le combat du CAEC est le même depuis sa création, c’est-à-dire, la lutte contre l´homophobie et toutes les discriminations fondées sur l´orientation sexuelle et l’identité de genre. « Il y a encore beaucoup d’amélioration à apporter au niveau législatif mauricien, afin que les droits humains englobent complètement la problématique LGBT. Par exemple, l’identité transgenre n’est toujours pas une réalité et les citoyens transgenres sont, à ce jour, inexistants légalement. Le CAEC veut susciter l’action, afin d’attirer l’attention du grand public, des médias et des décideurs politiques. Il souhaite aussi renforcer la visibilité des activistes à Maurice, afin de mettre en place des partenariats entre diverses structures. Il met an avant des messages contre l’homophobie et la transphobie à travers des campagnes, entre autres », indique-t-elle.

L’identité transgenre n’est toujours pas une réalité et les citoyens transgenres sont, à ce jour, inexistants légalement»

Le CAEC va renforcer son plaidoyer et ses actions légales, afin de s’assurer que ses revendications ne restent pas vaines. « Nous travaillons, nous consommons, nous votons et pourtant, les citoyens LGBTQIA sont toujours des citoyens de 2e classe. À titre d’exemple : une personne trans peut se faire virer légalement de son travail juste parce qu’elle est trans. L’Equal Opportunities Act ne la protège pas contre les discriminations. La Section 282 du Code pénal interdit d’inciter à la haine envers une section de la population distinguée par la couleur, l’origine, l’opinion politique, la religion. Mais il n’y a rien sur l’orientation sexuelle, rien sur l’identité de genre. Quand les gens déversent toute leur violence verbale sur la communauté LGBTQIA, la loi ne nous permet pas de porter plainte pour incitation à la haine. Le combat est encore long, mais on ne veut rien lâcher », ajoute-t-elle. 

D’ailleurs, cette femme originaire de Curepipe fait partie du CAEC depuis 2017. Elle donne de son temps pour une cause importante : l’égalité de traitement pour tous les êtres humains et les mêmes droits pour tous.

« J’estime qu’il est temps de réparer les torts faits à l’égard de la minorité LGBTQIA. Les événements dramatiques du 2 juin 2018 ont renforcé mon engagement pour la cause LGBT. En septembre, le collectif devait renouveler les postes clés et je me suis présentée au vote », raconte-t-elle. Elle ajoute que la prochaine assemblée générale annuelle se tiendra en août. « Nous sommes constamment à la recherche de membres. Donc, les Mauriciens sont les bienvenus s’ils souhaitent rejoindre le mouvement », explique-t-elle.

En tant que présidente, son rôle ainsi que celui des autres membres du conseil d’administration du CAEC consiste à prendre les décisions clés pour la pérennité du collectif et surtout en faveur de la croissance de son rôle au sein de la société. « Les employés du collectif œuvrent au quotidien pour coordonner les opérations et accomplir les missions », poursuit-elle.

Anaïs Boullé a fait des études en langues étrangères, puis en marketing/communication en France et aux États-Unis. Elle a ensuite travaillé dans la vente et la relation clientèle. « Avec du recul, je me dis que j’aurais peut-être dû faire avocate. Je n’aime pas l’injustice ! En attendant, être bénévole pour le CAEC me permet d’explorer cette facette de ma personnalité et de me battre pour mes convictions », confie-t-elle. 

La jeune femme aime les gens et rire… « Sinon, la vie ne vaut pas la peine d’être vécue ! » 

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