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Aides de l’État : Rs 12 550 pour les salariés, Rs 2 550 pour les indépendants

L’État soutiendra les entreprises et les travailleurs indépendants, a annoncé le ministre des Finances, Renganaden Padayachy, le jeudi 11 mars. L’État compte contribuer à l’équivalent de deux semaines de salaires. Objectif : minimiser l’impact du confinement. Combien percevront-ils ? Quand seront-ils payés ? Éléments de réponse !

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Le montant de la contribution

  • Wage Assistance Scheme : Le gouvernement paiera le salaire de tous les employés pour deux semaines. Si on se base sur le montant de l’année dernière – la limite pour le paiement de salaire était de Rs 25 000 par mois, le montant contribué est de Rs 12 500. La seule différence cette année est que l’inflation est prise en compte dans le calcul. Ainsi, c’est une somme maximale de Rs 12 550 par employé qui sera versée aux entreprises, selon nos recoupements.
  • Self Employed Assistance Scheme : Les travailleurs indépendants toucheront Rs 2 550. Cette somme couvrent les deux semaines du lockdown (Ndlr : c’est la moitié des Rs 5 100 accordées l’an dernier car le confinement n’est que deux semaines cette fois-ci. Une nouvelle fois, l’inflation a été prise en compte).

Il a dit

Renganaden Padayachy : « Ce nouveau confinement a un impact sur notre économie. En tant que gouvernement responsable, nous travaillons pour soulager toute la population, les entrepreneurs et tous les employés. »

Le paiement

Les entreprises et les travailleurs indépendants souhaitant bénéficier de l’aide de l’État devront adresser leurs demandes auprès de la Mauritius Revenue Authority (MRA). Le formulaire de demande est disponible sur le site Web de la MRA : www.mra.mu. Les paiements seront effectués à partir du 20 mars.

Comment ces mesures seront-elles financées ?

« Dans le dernier Budget, nous avions fait des provisions dans l’éventualité de devoir de nouveau contribuer au paiement des salaires de nos compatriotes. Nous utiliserons ces provisions et nous continuerons à financer les salaires si besoin est », a souligné le ministre. En sus, a-t-il ajouté, la Banque de Maurice dispose de 13,4 mois d’importations. « Cette réserve a été constituée pour des moments difficiles et nous sommes actuellement dans ce cas de figure », fait-il ressortir.

Un guichet pour les doléances des entrepreneurs

Un guichet sera accessible à partir de ce lundi 15 mars sur le site Web du ministère des Finances (https://mof.govmu.org/). Il servira à assister et répondre aux doléances. « Les entrepreneurs pourront faire part de leurs difficultés. Les institutions concernées se tourneront très vite vers eux. Nous travaillons de sorte à ce qu’il n’y ait pas de désordre au niveau des entrepreneurs », a indiqué Renganaden Padayachy.

Solutions pour le remboursement des prêts

Le ministre des Finances a aussi indiqué que la Banque de Maurice travaille actuellement sur les modalités pour différer les paiements, que ce soit sur le capital et les intérêts. « La BoM viendra rapidement avec des solutions », a-t-il promis. À savoir qu’une réunion réunissant les Finances, la Banque de Maurice, la Mauritius Investment Corporation s’est tenue ce jeudi 11 mars pour se pencher sur les mesures à prendre pour soulager les opérateurs économiques et les employés.

La MRA dévoilera les modalités ce vendredi

Selon nos recoupements, la Mauritius Revenue Authority émettra un communiqué sur les modalités du Wage Assistance Scheme et le Self Employed Assistance Scheme ce vendredi. « Il y a des règlements à revoir et des procédures à respecter avant de finaliser les modalités », indique une source.

Mise en place d’un comité sur les finances publiques

Moody’s a revu récemment la notation de Maurice (Ndlr : nous sommes passés de Baa1 à Baa2). Commentant cette nouvelle, Renganaden Padayachy a souligné : « Moody’s nous a classifiés comme un investissement de qualité. Cette classification est importante pour le pays. Nous travaillons pour tenir et maintenir notre indépendance financière, mais aussi notre trajectoire fiscale ». Il a aussi annoncé la mise en  place d’un comité de pilotage de la soutenabilité des finances publiques. Le comité, qui sera présidé par le secrétaire financier, Dev Manraj et le Gouverneur de la Banque de Maurice, aura sa première réunion ce lundi 15 mars. 


Réactions

François de Grivel, industriel :  « Un grant ou un prêt sans intérêt serait mieux »

« Ces aides sont essentielles. On ne peut arrêter l’économie sans qu’il y ait un soutien de l’État, soit sous forme de grant ou de prêt », commente l’industriel François de Grivel. Aujourd’hui, poursuit-il, les entreprises ont besoin de cette aide. « Elles ne sont pas très liquides d’un point de vue de facilité financière. Un ‘grant’ ou un prêt sur une période de 4 ans à 5 ans sans intérêt serait mieux », recommande-t-il. Pour l’industriel, ce sera dans l’avantage de non seulement des entreprises, mais aussi de l’État, car il permettra d’éviter le chômage et les problèmes sociaux qui peuvent en découler. « Nous souhaitons que cette période de confinement soit la plus courte possible car si elle dure plus longtemps, ce sera très sérieux pour l’économie nationale », a-t-il conclu.

Kalyanee Hurry, entrepreneure : « Une rentrée d’argent qui va nous soulager »

« C’est une bonne initiative, surtout pour les PME ». C’est en ces termes que Kalyanee Hurry, directrice de Flavours of Mauritius (Ndlr : une PME spécialisée dans la confection de snacks), a commenté la décision du gouvernement de contribuer aux paiements des salaires pendant le confinement. « En tant que PME, nous n’avons pas un ‘working capital’ important. Nous travaillons sur des petits profits et à crédit. Donc, c’est une rentrée d’argent qui va nous soulager », a-t-elle soutenu. L’entrepreneure ne cache, toutefois, ses inquiétudes. « Le confinement aura un impact sur nos activités. Avec les congés et le long week-end, on s’attendait à des bonnes ventes, mais les données ont changé depuis. Prions pour que la situation s’améliore rapidement et que nous puissions tous redémarrer nos activités normalement », souligne-t-elle.


Travailleurs indépendants : sentiments mitigés

Les travailleurs indépendants bénéficieront d’une somme de Rs 2 550 durant les deux semaines de confinement. Comment accueillent-ils cette décision gouvernementale ? Réactions.

Vimla  Mootoosamy : «  Je suis contente… »

vimlaVimla Mootoosamy, une couturière de 42 ans, habitant Bel-Air, dit accueillir favorablement cette annonce du ministre des Finances. « Je suis contente. Cela nous soulage, car nous avons un loyer à payer tous les mois ». Toutefois, elle explique que l’an dernier, elle n’a pu obtenir cette somme bien qu’elle avait soumis sa demande. Elle n’était pas éligible, lui avait-on dit. Elle espère obtenir cet argent cette fois pour pouvoir faire face à cette situation difficile.


Kevin : « Mieux que rien du tout »

Kevin, la quarantaine, entrepreneur en plomberie, en travaux électriques et en maçonnerie, accueille cette décision avec amertume. Il soutient que cette somme ne représente rien comparé à ses dépenses. Toutefois, il se dit que cette somme est mieux que rien du tout. Il dit qu’il arrive à survivre grâce à ses économies qu’il a pu faire suite au confinement de l’année dernière. « Nou dan lanbara. Si pa ti ena lekonomi, nou ti pou dan dilo », affirme l’entrepreneur.


Ricardo Merne : «  Mes commandes ont été annulées »

ricardoRicardo Merne, 40 ans, engagé dans l’élevage et la vente des fruits de mer, est catégorique. Cette somme n’est pas suffisante pour l’aider à faire face à ces grosses pertes qu’il est en train de subir. « C’est très dur pour moi en ce moment. Cela avait été difficile pour moi de redémarrer, mais j’avais pu trouver des clients pour mes produits. Avec le confinement, ils ont annulé leurs commandes », dit-il.


Sabrina: « Une somme loin d’être suffisante »

« Rs 2 550 ! It’s peanuts. Ce n’est certainement pas assez pour nous qui travaillons à notre propre compte. Sans compter les factures qu’il nous faut régler », dit Sabrina, une couturière spécialisée dans les robes de mariée. Cette mère de deux enfants, qui habite Beau-Bassin, affirme que ce sera difficile pour elle, surtout avec les dépenses courantes. « On se tue à la tâche pour pouvoir joindre les deux bouts. Durant le confinement, on ne bénéficie même pas des promos dans les supermarchés. Aussi, j’ai mon loyer et les factures à payer. Cette somme est loin de pouvoir me soulager », affirme Sabrina, dont le mari est un pensionné.

 

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