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Turbine à gaz : la publication du rapport Poten and Partners relance le projet

S’apprête-t-on à faire revivre le projet de Comhined Cycle Gas Turbine ? Le rapport des consultants de Poten and Partners qui a été déposé à l’Assemblée nationale, mardi, indique qu’ils ont donné leur feu vert pour la mise en œuvre du projet de Liquefied Natural Gas (LNG) à Maurice. Les consultants  sont cependant moins optimistes au sujet du bunkering.

Envoyé aux oubliettes pendant un certain temps, le projet de Combined Cycle Gas Turbine (CCGT) a été relancé, mardi, à la suite du dépôt à l’Assemblée nationale du rapport Poten and Partners par le ministre des Services publics, Ivan Collendavelloo. Ce dernier a annoncé qu’il a finalement décidé de déposer une partie du rapport à la bibliothèque de l’Assemblée nationale. Il a expliqué ne pas pouvoir publier l’intégralité de ce document, car certains chapitres comprennent des aspects susceptibles d’influencer les procédures d’appels d’offres. L’opposition parlementaire qui s’est plusieurs fois exprimé contre la réalisation de ce projet, a longuement réclamé que le ministre Collendavelloo rende ce rapport public et l’avait également accusé d’avoir lancé l’appel d’offres avant même la publication du rapport Poten and Partners.

Le projet de CCGT tire toute sa complexité dans le fait qu’il doit être réalisé en deux phases. La première consiste à installer deux turbines qui fonctionneront au diesel et la deuxième phase au gaz naturel. Le Central Electricity Board (CEB) a, pour sa part, lancé un appel d’offres pour la première phase du projet depuis l’année dernière, et a déjà subi plusieurs revers. Il y a eu, dans un premier temps, une contestation de la société espagnole, TSK Electronica Y Electricidad S.A auprès de l’Independent Review Panel. Cette société s’était opposée à l’allocation du contrat à la firme grecque Mythilineos Holdings S.A. Et l’IRP avait donné raison aux contestataires et avait ordonné une réévaluation.

Suite à ce développement survenu en décembre 2018, le ministère des Finances avait émis plusieurs circulaires qui ont davantage retardé toutes les procédures. Le ministère des Finances avait notamment informé tous les Supervising Officers et Accounting Officers des ministères et départements que toute réévaluation à la suite de la décision de l’IRP, devra être faite par un nouveau comité. Le management du CEB avait fini par se faire à l’idée que le projet n’irait finalement pas de l’avant en raison des contestations politiques, aussi bien au sein de l’opposition que de la majorité gouvernementale.

L’organisme avait d’ailleurs déjà commencé à réfléchir à un plan B, d’autant plus que le Central Procurement Board , qui a terminé son exercice de réévaluation, a cette fois sommé le CEB de se tourner vers le ministère des Finances pour s’expliquer sur la structure qu’elle compte mettre en place pour assurer le financement du projet. On apprend que le CEB a déjà adressé une correspondance à ce ministère pour l’informer qu’il disposait déjà du financement nécessaire, sauf que le ministère des Finances, n’est pas encore revenu vers le CEB.

Albion et Port-Louis, des sites favorables

Une source proche du dossier au CEB accueille favorablement la publication du rapport car, selon lui, cela implique que le conseil des ministres a été consulté avant que ce document ne soit déposé à l’Assemblée nationale. 

Le rapport Potten and Partners qui s’est uniquement appesanti sur la possibilité de l’utilisation, de la production et du stockage du gaz naturel à Maurice, a fait comprendre que c’était tout à fait faisable. Albion ainsi que Port-Louis ont été désignés comme sites favorables pour mettre sur pied les infrastructures pour l’importation et le stockage du LNG. Ces sites étant protégés des alizés du sud-est. Les consultants soulignent cependant que l’approvisionnement de Maurice en gaz naturel est relativement faible soit : 240 kt (kilotonnes) par an en 2023 à 500 kt par an en 2040. 

L’utilisation du LNG sera principalement utilisé pour le secteur de la production électrique, les industries, et le transport. Le rapport prévoit qu’en 2023, 240 kt par an pourra être utilisé pour la production électrique, 0,2 kt/an pour les industries et 1,7 kt par an pour le secteur du transport. Les consultants sont cependant moins optimistes concernant le bunkering, car les perspectives d’imports et d’exports sont relativement faibles. Cela ne vaut donc pas la peine de se lancer dans un tel secteur. 

Concernant les infrastructures, il faudra revoir celles qui existent déjà pour le LPG (Liquefied Petroleum Gas). Dans le cas d’Albion, le consultant préconise un système de jetée à double mouillages qui pourra, en même temps charger et décharger le LNG.  Poten and Partners souligne que l’utilisation du LNG aidera à réduire l’émission du dioxyde de carbone jusqu’à 50 %, et réduire l’émission du soufre et l’azote par 85 %. Il est aussi important de souligner que le LNG est également convoité, depuis peu, par la State Trading Corporation. Reste à savoir qui du CEB ou de la STC obtiendra la responsabilité de lancer le projet.

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