Stockage de produits chimiques dans les entrepôts : 435 sites à haut risque répertoriés à travers Maurice
Par
Fabrice Jaulim
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Fabrice Jaulim
L’incendie de 21,6 tonnes de Sodium Hydrosulfite dans un conteneur situé dans l’entrepôt de l’usine CMT de La Tour Koenig, il y a trois semaines, remet en question le stockage de produits chimiques dans les entrepôts des usines. De 2015 à ce jour, le ministère du Travail a épinglé 611 employeurs qui ne respectaient pas les critères établis pour le stockage des produits chimiques. Enquête.
Quels sont les endroits où ces produits sont stockés ? Quels sont les critères à respecter lors du stockage de ces substances hautement toxiques ? Autant de questions que le public se pose depuis l’explosion chez CMT.
La loi est claire concernant le stockage des produits chimiques. Aucune substance chimique considérée comme extrêmement dangereuse ne doit être stockée sans une autorisation délivrée par les autorités concernées. C’est le Dangerous Chemical Control Board (composé d’officiers des ministères de l’Environnement, Santé, Travail et des Mauritius Fire and Rescue Services, entre autres) qui régularise l’importation et le stockage des produits chimiques dans le pays. Avant l’octroi d’une quelconque autorisation, dont la période est toujours définie, les autorités concernées doivent considérer les risques d’explosion et d’incendie des substances.
Une étude ou encore une « simple risk analysis » doit être effectué sur le site avant la construction d’un entrepôt destiné au stockage des produits chimiques. Les éléments qui doivent être pris en considération sont :
Le lieu de stockage doit avoir une surface permettant les opérations de transport et autres manutentions de voitures, chariots, grues etc. L’espace doit être pourvu d’un système de drainage adéquat permettant la séparation de l’eau propre et des déversements ou des produits chimiques dissous. Les conditions de sécurité doivent également satisfaire :
Certains produits chimiques particulièrement puissants ou réactifs ne doivent pas être stockés au même endroit, ou dans le même compartiment. Les substances chimiques potentiellement réactives, comme, par exemple, les peroxides ou autres produits oxydants doivent être stockées séparément. Les produits inflammables ainsi que les agents oxydants, même si les substances sont placées dans des cylindres sous pression, les acides ou encore les bases doivent être placés ailleurs, ou si possible dans des compartiments contenant des cloisons d’une hauteur prescrite qui soit résistantes aux flammes.
Etant donné qu’il n’y a aucune norme en vigueur, il convient de faire référence aux normes internationales, voire aux recommandations en vigueur sur le plan international. Les recommandations sont :
L’ouverture des conteneurs doit être effectuée avec le plus grand soin de sorte à ne pas répandre les produits chimiques. L’objet ayant été utilisé comme emballage doit être clos de telle sorte qu’il n’y ait pas de fuites.
A ce jour, 422 produits chimiques (Ndlr : d’Acetaldehyde au Zinc Add Compounds) sont classées comme dangereuses (dangerous chemicals) par la loi. 52 substances chimiques industrielles (Ndlr : d’Auramine allant jusqu’au Zinc) sont par ailleurs reconnues comme étant extrêmement dangereuses (extremely dangerous chemicals) par la loi. 112 autres produits chimiques (Ndlr : d’Albamectin au Zinc Phosphide ) sont toutefois utilisés dans le domaine de l’agriculture. Les produits chimiques dangereux causent la perte de la vue, l’irritation de la peau, menacent la capacité respiratoire et la peau, sont cancérigènes et ont pour conséquences la mutation des cellules germinales, des effets néfastes sur la santé sexuelle et reproductive, entre autres. Les substances chimiques industrielles qui sont toutefois prohibées allant d’Asbestos Fibres Crocidolite à Tris-(1-arizidinyl) Phosphine Sulphide sont au nombre de 58. Celles qui sont interdites par la loi et qui sont destinées à l’agriculture sont au nombre de 73 (Ndlr : d’Aldrin à 2,4,5 Trichlorophenol).
Camp-de-Masque (12 sites), Alma, GRNO (5 sites), Piton-du-Milieu, Plaine-Magnien, Montagne-Blanche (3 sites), Castel, La Marie, Petite-Rivière (4 sites), Rose-Hill (4 sites), Arsenal (4 sites), Nouvelle-France, Grand-Bois, L’Escalier (3 sites), St-Julien d’Hotman (2 sites), Quatre-Bornes (2 sites), Plaine-Magnien, Forest-Side (3 sites), Petit-Raffray (2 sites) Quay D (Port-Louis), Queen Victoria (Flacq), Cnr Lord Kitchner et Caudan, Riche-Terre (10 sites), Belle-Terre, Plaine-Lauzun (5 sites), Terre-Rouge (4 sites), route Royale Mt-Desir (Vacoas), Taylor Smith House Quay D (Port-Louis), Old Quay D (Port-Louis), Nouvelle Découverte (5 sites), Nouvelle-France , Riambel, Bois-Cherie, (3 sites), Quatre-Bornes (2 sites), Montagne-Longue (3 sites), Vacoas (22 sites), Mahébourg , Route côtière (Belle-Mare),Trianon, Vallée-Pitot, Triolet (3 sites), Mare Tabac, Phoenix (9 sites), Montée S, Petite-Rivière (2 sites), Zone industrielle de Riche-Terre (6 sites), Beau-Champ, Rivière-du-Rempart (3 sites), Trianon (deux sites), Floréal, Tranquebar, Lallmatie (3 sites), Port-Louis (41 sites), Plaine-Magnien, Fort-George, Port-Louis (5 sites), Roche-Bois (5 sites), Rivière-du-Poste, Forest-Side, Morcellement St-André, Pailles (22 sites), Midlands –Cluny, L’Escalier (2 sites), Grand-Baie (2 sites), Belle-Vue, Midlands, Ripailles, Plaine-des-Papayes (2 sites), La Tour Koenig, Pointe-aux-Sables (douze sites), Mt-Loisir, Galeries Evershine, Rose-Hill, Pont Bon Dieu, Belvédère, Grand-Sable, Brisée Verdière, Beau-Vallon, Flic-en-Flac, Rivière-du-Rempart (3 sites), Saint-Pierre (9 sites), Bon Accueil (2 sites), Pamplemousses (3 sites), Trois boutiques (2 sites), Camp Diable (3 sites), Labourdonnais, Mapou, Dubreuil, Piton (2 sites), Mer Rouge, Port-Louis, Bambous (6 sites), Sébastopol (2 sites), Beau-Bassin (2 sites), Goodlands (7 sites), Roches-Brunes, Flacq (4 sites), Tamarin, Zone 14, Motorway M2, Arsenal, Beau-Bassin, Eau Coulée (5 sites), Pointe-aux-Cannoniers, Caroline, Sainte-Croix (2 sites), Coromandel (7 sites), Solitude (4 sites), Curepipe (8 sites), Le Val, Bell-Village, La Marie, Calebasses, Grand-Bois, New Grove, Union Park, Surinam (3 sites), L’Espérance Trébuchet, Lallmatie, Rose-Hill, Vallée-des-Prêtres, Tyack (3 sites), Bagatelle, Camp Fouquereaux, La Nicolière, Bon Accueil (2 sites), Bel-Air, Rose-Belle, Forest-Side, Chemin-Grenier, Mer Rouge, Tamarin, Petit-Raffray, La Marie (2 sites) et Phoenix (5 sites).

Inondations, montée des eaux et glissement de terrain. Maurice subit les caprices du temps et les effets sont accentués par le changement climatique. Et il faut ajouter aux catastrophes naturels les dangers imminents des fûts, réservoirs ou des stocks de produits dangereux que côtoient au quotidien des milliers de Mauriciens.
Ces deux situations se sont produites il y a trois semaines avec les inondations dans le Nord et un incendie dans un stock de produits chimiques à Richelieu.
Depuis 2005, les études et les rapports se suivent : la Japan International Cooperation Agency (JICA), la Banque Mondiale, l’United Nation Development Programme, le ministère de l’Environnement avec l’aide de plusieurs fonds d’aide, l’Université de Maurice, le Mauritius Research Council (MRC). Autant d’institutions qui ont pondu des rapports sur les zones à risque, les mesures préventives à adopter et les mesures d’adaptation à mettre en place.
En 2008, c’est la région de Pamplemousses qui avait été sévèrement touchée. D’autres accumulations d’eau avaient été enregistrés dans les régions de Phoenix, Flacq, Bel-Ombre. Moins d’une dizaine de zones à risque avaient été identifiées. En 2019, le nombre de zones à risque est passé à une soixantaine.
Dans une circulaire officielle du National Disaster Risk Reduction and Management Centre (NDRRMC), le gouvernement identifie 65 régions possiblement en proie aux inondations et accumulations d’eau.
Cependant, certaines zones sont plus à risque que d’autres car elles sont habitées et le risque de pertes humaines est d’autant plus grand.
Rivière-des-Galets - 300 personnes sont dans une situation à risque. Elles sont directement menacées par la montée des eaux de mer en cas de mauvais temps. Le gouvernement a prévu la construction d’un muret de 400 mètres de long pour les protéger et prévoit leur relocalisation sur un terrain de sept arpents appartenant à la compagnie St-Félix. En 2008, des travaux de réhabilitation d’un coût de Rs 19 M ont été effectués.
611 employeurs ont été épinglés par le ministère du Travail pour non-respect des règlements de sécurité conformément à l’Occupational Safety and Health concernant le stockage des produits chimiques dans des entrepôts depuis 2015. Ces personnes ont écopé d’amendes suite aux inspections des officiers de l’Occupational Safety and Health Division du ministère du Travail visant à s’assurer que les stockages des produits chimiques sont conformes à la loi.