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Sexualité - Filmer ses ébats : une pratique qui prend de l’ampleur

Faire l’amour face à la caméra est une tendance qui séduit de plus en plus de nombreux couples. Certes, une sextape peut être une bonne occasion pour stimuler la vie sexuelle, toutefois, il faut rester conscient des risques qu’entraînerait sa diffusion non contrôlée. Le point sur ce phénomène. 

On serait enclin à penser que ce sont la culture de l’image et la visibilité accrue des films pornographiques qui ont participé à démocratiser les sextapes.  Si, en théorie, elles sont destinées à un visionnage privé, il arrive, dans de rares occasions, qu’elles deviennent publiques. L’avocat Akil Bissessur en a fait l’amère expérience. Suivant son arrestation et celle de sa compagne, Doomila Moheeputh, pour une affaire de drogue, des images intimes de leur couple ont commencé à faire le tour des réseaux sociaux. Cette vidéo aurait été, paraît-il, réalisée à partir du téléphone portable de cette dernière, qui se trouve en possession de la police. La jeune femme a consigné une plainte auprès de l’IT Unit de la police.

Cette affaire qui défraie actuellement la chronique pousse les personnes qui ne s’adonnent pas à cette pratique à se demander les motivations derrière la réalisation d’une sextape. Les couples qui filment leurs ébats amoureux évoquent diverses raisons. Ce serait, entre autres, un moyen de mettre du piment dans leur vie sexuelle, de briser la monotonie, de tenter de nouvelles expériences ou encore pour se glisser dans la peau d’un acteur ou d’une actrice de films pour adultes. Le Défi Plus a obtenu quelques témoignages incognito de couples ou de personnes qui ont déjà tenté l’expérience. 

« The Show 1 » : des collégiens pionniers dans la réalisation de vidéos intimes

Les vidéos amateurs montrant des couples, dont des collégiens, en plein acte sexuel ou dans des positions intimes ne sont pas un phénomène nouveau. La diffusion d’une des premières vidéos de ce genre remonte à 2006. Elle avait, dans un premier temps été échangée entre collégiens. Intitulé « The Show 1 », ce clip réalisé en 2005 mettait en scène un adolescent de 19 ans et une collégienne de 16 ans en pleins ébats sexuels. La vidéo avait été tournée à l’insu de la jeune fille par le garçon et ses copains qui avaient planifié le coup en installant des caméras cachées. Le jeune homme et deux de ses amis âgés de 21 ans avaient été arrêtés.

« J’ai commencé pendant le confinement »

Un couple des basses Plaines-Wilhems confie à Le Défi Plus qu’il a réalisé sa premier sextape durant le premier confinement. « J’ai commencé à filmer mes rapports sexuels avec ma compagne il y a un peu plus de deux ans. L’idée n’était pas de faire un film X, mais simplement de mettre du piment dans notre couple et par la même occasion réaliser un de mes fantasmes. Ti bizin trouv kitsoz pou fer. Nous ne regardions pas la vidéo dans la foulée. On attendait le lendemain et ma compagne et moi, nous faisions comme un genre de debrief pour améliorer nos performances. Au départ, j’utilisais mon téléphone, mais nous n’étions pas rassurés, surtout après avoir vu le film ’Sex Tape’ avec Cameron Diaz. Nous sommes conscients qu’une mauvaise manipulation de la vidéo peut avoir de graves conséquences. Lorsque ma compagne a changé de téléphone, nous avons alors décidé que l’ancien serait utilisé uniquement pour réaliser nos sextapes. Inutile de vous dire que ce téléphone est verrouillé et très bien conservé », confie-t-il. 

« Je me filme et je supprime aussitôt »

Une jeune Curepipienne, qui est en couple depuis 8 ans, nous révèle qu’elle s’adonne à ses fantasmes en soltaire. « Je n’ai jamais osé filmer nos ébats avec mon mari. D’ailleurs, je n’ai jamais eu le courage de le lui demander, au risque d’essuyer un refus et qu’il pense que je suis folle. Cependant, ça m’arrive de me filmer occasionnellement quand je suis toute seule.  Le fait de voir mon sexe sur l’écran, je trouve cela super excitant. C’est une expérience différente de mes rapports avec mon mari », avoue notre interlocutrice. 

La jeune femme prend toutes les précautions pour protéger sa vie privée. « Je prends le soin de ne pas conserver la vidéo. Je la visionne une fois avant de la supprimer aussitôt. D’abord, parce qu’après coup, la sensation n’est plus la même. Ensuite, je ne veux pas prendre le risque que mon mari tombe dessus, voire mon fils de 3 ans, à qui je donne parfois mon téléphone pour qu’il puisse regarder des dessins animés », confie la jeune femme.

« C’est arrivé une seule fois »

Pour un couple de Flacq, l’idée de faire une sextape est venue à partir d’un film. « Il y a eu une scène où un couple se filmait. Ma femme et moi, on s’est regardé et je lui ai dit : « Ki pou fer ? ». Elle a souri et nous avons tenté  l’expérience. D’abord, j’ai essayé de prendre le téléphone dans ma main, mais c’était compliqué. J’ai fini par le poser sur la table de nuit de notre chambre. Puis, on fait comme d’habitude, mais en réalisant que nous étions filmés, il a été difficile de garder notre sérieux. Je crois que nous avions tous les deux qu’une hâte, celle de voir le résultat. Ainsi, une fois terminé, on a immédiatement visionné la vidéo. Pour être totalement franc, ce n’était pas ce qu’il y avait de plus beau (rires). C’était même bien loin des scènes érotiques qu’on voit dans les films ou dans les séries, mais on a essayé. C’était une bonne expérience et c’est arrivé qu’une fois », explique-t-il.

« On incarne des personnages à travers des jeux de rôle »

Chez un couple de Goodlands, le motif semble être plus bizarre. « À la base, mon compagnon et moi, on avait l’habitude de faire des jeux de rôle. Cela nous rappelait notre enfance lorsqu’on jouait à maman et papa. Parfois, j’étais infirmière, parfois enseignante... », relate la femme avec un sourire.  « Sortir de l’ordinaire était donc quelque chose de normal chez nous. C’est ainsi que nous avons un jour décidé de filmer un jeu de rôle menant à un rapport sexuel.  Nous avons posé le téléphone dans un coin de la chambre de sorte à pouvoir capturer toute la pièce, avec le lit au milieu. C’était amusant. Nous avons renouvelé l’expérience quelques fois, mais nous n’en avons pas fait une habitude. Nous regardons ensemble la vidéo, on rigole un bon coup et on efface aussitôt », conclut-elle. 

Un réparateur de téléphone : « Le risque que ces clips ou images tombent entre de mauvaises mains est grand »

M.F. gère une boutique à Port-Louis où il vend des portables et  propose aussi un service de réparation. Selon ses dires, des Mauriciens seraient de plus en plus à l’aise avec la prise de photos ou de vidéos dans des situations intimes. « En plusieurs occasions, nous avons vu des photos pour le moins osées et certaines servent même de fonds d’écran. Il nous arrive aussi de tomber sur des images plus explicites. En tant que professionnel, on passe dessus, mais je trouve choquant de constater que certaines personnes conservent des photos intimes sur leur smartphone. Le risque que ces clips ou images tombent entre de mauvaises mains est grand », indique-t-il.

Qu’en est-il des risques que ces images intimes se retrouvent entre de mauvaises mains ?

B.G. est d’avis que tout individu doit se protéger physiquement et préserver aussi ses informations personnelles. « Li pa zis clip video, me ena osi mesaz e mem nou repertwar kontak… », indique-t-elle.
Elle explique que les vidéos sont téléchargées sur des plateformes de sauvegarde de données en ligne et qu’elle peut y accéder à tout moment, et ce, même à travers un autre téléphone ou ordinateur. Ainsi, lorsqu’elle doit remettre son téléphone à une autre personne, elle désactive l’option donnant accès à ses photos et vidéos. « Kan vande ou inn avoy repare, oblize fer koumsa, mem si finn reformat telefon la… », ajoute notre interlocutrice.  

Friand cette pratique qui consiste à filmer ses prouesses sexuelles ou encore prendre des photos osées, K.C., lui, explique préserver ses vidéos et photos intimes sur un disque dur externe, qu’il garde dans un « endroit sûr ». Interrogé sur la crainte que ses vidéos se retrouvent un jour étalées sur la place publique, il ne cache pas son appréhension. « Certainemen mo pa pou anvi enn zafer koumsa arive. Me se ene fantasm ki mo ena. Mo gard sa pou mo kapav gete apre kan mo anvi », dit-il.

Comment vit-on avec ce penchant ?  

D.R. se décrit comme une accro à cette pratique. « Je ne m’en lasse pas », confie-t-elle. Elle avoue, cependant, que ce n’est pas toujours facile de convaincre ses partenaires sexuels de se laisser filmer. « Il y en a qui sont plus réticents que d’autres. Ils ont peur que les vidéos que j’enregistre sur mon portable finissent entre de mauvaises mains. Une crainte que je partage d’ailleurs. Me mo enn dimoun ek enn seksualite lib… Mo pa per pou tant bann nouvo lexperians ek  sa bann video la ed mwa pou ameliore e pans nouvo kitsoz », dit-elle. 
D.R. confie qu’elle conserve soigneusement les vidéos, même celles de ses ex-amants. Elle s’assure que personne d’autre qu’elle n’ait accès à ses sextapes.

Qui visionne les vidéos ?

Nos interlocuteurs sont unanimes à dire que l’objectif premier de ces vidéos est de permettre aux partenaires de se regarder par la suite. « Kan mo filme, se pa po montre lezot dimoun ki mo kopinn. Nou fer sa zis pou nou nou gete », dit A.F. Il parle d’un sentiment de satisfaction lorsqu’il visionne ses propres vidéos, surtout lorsqu’il constate que sa partenaire prend du plaisir lors de leurs moments intimes. Cependant, parfois après une rupture, des ex-conjoints n’hésitent pas à télécharger leurs sextapes sur les réseaux sociaux ou à les faire circuler sur des applications de messagerie instantanée.  Ce qui est connu comme le « revenge porn ».

 


Se filmer durant l’acte sexuel ou s’échanger des photos osées : une pratique atypique ?

La parole à des professionnels

rajen suntooRajen Suntoo : « Une preuve d’amour susceptible de souder le couple »

Nous vivons à l’ère de la technologie. Ainsi, prendre une photo ou réaliser une vidéo intime fait partie des tendances actuelles. Telle est l’opinion du sociologue, Rajen Suntoo. « C’est ce qu’on appelle la modernité et les jeunes ou les moins jeunes y adhèrent, surtout ceux qui sont en couple. Ils considèrent que c’est une preuve d’amour susceptible de souder leur couple et renforcer leurs liens », indique-t-il. 

Là où le bât blesse, c’est que ces mêmes images et sextapes sont parfois utilisées pour faire du chantage en cas de rupture.  « Souvent, les personnes qui les publient sur  les réseaux sociaux le font par immaturité », ajoute-t-il.


sarvesh dosooyeSarvesh Dosooye : « Les deux partenaires ont besoin de soutien »

« Réaliser des sextapes ou faire des clichés intimes est une manière de pimenter la vie de certains couples. Ces derniers sont à la recherche de sensations fortes, voire d’une poussée d’adrénaline », indique le psychologue Sarvesh Dosooye. Selon ce dernier, certains individus aiment s’exhiber et d’autres sont des voyeurs qui éprouvent du plaisir à regarder les sextapes et autres photos intimes. « C’est un fait que pas mal de Mauriciens consomment beaucoup de contenus pornographiques, ce qui peut les inciter à imiter ce qu’ils voient dans les films. Or, ce qui se passe dans la vie d’un couple est intime et personnel. Les partenaires sont libres de faire ce qu’ils veulent, du moment qu’ils sont consentants », estime-t-il.

Toutefois, il concède que les risques que les contenus intimes tombent entre de mauvaises mains sont réels. « Quand de telles photos circulent sur les réseaux sociaux, c’est alors que nous prenons conscience que les Mauriciens sont des voyeurs. Non seulement ils les regardent – ce qu’on appelle du voyeurisme - mais ils les partagent avec d’autres internautes », fait-il remarquer. Sarvesh Dosooye déplore le fait que les personnes qui postent des contenus intimes sur le Net par vengeance ne pensent pas aux conséquences de leurs actes. « Quand elles réalisent ce qu’elles ont fait, il est souvent trop tard. L’impact sur les victimes de tels actes malveillants est néfaste », souligne-t-il.

Il ajoute que dans la société mauricienne, on a tendance à se concentrer uniquement sur la femme. « Des associations féminines montent au créneau et on pense que l’homme peut gérer la situation. Or, les deux partenaires ont besoin de soutien et s’ils ne l’obtiennent pas, cela peut les ronger intérieurement et devenir nocif », affirme-t-il. 


dr bruno cunniah

Dr Bruno Cunniah : « De nos jours, un portable fait partie de l’intimité de l’individu » 

Le Dr Bruno Cunniah, Associate Professor à l’Université de Maurice et auteur,  a étudié le sujet de la sexualité à Maurice. « Plus que jamais, nous avons tous, à divers degrés, des tendances narcissiques. Nous voulons tous nous mettre en scène quelque part. Se retrouver sur un écran provoque un certain plaisir et nous réconforte dans notre capacité à exister sur le plan sexuel. Alors, pourquoi ne pas se voir sur cet étincelant objet de désir qu’est le portable, appareil qui définit nos existences », explique-t-il.

Selon lui, l’utilisation du portable dans l’intimité n’est qu’un accessoire de plus. « De nos jours, un smartphone fait presque partie de l’intimité de l’individu. Personne ne pense, ne serait-ce qu’un instant, qu’il pourra lui être subtilisé. Ainsi, l’individu place une énorme confiance en son portable et quand des images intimes fuitent, c’est la catastrophe », fait-il ressortir.


abdallah goolamalleeAbdallah Goolamallee : « Tout le monde peut y avoir accès à travers des générations »

Abdallah Goolamallee est chargé de cours en communication à Curtin University. Il fait ressortir qu’avec un smartphone, la technologie est à la portée de main. « Se prendre en photo et filmer les moments intimes, c’est devenu une tendance, surtout avec l’avènement du Web 2.0 qui a donné naissance à plusieurs plateformes en ligne, dont les réseaux sociaux », explique notre interlocuteur. Dans ce contexte, l’idée est moins de capturer l’instant que de satisfaire le voyeurisme présent chez l’humain. Il ajoute : « Faire des selfies, se voir en action et se mettre de l’avant à travers la performance corporelle explique cette nouvelle tendance, surtout avec l’accès facile à la pornographie. » 

À sa connaissance, indique-t-il, il n’y a pas d’études publiées sur ce sujet à Maurice. « Les Mauriciens sont influencés par les médias occidentaux et essayent de répliquer ce que font les autres », estime-t-il. Comme les autres professionnels, Abdallah Goolamallee déplore lui aussi le fait que les personnes qui postent des photos ou vidéos intimes sur le Net ne pensent pas aux conséquences qui peuvent s’avérer lourdes, en termes légal, familial, social et professionnel. « L’individu qui agit ainsi doit se demander si c’est cet héritage qu’il veut laisser derrière lui après sa mort. Aurait-il voulu que son corps soit utilisé par vengeance ? », ajoute-t-il.

Il évoque également l’identité numérique qui se construit à partir des traces volontaires ou involontaires, subies ou choisies, que laissent les internautes lors de leurs activités sur Internet (recherches et publications), particulièrement quand ils utilisent les réseaux sociaux et les objets connectés. Certes, en suivant un certain nombre de procédures, il est possible de supprimer des données personnelles publiées sur Internet. Cependant, il n’y a aucun moyen de s’assurer que les contenus ont définitivement été effacés dans la mesure où ils peuvent avoir été copiés par toute personne ayant eu accès au site. Ainsi, tout le monde peut y avoir accès à travers des générations. 


Zoë Rozar, sexologue : « Ce qui est interdit est souvent excitant »

« Pourquoi se filme-t-on dans nos interactions sexuelles ? Je commencerai par une autre question : pourquoi se regarde-t-on dans le miroir ? Se filmer tombe un peu dans la même catégorie. Pour la vanité ? Pour la gratitude du corps ? Pour sa santé ? Pour l’art ? Pour le souvenir ? Pour prendre du plaisir seul ou avec l’autre ? Pour la soumission de l’autre ? Pour de l’argent ? C’est fait de force ? De désespoir ? Ou parce que c’est un métier qu’on aime vraiment ? Parce que les films pornographiques sont faux et édités et que souvent les acteurs sont mal traités », avance Zoë Rozar, sexologue   

+9Mais, au-delà, s’interroge-t-elle, n’est-ce pas un désir d’avoir des images de son partenaire en l’absence de ce dernier ou dernière ? « Parce que c’est interdit et que ce qui est interdit est souvent excitant ? » 
La perspective est d’autant plus importante. « Qui parle ? De quels désirs ? De quelle éducation ? De quelle ouverture d’esprit quand il s’agit de l’expression naturelle de deux corps en lien sensuel par amour ou par simple plaisir de sensations partagées ? Pourquoi certains rejettent-ils le miroir ? Pourquoi certains sont-ils dégoûtés par le film ? Et d’autres, cela ne leur fait ni chaud, ni froid. Je ne ferai pas une liste, mais là encore, il y a du constructif, tout comme du destructif, à la santé mentale et du cœur », fait-elle la sexologue. 

Me Ekant Bhavish BudhooMe Ekant Bhavish Budhoo : « Filmer ses ébats ne constitue pas un délit »

Pour Me Ekant Bhavish Budhoo, il n’y a pas de délit si les deux conjoints décident d’un commun accord de filmer leurs ébats amoureux. Cependant, il indique que la loi à ce sujet est assez floue et qu’il faudrait revoir notre législation pour éviter des dérapages.   

Que dit la loi concernant les ébats sexuels filmés par des conjoints ? 
Filmer les parties intimes d’un(e) conjoint(e) ou partenaire lors d’un ébat sexuel ne constitue pas automatiquement une infraction pénale, en vertu de nos lois. Cependant, ce qui en fait une infraction, c’est l’absence de consentement de l’autre partie lors de la réalisation de telles vidéos.

Dans ce cas, pensez-vous qu’il faut l’inclure dans la loi ?
La loi concernant la prise et aussi bien que la circulation de photos et de vidéos, lors des ébats sexuels, est assez vague à Maurice. Elle doit être plus précise et des sanctions rigides doivent être appliquées aux contrevenants.  De plus, il faut renforcer notre législation afin de mieux protéger et encadrer les victimes.  

Si une personne a filmé son conjoint à son insu, quelle est la marche à suivre ?
Il est impératif d’obtenir le consentement de l’autre partie pour le traitement de ses données personnelles. Cela en vertu de l’article 24 de la Data Protection Act 2017 (DPA). 

Qu’encourt le coupable ?
En vertu de la DPA, en cas d’un verdict de culpabilité, la personne encourt une amende maximale de Rs 200 000 et une peine d’emprisonnement ne dépassant pas cinq ans

A-t-on le droit de conserver des images intimes sur son portable ?
Selon la DPA, la collection ou préservation des données privées d’une personne, y compris sa vie sexuelle est permise, si le consentement de cette dernière a été obtenu. Néanmoins, il existe une exception où le traitement de ces données est justifié, si la personne n’a pas été consentante et si c’est uniquement dans l’intérêt public.

Est-il permis de transférer ces images sur un ordinateur ou un téléphone portable ?
Encore une fois, le consentement de la personne est impératif. Au cas contraire, la loi de la Cybersecurity and Cybercrime Act 2021 entre en jeu. L’article 19 de cette loi fait mention de « Revenge Porn ». Elle prévoit que toute personne qui, au moyen d’un système informatique, divulgue ou publie une photographie à caractère sexuel ou filme, sans le consentement de la personne, commet une infraction.
En cas de condamnation pour un tel acte, le coupable risque une amende ne dépassant pas un million de roupies et une peine de servitude pénale n’excédant pas 20 ans.

Pour vous, que faut-il changer ? 
À mon avis, la législation concernant les délits sexuels à Maurice devrait être amendée pour éviter des dérapages. Il faudrait de nouvelles provisions dans notre loi qui font de la prise de photos ou de vidéos des parties privées d’autrui, sans le consentement de ce dernier, une infraction pénale. La même peine devrait être appliquée à une personne qui oblige un autre individu à prendre des photos ou des vidéos de ses parties intimes sans son consentement.

 

 

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