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Rapport Britam - Maneesh Gobin : «Que le peuple puisse retrouver l’argent qui s’est évaporé»

Le gouvernement, à travers les ministres Maneesh Gobin, Mahen Seeruttun et Bobby Hurreeram, annonce qu’il sollicite l’aide de la Stolen Asset Recovery (StAR) initiative, pilotée par la Banque mondiale et l’UNODC, pour récupérer l’argent qu’elle pense avoir été détourné dans l’affaire Britam.

Dans une conférence de presse, samedi au Bureau du Premier ministre, l’Attorney General Maneesh Gobin, le ministre des Services financiers et de la bonne gouvernance Mahen Seeruttun, et Bobby Hurreeram, ministre de l’Infrastructure nationale, ont expliqué la position du gouvernement, suite au rapport de la commission d’enquête sur les 23,34 % d’actions de Britam Kenya vendues par le gouvernement, le 10 juin 2016, pour Rs 2,4 milliards.

Outre la police et l’Independent Commission against Corruption (Icac), le gouvernement se tourne aussi vers la Stolen Asset Recovery (StAR) initiative, pilotée par la Banque mondiale et l’United Nations Office on Drugs and Crime (UNODC). Il s’agit ici d’un recours sans précédent pour Maurice.

Mahen Seeruttun :  «Toutes les pratiques de la bonne gouvernance bafouées»

Le ministre des Services financiers et de la bonne gouvernance, Mahen Seeruttun, soutient que, dans ce dossier, « toutes les pratiques de la bonne gouvernance ont été bafouées ».

Selon lui, à l’époque, le conseil des ministres avait demandé à l’administrateur de l’ex-BAI de transférer les avoirs de cette dernière dans la NPFL, une compagnie d’État. « Mais on a vu un ministre, avec son équipe restreinte, ignorer la décision du cabinet pour faire les choses à sa manière et cela, jusqu’à la vente de ces actions, dont la NPFL aurait dû être le propriétaire. »

Et de souligner que plusieurs offres d’achat de ces actions étaient sur la table et celles-ci « variaient de Rs 2,4 milliards à Rs 4,3 milliards ».

Mahen Seeruttun explique que MMI Holdings a fait une offre à Rs 4,3 milliards, « mais les autorités kényanes requièrent que les actions restent au Kenya et demandent de ne pas vendre à des firmes étrangères. Les négociations démarrent alors avec le ministère des Finances, qui est aussi en pourparlers avec les intéressés du Kenya. Les Finances demandent une meilleure offre et les Kényans le font à Rs 4,3 milliards. Mais, à un moment donné, le ministère des Services financiers prend les choses en main et discute directement avec l’homme d’affaires kényan Peter Munga ».

Et le ministre d’affirmer : « le cabinet n’est pas au courant des discussions. On a empêché que les informations arrivent jusqu’au gouvernement. Une vente qui devait se faire à Rs 4,3 milliards s’est finalement faite à Rs 2,4 milliards. Il y a Rs 1,9 milliard de manque à gagner, qui aurait servi à rembourser les victimes de Super Cash Back Gold et Bramer Asset Management. » 

Il déplore que, dans ce deal, « les fonctionnaires ont été mis complètement à l’écart. C’est inacceptable ».

Mahen Seeruttun espère qu’avec la police et l’Icac, qui prennent le relais dans cette affaire, « la vérité éclatera à la fin du jour ».

Maneesh Gobin : «La victime est le peuple mauricien»

L’Attorney General, Maneesh Gobin, rappelle les circonstances dans lesquelles le gouvernement a initié une commission d’enquête sur la vente d’actions de Britam Kenya.

« Certaines informations étaient remontées à la surface pour démontrer qu’à la vente de ces actions, il y avait une offre de plus de Rs 4,3 milliards, alors que la transaction s’est faite sur Rs 2,4 milliards, représentant ainsi un manque à gagner de Rs 1,9 milliard. Face à ces faits, le gouvernement, dans sa sagesse et soucieux de transparence, décide, en 2017, de demander une commission d’enquête », affirme Maneesh Gobin.

« La raison principale est qu’à cette époque, il n’y avait même pas de dossier au ministère dit de la bonne gouvernance. Il n’y avait que quelques individus qui savaient ce qui s’y passait et cela, la commission est venue le démontrer. Face au manque de documents, la commission d’enquête est devenue le choix naturel », ajoute-t-il.

L’Attorney General parle de « malversation ou un manque à gagner de Rs 1,9 milliard ». Et d’affirmer : « Les responsables doivent répondre de leurs actes dans un État de droit. si ce que nous lisons dans le rapport est établi par une institution responsable d’une enquête criminelle, alors l’argent doit être quelque part. S’il n’est pas à Maurice, il est à l’étranger. La victime est le peuple mauricien. »

Et c’est pourquoi, dit-il, il a sollicité le soutien de la StAR initiative. « C’est l’assistance technique donnée aux pays pour retracer des avoirs et les retourner dans le pays qui en a été victime. » Il s’attend à une réponse positive de cette instance « dans les jours à venir ».

Maneesh Gobin souhaite que « le peuple mauricien retrouve l’argent qui s’est évaporé ».

Bobby Hurreeram : «On n’a pas besoin d’attaques, mais de réponses»

Le ministre Bobby Hurreeram affirme que le rapport de la commission d’enquête est un très bon document. « Tous ceux qui le lisent voient clairement ce qui est arrivé. Jamais dans l’histoire du pays, on n’a vu un rapport aussi damning contre un ancien ministre. Les termes utilisés par l’ex-juge Domah pour décrire ce que l’ex-ministre dit dans son audition sont troublants et choquants ».

Il fait cette remarque à propos de Roshi Bhadain : « Il a insulté, menacé et enclenché une opération ‘zet la bou’ sur tout le monde. Il doit nous dire où ces Rs 1,9 milliard sont passées. Quand une personne tombe dans l’insulte, c’est qu’elle se sent acculée. On n’a pas besoin d’attaques, mais de réponses pour savoir où ces Rs 1,9 milliard sont passées. »

 

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