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Les dates clés de l’histoire des Chagos de 1512 à 2019

Entre la Grande péninsule indienne et l'île Maurice, l'archipel des Chagos se compose de soixante-cinq îlots et disséminés en 7 atolls pour une superficie totalisant quelque 54 400 km², pour seulement 60 km² de terres émergées. L'atoll de Diego Garcia enregistre à lui seul 40 km² de terres. L’archipel des Chagos est localisé à 1 174 km au sud des Maldives et à 1 832 km à l’est de Victoria (Seychelles). La zone économique exclusive conférée à l’archipel atteint une superficie à 636 600 km2.

En 1973, l’armée britannique procède à l’expulsion manu militari de la population des Chagos de sa terre natale. Aujourd’hui, la communauté se répartit alors entre Maurice, les Seychelles et l’Angleterre.

Implantée au milieu de l’Océan indien, l’île de Diego Garcia est l’île principale de l’archipel des Chagos. Elle accueille aujourd’hui la plus grande base militaire US construite, en dehors du sol national des Etats-Unis. La douloureuse histoire d’exil forcé pour la communauté chagossienne est marquée par 54 ans de lutte entre souffrances d’un peuple, espoir de toute une communauté pour un retour sur la terre de leurs ancêtres et revirements à l’international. L’excision des Chagos du territoire mauricien, c’est une histoire émaillée d’une suite d’événements et de décisions officielles et prises parfois dans l’opacité. L’archipel est revendiqué par l’Etat mauricien qui affirme que l’archipel avait été détaché de son giron de souveraineté le 8 novembre 1965.

1512 : Pedro Mascarenhas prend possession de l’archipel des Chagos pour le roi du Portugal.

1776 : Le Vicomte de Souillac débarque et prend possession de l’archipel pour le royaume de France. L'aristocrate va y amener des esclaves de Madagascar et du Mozambique pour l’exploitation de la noix de coco. Les colons français vont occuper l’archipel de façon permanente.

1814 : La France confie la souveraineté des Chagos au Royaume-Uni. Les îles de l’archipel sont utilisées pour le ravitaillement en charbon des navires naviguant dans la zone.

1824 : Le gouvernement britannique nomme le premier agent en charge de la gestion de l’archipel des Chagos.

1835 : Les Britanniques mettent un terme à l'esclavage dans les colonies. La communauté chagossienne opte pour demeurer sur place dans leurs îles.

1861 : Plus de 550 habitants sont dénombrés au cœur de l'archipel. La majorité de la population travaille dans les plantations de coprah (noyau séché et transformé de la noix de coco).
Vers le milieu des années 1960 : Environ 1 000 personnes nées sur le sol chagossien vivent à Diego Garcia, Peros Banhos et Salomon

1964 : Des négociations dans le grand secret entre les autorités britanniques et américaines démarrent en coulisses. Le but affiché est de créer une base militaire au cœur de l'Océan Indien. Elles mènent une étude qui affirme dans ses conclusions que «l'acquisition de Diego Garcia à des fins de sécurité impliquera le déplacement de toute la population existante de l'île».

Septembre 1965 : Tête à tête à Lancaster House, en Angleterre, entre le Secrétaire Britannique aux Colonies, Anthony Greenwood, et le Premier Ministre mauricien, Seewoosagur Ramgoolam. Un extrait du compte-rendu de cette rencontre souligne que le Premier ministre, Sookdeo Bissoondoyal et Razack Mohamed «étaient prêts à agréer le détachement» des Chagos contre notamment le paiement de £3 millions d’indemnisation alloués au gouvernement semi-autonome de Maurice.

1965 : Les Etats-Unis passent le message au Foreign Office britannique que «les procédures de détachement devront inclure l'archipel entier». Selon le souhait du gouvernement américain, le gouvernement britannique procède au détachement des Chagos de l'île Maurice et met en place le British Indian Ocean Territory (BIOT). Même si le Royaume-Uni a en charge la gestion du BIOT, les Etats-Unis sont dans les îles en tant que locataires et ont le contrôle exclusif de Diego Garcia. En échange, le Royaume-Uni reçoit $14 millions pour le programme de développement du missile Polaris.

Décembre 1965 : La résolution 2066 est votée par l'Assemblée Générale de l’ONU. Elle incite les autorités britanniques à prendre des actions efficaces afin de mettre en application la résolution 1514 portant sur la Declaration on the Granting of Independence to Colonial Countries and Peoples.

De 1965 à 1973 : Le départ de la population des Chagos se fait en plusieurs étapes. Il est interdit aux Chagossiens qui se rendent à l'étranger de revenir dans l'archipel. L'importation de nourriture est contrôlée pour tenter d’entraîner l’exil volontaire des Chagossiens. Puis, les habitants de Diego Garcia sont transférés de force à Peros Banhos et à Salomon. Deux ans après cela, des bateaux bondés dirigent les Chagossiens à Maurice et aux Seychelles.

1967 : Le gouvernement britannique rachète toutes les terres de l’archipel à la Chagos Agalega Company Ltd pour 660 000 livres sterling.

1968 : Maurice obtient son indépendance. Le processus de déportation des Chagossiens vers les Seychelles et Maurice est un fait.

1971 : La British Indian Ocean Territory Immigration Ordinance, qui restreint l’accès aux Chagos, est prononcée.

9 mars 1971 : Les troupes américaines débarquent pour la première fois sur le sol chagossien.

25 avril 1973 :  Les derniers Chagossiens s'en vont contraints et forcés de monter à bord du Nordvaer Après trois jours de mer, le bateau arrive dans la rade de Port-Louis.

1977 : La base militaire américaine est ouverte sur Diego Garcia, l’île principale

1982 : Un comité permanent est instauré par les parlementaires mauriciens pour faire toute la lumière sur «les circonstances qui ont mené à et ont suivi l'excision de l'archipel des Chagos, incluant Diego Garcia, de l'île Maurice en 1965 et la nature exacte des transactions qui ont eu lieu». Avec à sa tête, le ministre des Affaires Etrangères, Jean-Claude de l'Estrac, le comité rapporte en détails, le rôle joué à l’époque par gouvernement mauricien dans la séparation de l'archipel du territoire national et critique le gouvernement de Londres pour avoir « bafoué » la Charte de l’ONU.

Novembre 2000 : La presse britannique affiche à la Une un Olivier Bancoult - dirigeant du Groupe Réfugiés Chagos (GRC) - en plein triomphe à sa sortie de la Haute Cour de Londres. La cour a en effet considéré «illégal» le déplacement du peuple des Chagos. Les Chagossiens gagnent le droit de retrouver la terre de leurs ancêtres.

Juin 2004 : Le gouvernement du Premier ministre de Tony Blair informe que deux Orders in Council dûment signés par la reine Elizabeth II déjugent la cour et interdisent à jamais le retour des Chagossiens dans l'archipel.
30 mars 2006 : Le navire «Le Trochetia» largue les amarres de la rade de Port-Louis. Une centaine de Chagossiens ont pris place à bord. Le bateau prend la direction de Salomon, Peros Banhos et Diego Garcia. Le voyage souvenir dans l’archipel, fort en émotions, dure une dizaine de jours.

Mai 2006 : La Haute Cour estime que les ordres de 2004 sont manifestement «illégaux» après l’appel des Chagossiens. Ils ont à nouveau le droit de revenir dans l’archipel, comme le stipule le jugement prononcé en 2000. Le gouvernement britannique fait appel de ce jugement en 2007 et est débouté devant la cour d’appel.   

Octobre 2008 : par une très courte majorité, les Law Lords indiquent que selon eux l’ordre d’expulsion des Chagossiens en 2004 est légal.

1er avril 2010 : Le Tribunal international du droit de la mer est saisie par les autorités britanniques pour la création d’un parc marin protégé d’une superficie de plus d’un demi-million de kilomètres carrés tout autour de l’archipel des Chagos. Un Parc marin protégé (PMP) est créé autour des Chagos, mettant en péril l’espoir d’un retour prochain des Chagossiens dans l’archipel et toutes activités de pêche dans la zone.

21 décembre 2010 : L’Etat mauricien conteste la création du parc marin devant le Tribunal international du droit de la mer.

En 2012 : Les Chagossiens se retournent vers la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Celle-ci souhaite que les deux parties trouvent un accord à l’amiable. Devant le refus de Londres, elle rend son jugement. La CEDH va condamner le positionnement «insensible et honteux» de la Grande-Bretagne.

2013 : Olivier Bancoult saisit la Divisional Court pour contester la création du PMP, mais il essuie un revers.

2014 : L’appel d’Olivier Bancoult devant la Court of Appeal est rejeté.

En 2015 : Les Chagossiens se présentent à nouveau devant la Cour suprême pour faire contestation du jugement des Law Lords datant de 2008. Leur appel est rejeté en juin 2016.

18 mars 2015 : Les juges du Tribunal arbitral sous la Convention du droit de la mer décident que le Royaume-Uni doit s’assurer que les droits territoriaux de pêche aux Chagos restent placés sous l’égide de Maurice autant que cela soit possible. Le Tribunal international du droit de la mer donne entièrement raison à Maurice. Le jugement indique que Maurice aurait dû être consulté avant de créer un parc marin autour des Chagos car elle détient une souveraineté sur le territoire maritime des Chagos.

2017 : Maurice saisit l’Organisation des Nations unies pour contester le démembrement du territoire mauricien par le Royaume-Uni. Le pays veut obtenir un avis consultatif de la Cour Internationale de Justice sur la question. La résolution de Maurice est adoptée : 94 membres des Nations unies votent pour.

2018 : La Cour suprême britannique rejette l’appel d’Olivier Bancoult. Elle estime que la création de ce parc marin «ne découle pas nécessairement d’une mauvaise intention».

13 février 2019 : La Divisional Court britannique tranche en faveur du gouvernement britannique. Elle estime que la décision d’interdire aux Chagossiens de s’installer sur l’archipel pour des raisons de sécurité nationale ne peut être renversée par une Cour de justice, car le gouvernement anglais est souverain en cette matière.

25 février 2019 : La Cour internationale de justice tranche : «Le Royaume-Uni doit se retirer des Chagos dans les plus brefs délais».

22 mai 2019 : 116 pays membres de l’Assemblée générale des Nations Unies ont voté en faveur de la résolution de Maurice sur le dossier Chagos. 56 pays se sont abstenus et 6 nations ont voté contre.

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