Échange de bébés : deux bracelets d’identification désormais utilisés
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Le Défi Quotidien
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Un bracelet au poignet et un à la cheville. C’est ce qui seront placés à la naissance des bébés à l’hôpital Dr A. G. Jeetoo. Cette mesure vise à éviter erreur ou confusion quand l’enfant sera remis à sa mère quand elle sera autorisée à rentrer chez elle.
Deux bracelets d’identification, un au poignet et l’autre à la cheville, seront désormais utilisés à l’hôpital Dr A. G. Jeetoo à la naissance d’un bébé. Cette mesure a été prise afin de prévenir l’erreur qui s’est produite le 3 février où un bébé a été remis à une autre mère au lieu de sa maman biologique. La décision a été annoncée par le Dr Ravindranath Jugduth, Regional Health Director (RHD) de l’établissement, lors de l’émission Au cœur de l’info, jeudi sur Radio Plus.
Selon lui, c’est lors du bain des nourrissons que l’échange se serait produit. Une rencontre a aussi eu lieu avec les parties prenantes de l’établissement pour faire le point sur la vigilance et le sérieux qui doivent régner à toutes les étapes lors de la prise en charge des patients. Le directeur de l’hôpital Jeetoo a soutenu qu’il y a des programmes d’éducation qui se font régulièrement.
« Il y a un manque de protocole dans le service de santé public », a, pour sa part, soutenu le Dr Veyasen Pyneeandee, gynécologue-obstétricien qui exerce dans le privé. Pour lui, l’erreur qui s’est produite est « inacceptable ». Il estime que c’est « inconcevable » qu’un bracelet qui est supposé être « imperméable et inviolable », ait pu entraîner une telle erreur. Le spécialiste a proposé la dactyloscopie, qui est le prélèvement de l’empreinte digitale du bébé à la naissance comme cela se fait en Espagne. « Cela pourrait éviter que de telles erreurs », a-t-il souligné.
Pour lui, des mesures doivent être prises afin de restaurer la confiance des futurs mamans au moment de l’accouchement afin qu’elles soient certaines d’avoir leur enfant en quittant l’établissement hospitalier.
Ramesh Purrunsingh, porte-parole du Comité amélioration la santé (CAS), et le Dr Pyneeandee ont aussi plaidé pour la mise en place du e-Health pour un meilleur suivi des dossiers médicaux. Pour le porte-parole du CAS, une erreur médicale ne devrait jamais se produire, car il y va de la vie des patients.
La mère d’une fille de 17 ans a apporté son témoignage dans l’émission. Elle a évoqué l’échange de bébés dans un hôpital. « Ma fille s’est retrouvée à la nurserie avec une prothèse après une négligence médicale. Il y a une mère qui était faible et le médecin a décidé de garder son bébé à la nurserie pendant 48 heures le temps qu’elle se rétablisse. Le père allait voir le bébé. Il y avait un autre bébé également », relate la femme.
Quand la mère s’était rétablie et qu’on devait lui remettre son bébé, on lui a donné l’autre enfant qui se trouvait dans la nurserie. « L’enfant ne voulait pas être allaité par la femme et pleurait beaucoup. Ce n’est que le soir quand le père est arrivé qu’il a averti la mère que ce n’était pas leur enfant. Il a voulu avoir une explication et c’est là qu’on a su que les bébés avaient été échangés. L’autre mère qui était très jeune ne s’est aperçue de rien non plus. »
L’auditrice raconte que les infirmières avaient mis cette erreur sur le compte de la fatigue. « Elles avaient expliqué que les bracelets avaient été interchangés quand elles avaient donné le bain aux bébés. Elles avaient évoqué la fatigue et les shifts pour expliquer ce qui s’était produit. »
De janvier 2020 à janvier 2023 le Medical Council a enregistré 169 plaintes pour négligence médicale. C’est ce qu’avance le Dr Keshav Deepchand, Registrar du Medical Council.
« Parmi les 169 cas, 44 concernent la gynécologie, soit 25 % à 30 %. Il y a des enquêtes qui ont été bouclées et d’autres qui sont en cours. Parmi les plaintes enregistrées, 20 % sont des cas de négligence médicale. Des cas sont envoyés au Medical Dispute Tribunal où l’enquête se poursuit », explique notre interlocuteur.
Le Dr Keshav Deepchand indique que deux gynécologues ont été radiés à ce jour, un en 2017 et un en 2022. « Il y a des médecins impliqués dans des cas de négligence qui récidivent. Or, la sanction n’est pas plus sévère. Au fait, c’est au cas par cas », précise-t-il.
Le Registrar du Medical Council rappelle que l’ordre des médecins sanctionne les médecins qui exercent dans le privé. Pour ceux qui opèrent dans le secteur public, c’est la Public Service Commission qui décide des sanctions sur les recommandations du Medical Council. « Il y a une disparité entre les médecins du privé et du public à ce niveau. On a proposé d’y remédier. Mais rien jusqu’ici. On nous a fait comprendre que des amendements devront être apportés à la Constitution. »