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Dossier Chagos aux Nations Unies : 31 pays supplémentaires votent pour la résolution

cij 116 pays au total ont voté en faveur de Maurice à New York.

La résolution pour demander au Royaume uni de retourner la souveraineté de l’archipel à Maurice a obtenu un plus grand nombre de votes qu’en 2017. De nombreux pays qui s’étaient abstenus ont, cette fois, changé d’avis.

La résolution demandant au Royaume uni de respecter l’avis consultatif de la Cour internationale de justice (CIJ) a reçu un soutien plus important que celle votée en 2017 pour porter l’affaire à La Haye. À l’époque, 94 pays avaient voté pour, 15 avaient voté contre et 65 s’étaient abstenus. Cette fois, 116 pays ont voté pour, seulement six ont voté contre et 56 se sont abstenus. Ce score a connu une amélioration grâce notamment aux 31 pays qui ont changé leur vote en faveur de Maurice comparé à celui de 2017. Voici les principaux changements à retenir.

Les Scandinaves changent d’avis

Il faut notamment souligner que les pays scandinaves et nordiques ont voté d’un même accord. En 2017, la totalité s’était abstenue. Mais mercredi, la Finlande, l’Islande, la Norvège et la Suède ont changé d’avis et voté en faveur de la résolution.

La solidarité européenne s’évapore

Outre les Nordiques, de nombreux pays européens, qui s’étaient abstenus en 2017, ont décidé de voter en faveur de la résolution. Ils sont nommément : l’Autriche, la Grèce, l’Irlande, le Liechtenstein, Monaco et la Suisse.

Les six frondeurs

Parmi les six qui ont voté contre la résolution, c’est sans surprise qu’on retrouve le quatuor d’alliés composé des États-Unis, du Royaume Uni, de l’Australie et d’Israël. La Hongrie et les Maldives complètent ce groupe minoritaire.

Les Maldives récidivent

Sateeaved Seebaluck, conseiller spécial du gouvernement sur le dossier des Chagos, qui était sur le plateau de la MBC, mercredi soir, s’est dit étonné du vote négatif des Maldives. Maldives étant un petit État insulaire en voie de développement, comme Maurice, on aurait pu s’attendre à ce qu’ils soutiennent la résolution.

Toutefois, les Maldives n’ont fait que maintenir leur position, ayant également voté contre la résolution pour avoir recours à la CIJ. Le Défi Quotidien avait expliqué, à l’époque, que dans les cercles diplomatiques, on s’attendait à cela : en 2010, les Maldiviens avaient ignoré la souveraineté de Maurice sur les Chagos dans leur dossier soumis aux Nations Unies pour délimiter leur plateau continental. La diplomatie mauricienne soupçonnait à l’époque les Britanniques d’être derrière l’affaire. Les Britanniques avaient une présence importante aux Maldives, plusieurs à des postes de conseillers. Les Maldives sont donc un allié solide du Royaume Uni.

La Chine et la Russie revoient leur position

Les deux puissances, qui se retrouvent souvent dans un rôle d’antagoniste vis-à-vis de l’Occident, n’avaient pas voté pour la motion de 2017, préférant s’abstenir. Cette fois, les deux ont changé de position et voté en faveur de la résolution.

Ceux qui ont rebroussé chemin

Un certain nombre de pays qui avaient voté pour la motion de 2017 ont fait le chemin inverse et ont, cette fois, préféré s’abstenir. Il s’agit du Salvador, les Philippines, la Moldavie, et Trinidad et Tobago. Seul le Salvador s’est expliqué, estimant que la formulation de l’actuelle résolution va au-delà de la nature non contraignante qu’elle doit revêtir.

UK suffers crushing defeat...

La presse internationale, notamment le journal en ligne The Guardian, évoque le vote en faveur de Maurice dans le dossier Chagos, à l’Assemblée générale des Nations unies mercredi. « UK suffers crushing defeat in UN vote on the Chagos islands », a titré un article du journal. L’article aborde également les 116 pays qui ont voté en faveur de Maurice et les 6 qui ont voté contre la résolution mettant la Grande Bretagne « diplomatiquement isolée ».


Le Royaume Uni nie les arguments de la CIJ

Karen Elizabeth Pierce, la représentante permanente du Royaume uni aux Nations unies, a présenté ses arguments juste après ceux du Premier ministre, Pravind Jugnauth. Elle a sorti les mêmes arguments utilisés depuis le début de l’affaire par les Britanniques : les Chagos constituent un litige bilatéral sur lequel la Cour Internationale de Justice n’a pas à se prononcer. L’argument de la sécurité régionale a aussi refait surface.

« Pour le Royaume Uni, Maurice est un ami et un allié dans une région importante du monde, a-t-elle expliqué, mais les installations de défense jouent un rôle important dans nos efforts pour garder nos amis et alliés, y compris Maurice, en sécurité. » Karen Elizabeth Pierce a avancé que la base militaire de Diego Garcia a contribué à de nombreuses reprises à des missions humanitaires dans la région, notamment durant les tsunamis qui ont dévasté l’Asie du Sud-est.

Le reste du discours n’a servi qu’à prendre la CIJ à contrepied sur quasiment tous les points de droit sur lesquels elle a statué. Ainsi, elle a réaffirmé que les Chagos n’ont jamais fait partie du territoire de Maurice et que le Conseil des ministres mauricien avait donné son accord en 1965 pour la cession de l’archipel, bien que ces deux points ont été invalidés par la CIJ.

Elle a répété qu’il s’agissait d’un différend bilatéral qui n’avait rien à voir avec la décolonisation. En principe, un différend bilatéral ne peut être porté devant la CIJ sans le consentement de toutes les parties concernées. La représentante permanente a utilisé cet argument pour tenter de convaincre les autres pays : « Si la résolution passe, cela créera un précédent difficile. Tout différend bilatéral pourrait être référé à la CIJ, avec ou sans consentement. Si vous avez des différends sur la souveraineté, vous ouvrez la porte à cela. »

C’était également l’occasion pour Karen Elizabeth Pierce de défendre son pays contre certaines des accusations portées par le Premier ministre mauricien. Elle a rejeté l’accusation que le Royaume Uni ait commis un crime contre l’humanité et a expliqué que si son pays votait contre la résolution, ce n’était pas par un manque de respect envers le processus de décolonisation. Elle a également nié que les Britanniques remettent en question l’autorité de l’Assemblée générale ou de la CIJ.

Après le vote, Karen Elizabeth Pierce a de nouveau pris la parole : « Nous regrettons que l’Assemblée générale ait voté en faveur de cette résolution. » 

Les autres discours qui ont retenu l’attention

Maldives : « Les Maldives se dissocient du mouvement des pays non-alignés. Les Maldives s’opposent à cette résolution qui n’apporte pas de clarté sur le problème. »

États-Unis : « Il n’était pas approprié de demander un avis consultatif sur ce problème bilatéral. Cette résolution représente un dangereux précédent. »

Inde : « L’Inde partage avec la communauté internationale les inquiétudes sur la sécurité dans l’océan Indien. Cependant, c’est là une question à part sur laquelle nous demandons instamment aux gouvernements concernés de parvenir à un accord acceptable le plus tôt possible. »

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