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Changement Climatique : Maurice sous la menace des phénomènes extrêmes

Changement Climatique L'urbanisation souvent non-planifiée peut causer des dégâts inattendus.

Nous entrons dans la période cyclonique et pluviale. Avec les effets du changement climatique, le « big one » peut nous frapper à tout moment. Ce terme décrit l’occurrence de plusieurs phénomènes, tous liés au changement climatique. Les experts le décrivent comme : un super cyclone qui frappe Maurice occasionnant des raz-de-marée et des inondations. Maurice n’est pas à l’abri et la menace est plus proche de nous que nous ne le pensions. 

Tous les yeux sont rivés sur le climat. L’océanographe Vassen Kauppaymuthoo a étudié les changements des dynamiques marines et leurs réactions face aux changements climatiques. Il nous explique que l’atmosphère se réchauffe et occasionne plusieurs phénomènes comme le réchauffement de la mer qui cause une acidification de l’eau et tue les coraux. Une fois les coraux morts, ils se cassent et ne peuvent plus retenir la force des houles et les houles frappent les côtes et causent l’érosion de plages et la montée des eaux lors des intempéries. Tout est lié. Maintenant, imaginez que nous somme frappés par un cyclone avec des vents avoisinant les 300km/h ».

Pour l’expert, les effets seront désastreux, car les habitations du pays ne sont pas préparées à cela. La majeure partie des maisons comportent de larges panneau vitrés d’une épaisseur de quatre à six millimètres. « Ils voleront en éclats ! Nos maisons n’ont pas passé le test des grands cyclones, le dernier grand cyclone date de 2002, si nous sommes frappés de plein fouet, nous allons en souffrir ». 

Pour Vassen Kauppaymuthoo, Maurice est sous la menace d’un autre phénomène. Il s’agit du 'coastal squeeze'. Lorsqu’un cyclone se déplace vers la terre, il transporte une trombe d’eau (vagues du type tsunami) de plus de cinq mètres de haut ; plus le cyclone est intense, plus la trombe est importante. Une fois qu’il atteint les côtes, cette trombe frappe les côtes et l’inonde. 

De plus, qui dit cyclone dit pluies torrentielles et inondations. Les inondations se dirigent vers les côtes et la zone se retrouve coincée entre les vagues et les inondations. « La zone de Rivière-des-Galets est un exemple, mais avec un super cyclone, les autres zones côtières habitées seront aussi sous les eaux », affirme Vassen Kauppaymuthoo.  

11,34 kilomètres de côtes érodées 

Pour sa part, le consultant en environnement, Sunil Dowarkasing, dresse un tableau de la situation pour confirmer que les prévisions effectuées par les météorologues ne sont pas hypothétiques. Selon lui, à Maurice, la température de surface a augmenté de 1,2° C au cours de la dernière décennie par rapport à la période moyenne de 1961 à 1990, évoluant au rythme de 0,25° C par décennie. Il est probable que la température de l'air en surface à Maurice atteigne 1,5° C au-dessus de la moyenne d'ici 2030. 

Maurice subit déjà les effets néfastes du changement climatique avec la fréquence et l'intensité croissantes des risques hydrométéorologiques tels que les conditions météorologiques extrêmes, les cyclones tropicaux et les fortes précipitations entraînant des inondations et des crues soudaines, ainsi que des orages violents. Les glissements de terrain causés par les fortes pluies et l'érosion côtière causée par l'élévation du niveau de la mer seront également à l'ordre du jour.

« Ces plages pourraient être immensément touchées, car leurs écosystèmes sont très fragiles » :

  • Entre Pointe-aux-Cannoniers et Cap-Malheureux
  • Entre Mont Choisy et Baie-de-l’Arsernal
  • Entre Cap-Malheureux et Poudre d’Or
  • De la Baie-du-Tombeau à la Baie de la Grande-Rivière
  • De Flic-en-Flac à la Baie de la Petite Rivière-Noire
  • A Pointe-aux-Roches, Pomponnette, Riambel et Mahébourg
  • À Trou-d’Eau-Douce, Poste-de-Flacq et Roches-Noires.

Le consultant se base sur des études de différents instituts pour affirmer que 12 à 25 km de routes sont en danger. 26 000 personnes sont concernées. Déjà 17% (représentant 11,34 km) de la côte ont été érodés.


Le manque de planning jouera contre nous 

Karim Jaufeerally, de l’Institute for Environmental Studies, explique qu’il est très difficile de quantifier ce que serait un super cyclone (the big one). « Je dirais plutôt que nous devrions nous préparer à faire face à des cyclones intenses, car durant la saison cyclonique nous pourrions en voir à n'importe quel moment ». Il rappelle que Maurice a souvent été frappée par des cyclones intenses : Carol, 1960, Gervaise 1976, Hollanda 1994. « Nous devons assumer que le futur nous réserve des cyclones similaires… au minimum. » Il souligne que nous devrions nous préparer à une catastrophe majeure, même s'il n'est pas possible de les prédire.
Cependant, il souligne que face aux cyclones, Maurice a déjà une certaine préparation. « Mais nous devrions faire attention au fait que l'urbanisation galopante change la donne et que notre système de drains a tendance à vite déborder ». Karim Jaufeerally souligne qu’en général, l'urbanisation galopante et un manque de planification urbaine fragilisent notre résilience face aux cyclones et inondations dans un contexte de changement climatique qui, lui, peut amener des cyclones plus puissants.


Diverses mesures prises pour prévenir les inondations

« De nombreux travaux ont été effectués». C’est l’assurance donnée par le ministre des Infrastructures nationales, Bobby Hurreeram. Il participait à l’émission Au cœur de l’Info de Radio Plus. Selon lui, 17 zones ont été décrétées susceptibles de connaître des inondations par la Land Drainage Authority. Mais en raison des nouvelles constructions, d’autres régions peuvent connaître le même problème. 

Il a affirmé que différentes mesures ont été prises afin de trouver des réponses adaptées au problème mais que, dans d’autres cas, des experts travaillent encore sur les solutions à apporter. Des travaux ont été réalisés au village de Cottage par exemple, mais à Kestrel Lane à Riche-Terre, la localité étant située dans un bas-fond, il est difficile de trouver les mesures appropriées. 

Selon le ministre, 40 % des travaux ont été achevés à Fond-du-Sac pour éviter que les habitants NE se retrouvent encore sous les eaux. Des 'water wayS' ont été aménagés pour diriger l’eau de pluie dans les champs de cannes ou vers des zones inhabitées.

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