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Au cœur de l’info - Rajiv Servansingh : «Il faut une croissance de plus de 4 % pour soutenir les mesures sociales»

L’augmentation de la pension de vieillesse, le salaire minimum et les différentes mesures du gouvernement et les priorités économiques pour 2020 ont été commentés durant l’émission Au cœur de l’info animée par Eshan Dinally et Jane Lutchmaya. Rajiv Servansingh, observateur politique et économique, et Sanjeev Matadeen, Senior Lecturer à la Middlesex University et économiste, ont décortiqué les différents piliers de notre économie.

D’emblée, le débat a porté sur la pension de vieillesse, qui est passée à Rs 9 000 en décembre 2019, la poussée inflationniste et le financement de cette mesure. Selon Rajiv Servansingh, le gouvernement devrait d’abord encourager les personnes qui ont bénéficié de ces mesures sociales d’économiser une partie de cet argent. « Il y a déjà les ‘Silver Bonds’ de la Banque de Maurice. Il est vrai que le taux d’intérêt des banques commerciales est relativement bas. Il devrait y avoir d’autres alternatives proposées par la Banque de Maurice », explique Rajiv Servansingh. Une thèse que partage Sanjeev Matadeen sur la nécessité d’économiser pour le futur.

Rajiv Servansingh explique également que le gouvernement a choisi l’option vers un meilleur partage de la richesse. « L’argent redistribué a été produit par les Mauriciens. On utilise seulement cette richesse de manière différente afin d’aider ceux au bas de l’échelle », ajoute l’économiste qui revient également sur l’introduction du salaire minimum. Rajiv Servansingh affirme que beaucoup de craintes sur cette mesure de la part des patrons ont été infondées. « Une caissière touchait dans le passé Rs 3 500 mensuellement, elle touche Rs 10 000 désormais, avez-vous vu des centres commerciaux qui ont fermé boutique ? Cet argent allait dans les poches des capitalistes. Maintenant, il y a un partage équitable », explique l’économiste. Cependant, le parallèle a été fait avec le secteur textile, où plusieurs usines ont été mises en liquidation. « C’est plus l’impact du manque de modernisation, certaines usines opéraient toujours avec le système archaïque de la main-d’œuvre à bon marché. Il y a certes l’impact du salaire minimum, mais il n’est pas la cause de la fermeture de ces usines », soutient Rajiv Servansingh.

Il explique aussi que toutes les mesures annoncées par le gouvernement pourront être soutenues s’il y a une croissance de plus de 4 % en 2020 et de plus de 5 % en 2021. Au cas contraire, elles deviendront un fardeau pour le pays. Mais il se dit optimiste.

Un avis que ne partage pas Sanjeev Matadeen. Il explique pour sa part que pour arriver à une croissance de 4, voire 5 % de notre économie, il faudrait un changement fondamental de notre approche. Par exemple, la productivité ne correspond pas au salaire perçu actuellement. Il faudrait aussi relancer d’autres secteurs, s’intéresser à de nouveaux marchés et à de nouvelles orientations économiques. « Il y a un manque de vision stratégique, nous n’avons pas suffisamment de ressources pour tout faire. Il faudrait se concentrer sur un ou deux secteurs seulement. »

Les quatre piliers de notre économie en difficulté, le tourisme, le textile, le sucre et l’investissement étranger ont aussi été débattus. Les deux économistes ont été du même avis sur ces questions. Il faudrait revoir le produit mauricien, se diversifier et se concentrer sur de nouveaux marchés. Sans oublier les marchés traditionnels.

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