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Syndrome d’alcoolisation fœtale : le combat contre le SAF prend de l’ampleur

La rencontre a eu lieu au seuil de l’association d’Espérance à Curepipe.

Une nouvelle rencontre a eu lieu vendredi 22 mars 2019 avec plusieurs ONG à Curepipe pour, une fois de plus, sensibiliser la population à propos du syndrome d’alcoolisation fœtale. Les acteurs des différentes associations se sont rencontrés afin d’établir un calendrier de la marche à suivre.

«Nous souhaitons que le syndrome d’alcoolisation fœtale (SAF) entre dans le vocabulaire de tous. » Ce sont les propos de Micaëlla Clément et Gilbert Leste, directeurs associés de l’association Étoile d’Espérance. Depuis la formation de plusieurs femmes et autres responsables des associations au syndrome d’alcoolisation fœtale en octobre dernier, au domaine des Aubineaux à Forest-side, le combat contre le SAF commence petit à petit à prendre une tout autre dimension. Ce qui ressort de cette rencontre, c’est le réel besoin de sensibilisation. « Nous avons pris conscience avec les membres des diverses associations qu’il y a un vrai besoin d’informer la population de cette maladie qui touche les enfants. Le syndrome d’alcoolisation fœtale est encore inconnu des Mauriciens. Pour cela, les responsables des différentes organisations ont établi des plans d’action afin de toucher le maximum de monde, notamment dans les écoles, pour que les enfants puissent eux aussi passer le message à leurs parents », dit Micaëlla.

Gilbert Leste précise pour sa part que ce combat ne concerne pas les femmes alcooliques uniquement. « Ce combat concerne toutes les femmes indistinctement, une goutte d’alcool est une goutte de trop, et consommer de l’alcool pendant la grossesse expose le fœtus au risque d’être atteint du syndrome d’alcoolisation fœtale », dit-il. Par ailleurs le mois de septembre sera entièrement consacré au SAF dont l’événement phare sera une marche pour sensibiliser le maximum de personnes. 


Marie Noëlle Ramdeen : « Nous sommes plus attentifs… »

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Marie Noëlle Ramdeen, directrice de l’association Future Hope, explique que depuis la dernière rencontre qui avait eu lieu au Domaine des Aubineaux le 26 octobre dernier ils sont plus vigilants au sein même de l’association. « Nous offrons un accompagnement scolaire, des formations en ce qui concerne la drogue, la sexualité et d’autres fléaux sociaux, aux enfants âgés de 5 à 16 ans ayant des difficultés académiques ou des troubles du comportement. Depuis la formation suivie grâce à l’association Étoile d’Espérance nous sommes plus attentifs et plus vigilants par rapport aux comportements des enfants.

Nous savons maintenant ce qu’est le SAF et on se pose parfois la question : est-ce que cet enfant souffre de syndrome d’alcoolisation fœtale ou pas ? D’ailleurs, nous pouvons aussi sensibiliser un beau nombre de personnes grâce à notre proximité avec les Mauriciens. De notre côté, nous partageons les informations reçues à travers nos trois centres de Sainte-Croix, Résidence La Cure et Petite Rivière.


Rubina Ruhee : « On parle souvent des femmes ou des enfants mais pas des jeunes »

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La jeune femme qui est conseillère et œuvre aussi pour les associations Mahebourg espoir et ANFEN explique que la sensibilisation commence avant tout par les jeunes. « On parle toujours des mères ou des enfants qui sont touchés par l’alcool, mais pas assez des jeunes. La sensibilisation doit se faire dès le plus jeune âge. Il est difficile de modeler un adulte tandis que c’est plus simple avec les jeunes de leur faire changer d’habitude.

Il faut aussi pouvoir entrer dans leur monde et c’est plus facile aujourd’hui par les technologies et les réseaux sociaux. Nous pouvons passer des messages à travers des vidéos par exemple », fait ressortir Rubina. Cette dernière ajoute qu’il faut aider les jeunes. « Certains jeunes ne connaissent pas leur corps, il faut les éduquer à ce propos et leur faire prendre conscience des risques liés à la consommation d’alcool. Je pense aussi qu’une part de cette prise de conscience doit être faite par les parents qui sont parfois négligents à cause de leur emploi ou tout autre engagement professionnel. Un jeune est comme un arbre qui pousse, il doit être encadré », fait ressortir Rubina.


Un centre de diagnostic en projet

Marylène François, de l’association OpenMind qui est spécialisée en santé mentale pour les enfants, a pour sa part proposé un service de diagnostic dans le futur, afin d’affronter les problèmes de front. « Nous sommes dans la réalité, au cœur même de la société et nous voulons travailler avec les autres associations pour détecter les cas de SAF à Maurice, mais pour cela nous sommes d’avis que le ministère de la Santé doit être partie prenante du combat », dit Marylène. Le Dr Kevin Teerovengadum, chirurgien pédiatre, a lui aussi proposé l’idée d’étoffer une équipe avec un pédiatre et réfléchir à un centre de diagnostic du syndrome d’alcoolisation. Pour toutes informations qui vous seraient utiles, vous pouvez contacter l’association Étoile d’Espérance.

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