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Rétrospective 2016 - Réformes : l’Éducation en ébullition

De nombreux parents ont privilégié les leçons particulières pour le CPE. De nombreux parents ont privilégié les leçons particulières pour le CPE.

Le secteur de l’éducation a été très dynamique cette année. Plusieurs événements ont retenu l’attention, notamment la mise en place du nouveau système éducatif ‘Nine-Year Continuous Basic Education’. La fin des épreuves du ‘Certificate of Primary Education’ après 40 années est, toutefois, à marquer d’une pierre blanche.

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Clap de fin pour le CPE

Après 40 ans d’existence, cet examen de fin d’étude primaire cède sa place au Primary School Achievement Certificate (PSAC). Le Certificate of Primary Education (CPE) ne sera plus d’actualité, à partir de janvier 2017. En effet, la dernière cuvée tenue du 25 au 28 octobre dernier, avait réuni 22 092 candidats. Le CPE marque la fin d’une époque, mais beaucoup se souviennent de la lutte pour la reconnaissance des langues orientales.

Convaincu de l’importance de ces langues, Suttyhudeo Tengur ira jusqu’au Privy Council pour renverser le jugement de la Cour suprême en 1995, qui déclarait leur évaluation d’ « anticonstitutionnelle ». Ayant obtenu gain de cause, les langues orientales sont maintenant comptabilisées. Par ailleurs, le kreol morisien, introduit en 2012, sera pour la première fois comptabilisé en 2017 lors des examens du PSAC.

Le CPE était tantôt apprécié pour l’admission des élèves dans les « star colleges », tantôt redouté par les pédagogues et les parents, étant qualifié de « stressant. » Pour Vinod Seegum, président de la Government Teachers Union, « le CPE a fait ses preuves ». Il soutient que les professionnels d’aujourd’hui sont issus de ce système d’éducation. Selon lui, l’épreuve est qualifiée d’hypercompétitive, parce que les autorités n’ont pas investi dans les infrastructures nécessaires.

« Parents et enseignants ont poussé les enfants à étudier afin d’obtenir les meilleures notes pour une place dans un collège d’élite. La tâche aurait été moins dure, si les autorités avaient investi dans la construction d’autres salles de classes au sein desdits collèges », dit-il. Harris Bachwa, manager du Friendship College, est d’avis que cet examen a causé trop de stress aux écoliers. « De nombreux parents ont privilégié les leçons particulières. Cela a fait beaucoup de mal au système et aux élèves qui n’ont pas vécu leur enfance… »

2016 a vu également beaucoup de rencontres entre les responsables du ministère de l’Education et les partenaires pour la mise en place de la réforme éducative qui débute en janvier prochain. Harris Bachwa soutient ainsi que la réforme éducative apportera un changement majeur. Il estime ainsi que les élèves qui passeront les examens de Grade 9 (Form III), le National Certificate of Education (NCE), seront mieux préparés à surmonter cette épreuve.

Il y a aussi ceux qui sont contre le changement comme l’Union of Private Secondary Education Employees (UPSEE). Elle a d’ailleurs réuni ses membres pour une mobilisation devant la MITD House, Phoenix. Yayha Paraouty, son président, est catégorique : « Nous sommes contre cette réforme éducative. Ce système viendra rajouter du stress sur les enfants. Après les examens de Standard VI, ils auront à affronter un autre examen en Form III. Nous maintenons toujours notre campagne contre la réforme éducative. »

Nouvelle gestion pour les écoles de l’APEIM

Les employés ainsi que les élèves de l’Association de Parents d’Enfants inadaptés de l’île Maurice (APEIM) n’ont plus à s’en faire. Le ministère de l’Éducation a avalisé la gestion des écoles de l’organisation par le Service Diocésain de l’Education Catholique (SeDEC).

La Roman Catholic Education Authority (RCEA), sous l’égide du SeDEC (ex-Bureau Education Catholique), gérera les huit écoles de l’APEIM à partir de janvier 2017. Ces établissements sont en difficulté financière depuis 2013. Cette situation a provoqué pas mal d’inquiétudes dans les milieux concernés, surtout du côté des parents d’enfants en situation de handicap, car ces écoles devaient fermer leurs portes en janvier 2017, faute de moyen.

Les employés ont, eux, reçu leur lettre de licenciement et leurs indemnités selon les dispositions de la loi, le lundi 28 novembre. Ayant des difficultés à gérer ces écoles, l’APEIM avait menacé à maintes reprises de fermer ses huit écoles. L’accord prévoit que les Ecoles spécialisées/Classes spécialisées, ex-APEIM, seront intégrées aux écoles primaires de la RCEA.

SC/HSC : le taux de présence influe sur les frais

Des élèves protestest contre la décision de payer les frais d’examen.

Les autorités souhaitent résoudre le problème d’absentéisme parmi les élèves du School Certificate (SC) et du Higher School Certificate (HSC). Un des moyens d’y arriver est de demander aux candidats ne respectant pas un taux de présence de 90 % en classe de s’acquitter des frais de ces examens. En septembre dernier, cette décision avait créé un malaise parmi les élèves et les parents, lorsqu’ils ont appris qu’ils devaient honorer de ces frais.

Certains élèves issus des collèges d’État avaient même boudé les classes, alors que d’autres sont descendus dans les rues de la capitale pour s’insurger contre cette décision. La ministre de l’Éducation, Leela Devi Dookun-Luchoomun, avait même rencontré quelques-uns en vu d’un arrangement. Le délai de paiement pour ceux qui n’ont pas respecté le taux de présence de 90 % en classe a ainsi été étendu au 31 décembre 2016.

Selon les conditions, le nombre d’absence d’un élève ne devait pas dépasser 15 jours, entre le 11 janvier et le 9 septembre 2016, date à laquelle le time table a été remis aux candidats. Il est aussi indiqué que les absences de ceux ayant participé aux examens de GCE ‘O’/’A’ en mai/juin 2016, ne doivent pas être comptabilisées.

Ceux qui ne respectent pas ces conditions devaient alors s’acquitter des frais de ces examens, qui s’élèvent à Rs 12 000 et Rs 14 000 respectivement pour le SC et le HSC. Certains parents ont déploré le fait que les conditions n’étaient pas claires dès le début.

8 500 candidats ont dû payer

Ils étaient plus de 18 000 élèves à prendre part aux examens du SC /’O’ level et plus de 10 000 à affronter les épreuves du HSC/’A’ level. 29 % d’entre eux devront s’acquitter des frais d’examens, ce qui représente environ 8 500 candidats. Ces derniers n’ont pas respecté les critères.

 

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