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Ressources naturelles Maurice, une histoire d’eau

La Grande Riviere Nord-ouest était un premier point de ravitaillement en eau au début de la colonisation.

Histoire(s) Mauricienne(s) vous propose de remonter le cours de l’histoire de l’eau à Maurice. Le destin de l’île a toujours été intimement lié à ses ressources hydriques, pour le meilleur ou pour le pire…

Au 19e siècle, Port-Louis s’étendit, sa population augmenta. Canalisations et fontaines se multiplièrent dans la ville, mais l’approvisionnement en eau restait toujours problématique, d’autant plus que d’autres quartiers et régions se développaient également. La distribution de l’eau aux villes et villages éloignés devenait un enjeu. Elle fut régie par la Rivers and Canals Act de 1863, l’une des plus vieilles législations de la Constitution mauricienne.

Si, en 1892, la ville de Port-Louis était suffisamment approvisionnée en eau, celle-ci était inégalement répartie. 20 000 habitants, sur les 60 000 que comptait la ville, en consommaient deux fois plus que les 40 000 autres… De plus, la qualité de l’eau devenait un enjeu majeur, non seulement dans la capitale, mais aussi à travers l’île, avec la prolifération d’épidémies qui décimèrent la population vers la fin du 19e siècle.

L’eau de la Grande Rivière Nord-ouest et celle de la rivière du Tombeau furent déclarées impropres à la consommation. Le rapport de l’ingénieur sanitaire Chadwick suggéra que l’eau provenant des canaux Dayot, Bathurst et de quelques autres soit utilisée uniquement pour les besoins d’irrigation et que l’eau extrêmement pure du réservoir de la Mare-aux- Vacoas, aux Plaines Wilhems, soit, elle, utilisée pour les besoins domestiques. Dans un premier temps, sa proposition fut mise de côté en raison des coûts exorbitants du projet.

Toutefois, vers 1904, la proposition de Chadwick revint sur le tapis. Les casernes, la gare centrale, l’hôpital civil, l’hôtel du gouvernement, ainsi que quelques fabriques de limonade furent approvisionnés en eau de la Mare-aux-Vacoas. L’eau parvint également jusqu’au Chien de Plomb sur le port, d’où elle fut vendue à Rs 45 les 90 tonnes. En 1915, période de sècheresse, le niveau du barrage de retenue construit quelques décennies plus tôt fut surélevé et la capacité du réservoir atteignit 5,27 millions de m3, puis en 1928, avec la mise en opération d’un canal de déviation à 16,15 millions de m3.

historeEntre-temps, les besoins en eau de Maurice devenaient de plus en plus importants. La Ferme, près de Bambous, avait été construit en  1914 et pouvait contenir 11,52 millions de m3 d’eau destinés à l’irrigation, puis en 1929, ce fut au tour de La Nicolière d’accueillir un réservoir. Entre-temps, un site avait été identifié à Midlands pour créer un autre réservoir, mais les travaux lancés en 1926 furent stoppés en 1931 par manque de moyens financiers. En 1952, Piton du Milieu accueillit un réservoir de près de 3 millions de m3.

L’exploration des aquifères démarra dans les années 60 et, depuis, ceux-ci ont été exploités de façon intensive. Le 19 juillet 1971, le gouvernement décida de confier à une seule organisation la responsabilité de la distribution de l’eau, la Central Water Authority. Durant les années 1990, de nouveaux développements intervinrent. La Water Resources Unit fut créée en 1993 et une étude fut entreprise pour reprendre le projet de réservoir à Midlands. Un barrage fut finalement construit sur la Grande Rivière Sud-est, près du village de Midlands, pour approvisionner le nouveau réservoir. Quant à Bagatelle, dernier en date des réservoirs mauriciens, il est destiné à répondre aux besoins grandissants du district de Port-Louis et des basses Plaines Wilhems (Quatre-Bornes, Rose-Hill, Stanley, Beau-Bassin, Coromandel). Mare-aux-Vacoas reste le plus grand réservoir avec 25,89 million de m3.

Aujourd’hui, 54 % des besoins en eau sont satisfaits par les aquifères et 46 % proviennent des eaux en surface, réservoirs et rivières. Il y 429 puits utilisés pour les besoins domestiques (90 %), l’irrigation (5 %),   et les industries (5 %). Outre les 11 réservoirs utilisés dans le réseau, d’autres sont en service. Ceux de Mare Longue (6,28 millions de m3), Tamarind Falls (2,3 millions de m3), Eau Bleue (4 millions de m3) et Diamamouve (4 millions de m3) servent à la production hydro-électrique et/ou à l’irrigation. Deux réservoirs, ceux de Dagotière (0,6 million de m3) et de Valetta (2 millions de m3) sont à usage privé.

Sources : L’Approvisionnement en eau de la ville de Port-Louis (1722 – 2006), M.A. Kauppaymuthoo/Société de l’Histoire de l’île Maurice, et Water Resources Unit, Report on water resources in Mauritius (Chadwick, 1891)

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