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Réclamation de plus de Rs 181 millions au CEB : amputé des deux bras, Gaurav Emrith tente de se reconstruire

Depuis son accident, Gaurav Emrith a besoin d’une assistance permanente pour ses tâches quotidiennes.

La vie de Gaurav Emrith, 26 ans, a basculé le 31 août 2024, lorsqu’il a été électrocuté sur son lieu de travail à Curepipe. Les conséquences de cet accident ont été dramatiques : il a dû être amputé des deux bras. Aujourd’hui, cet ancien « cadet assistant technician » réclame réparation et justice pour le préjudice subi.

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Gaurav Emrith, aux côtés de ses parents Deochand (57 ans) et Jassoda (54 ans), ainsi que sa sœur Reshmi (22 ans), a fait parvenir une mise en demeure au Central Electricity Board (CEB). Cette démarche, effectuée par l’intermédiaire de leur avoué, Me Bebakur Rampoortab, vise à réclamer des dommages et intérêts d’un montant de Rs 181 594 000. La famille a également retenu les services de Me Vikash Rampoortab.

Aujourd’hui, le jeune homme est amputé des deux bras. Passionné de pêche, il se trouve désormais dans une situation complexe, nécessitant une aide permanente pour accomplir les gestes les plus simples du quotidien. Avant cet accident de travail, il avait une belle vie et la tête pleine de projets. 

Le 21 juillet 2023, cet habitant de Forest-Side a décroché un poste de « cadet assistant technician (Electrical) » au sein du CEB. Il avait suivi des études en « electrical installation work » à la Mauritius Institute of Training and Development (MITD), obtenant les qualifications NC3 et NC4.

Le 31 août 2024, comme chaque jour, Gaurav Emrith s’est rendu au travail en voiture. Ce jour-là, alors qu’il effectuait une tâche de maintenance sur un pylône électrique à Curepipe, il a été électrocuté en y montant.

« Mes amis ont dû installer une échelle pour m’aider à descendre du pylône d’électricité, car j’étais attaché avec ma ceinture de sécurité. Ils m’ont ensuite transporté d’urgence dans une clinique privée à Curepipe. J’ai été admis en soins intensifs, et le soir même, j’ai subi une intervention chirurgicale. Il a fallu m’amputer des deux bras », raconte Gaurav Emrith.

Sa mère, Jassoda Emrith confie : « Ce n’était pas facile de voir mon fils dans cet état. J’étais anéantie. Même aujourd’hui, c’est toujours difficile pour nous. Mais Dieu était là pour lui ». En se remémorant ce triste incident, cette mère de famille ne peut retenir ses larmes, tout comme sa fille Reshmi et Gaurav. Ce dernier déclare : « Mo pas ti capav change narie. Sa ki fine arive in arive ». Lui qui était actif se retrouve désormais avec un handicap permanent de 100 %. Toutefois, ce jeune homme déterminé souhaite continuer à être autonome et envisage d’utiliser des prothèses dans un avenir proche.

Des rêves brisés

Les projets de Gaurav Emrith, notamment de fonder une famille et de construire une maison, se sont effondrés. En effet, le jour de l’accident, sa demande de prêt avait été approuvée, malheureusement, il n’a pas pu aller de l’avant. Toutefois, sa fiancée, âgée de 25 ans et comptable de profession, reste à ses côtés. Leur amour est indéfectible. « Même sans mes deux bras, elle reste à mes côtés. Ses parents et son frère m’ont également soutenu. Ils m’ont toujours mis à l’aise en dépit de mon handicap », indique-t-il. 

Au fil des mois, le jeune homme a dû apprendre à vivre avec son handicap. Les gestes quotidiens, comme se nourrir ou se déplacer, sont devenus des défis permanents. Sa famille a dû sacrifier une grande partie de son temps pour s’occuper de lui. « Nous ne le laissons jamais seul. Tout le temps, il faut qu’il y ait quelqu’un pour l’aider, même quand il se déplace », indique sa mère.

Le jeune homme a suivi des traitements auprès d’un psychiatre et d’un psychologue et poursuit régulièrement des consultations, ainsi que des thérapies.

La sécurité au travail

Si Gaurav Emrith a décidé de se tourner vers la justice, c’est parce qu’il estime qu’il y a eu une négligence de la part du CEB. Selon lui, chaque employeur a la responsabilité de garantir la sécurité de ses travailleurs en leur fournissant les équipements nécessaires pour éviter de tels accidents. Le non-respect de ces normes de sécurité, affirme-t-il, peut détruire une vie. Il en est la preuve vivante. 

Il est soutenu par sa famille, qui se bat à ses côtés pour obtenir justice. Ils ont entamé des démarches juridiques contre le CEB, réclamant une indemnisation de Rs 181 594 000 pour couvrir les frais médicaux, les pertes de revenus, la souffrance morale et les besoins futurs de jeune homme. Ce dernier considère que ce combat est aussi un moyen de sensibiliser le public afin que de telles tragédies ne se reproduisent plus.
Aujourd’hui, Gaurav Emrith continue de faire face aux défis de sa nouvelle vie, entouré d’une famille plus unie que jamais, qui l’accompagne dans son parcours de résilience. Toutefois, pour lui, la douleur reste omniprésente.

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