
Jeudi, vous avez participé à une conférence à l'hôtel Labourdonnais sur le thème « La démocratie parlementaire et son impact sur la démocratie dans le pays ». Quel est justement l’importance du Parlement concernant la démocratie ?
Dans une démocratie, on a des institutions importantes qui doivent assurer le développement du pays en faveur de la population. Chacune d'elles a un rôle bien précis. Le Parlement légifère, mais ce sont des ministres qui proposent les projets de loi qui sont ensuite débattus et adoptés avec ou sans amendements. Les députés s'expriment et votent. Ils questionnent les ministres au nom de leurs mandants qui ont voté pour eux en fonction de leur manifeste électoral. Ils débattent notamment du programme gouvernemental et du budget. Donc, le gouvernement doit rendre des comptes au Parlement. S'il y a une judicial review, une décision de l'exécutif peut être remise en question par la justice. Il y a ainsi la séparation des pouvoirs et un système de checks and balances. Moi, j'ai demandé aux députés de respecter une devise en trois R : « Rights, Respect and Responsibility ». Et c'est ainsi que ceux qui nous regardent vont eux aussi adopter cette attitude positive pour la démocratie. D'autant plus qu'aujourd'hui, les débats sont retransmis en direct. Et je sais que beaucoup de gens, ici et même à l'étranger, nous regardent. Ils m'en parlent.
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Certains croient que vous vous opposez à l’introduction du Kreol Morisien au Parlement. Qu’en est-il ?
Le 21 février dernier, j'ai eu l'occasion de dire clairement à l'occasion de la Journée internationale de la langue maternelle, célébrée à l'Université de Maurice, que j'étais en faveur de l'introduction du Kreol Morisien à l'Assemblée. Car c'est la langue de la majorité des Mauriciens. Malheureusement, j'ai dû prendre une décision juridique quand la Junior Minister Joanna Bérenger a voulu faire son discours sur le Bail Bill entièrement en Kreol. Je lui ai rappelé avec bienveillance que le Standing Order No. 5 précise que c'est l'anglais qui est la langue officielle de l'Assemblée. Mais qu'un membre du Parlement pouvait s'exprimer en français. Elle a une lecture de l'article 49 de la Constitution qui, disait-elle, était plus large. Mais nous ne pouvons interpréter la Constitution de cette manière-là. J'ai juste donné un ruling, ce qui est exactement mon rôle. Et elle a respecté mon ruling, mais je regrette qu'elle ait finalement refusé de reprendre son discours.
Est-ce que l’introduction du Kreol au Parlement est compliquée ?
Oui. Pour l'instant, il faut aplanir les difficultés techniques, procédurales et juridiques. C'est aussi une question politique. Mais le Conseil des ministres m'a clairement encouragée à poursuivre les consultations que je mène déjà sur cette question qui me tient à cœur, même si je tiens à préciser que je suis pour le multilinguisme. Ces deux langues internationales utilisées aujourd'hui au Parlement et à Maurice sont indispensables pour notre pays qui est tourné vers l'extérieur.
Vous avez parlé jeudi de la création d’un comité. De quoi s’agit-il ?
Au départ, je pensais qu'on pouvait avoir un Select Committee et j'en avais fait la proposition au Premier ministre. Mais il est vrai qu'un tel comité peut prendre du temps. Dans leur sagesse collective, les ministres m'ont soutenue dans ma démarche. Pour aller plus vite en besogne, j'ai décidé de créer un comité de travail interne qui sera appelé à se réunir régulièrement et nous ferons nos propositions.

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