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Pandémie et monde du travail - Santé mentale : allô docteur, employeurs et employés malades

La Covid-19 a des effets sur la santé mentale.

Aux effets physiques de la Covid-19 s’ajoutent les séquelles de la pandémie sur la santé mentale des employeurs et salariés. Raisons : l’isolement en cas de contamination, le stress, l’insuffisance du personnel, entre autres.  

Compassion et compréhension. Aussi bien du côté de l’employeur que de l’employé. Les maîtres mots, selon Divya Bundhoo-Luximon, Manager de Talent Lab, « pendant ces périodes difficiles, pour assurer la survie à long terme de l’entreprise ainsi que la sauvegarde de l’emploi ». Car si la Covid-19 affecte l’intégrité physique d’une personne, les séquelles de la pandémie sont, elles, nombreuses, notamment sur le plan de la santé mentale… et la productivité.

Divya Bundhoo-Luximon, Manager de Talent Lab.
Divya Bundhoo-Luximon, Manager de Talent Lab.

Maya Sewnath, présidente des SME Chambers, ne dira pas le contraire. La production, dit-elle, a diminué, plusieurs compagnies travaillant en effectif réduit car des employés sont en isolement. « Supposons qu’un travailleur a été en contact avec des patients atteints de la Covid-19 en deux occasions, il devra donc s’auto-isoler deux fois, ce qui est assez fréquent en ce moment », souligne-t-elle.

Cette situation, explique la présidente des SME Chambers, « est stressante pour les employés, mais aussi pour les entreprises, surtout celles qui sont impliquées dans le secteur manufacturier. Certaines ne sont pas en mesure d’accepter des commandes ». 

Le fait est, fait remarquer Divya Bundhoo-Luximon, que « l’employeur n’est pas en mesure d’attendre le même niveau d’engagement au travail qu’en temps normal. La productivité est forcément affectée ». Elle s’explique. Les exigences de distanciation physique ont provoqué de nombreux changements pour les employés, tels que le travail à domicile, parfois dans un environnement domestique qui n’est pas propice à un travail correct. « Certains parents qui travaillent doivent également gérer les enfants, les repas familiaux et la scolarité virtuelle pendant les heures de bureau. Indéniablement, cela entraîne un manque de concentration et une réduction de la productivité des employés dans le monde du travail. »

Quelles solutions ?

Qui plus est, l’employé est soumis à beaucoup de stress physique et mental, fait-elle comprendre. « Imaginez un employé dont un proche est testé positif à la Covid-19 et ce dernier est soit en isolement à domicile soit admis à l’hôpital… » Il faut ajouter à cela la peur de perdre son emploi et de ne pas être en mesure de respecter ses obligations financières aujourd’hui ou à l’avenir. 

Quelles solutions dès lors ? La Manager de Talent Lab est d’avis que les employeurs ont le devoir de s’assurer que des mesures sanitaires appropriées sont prises quotidiennement pour offrir un lieu de travail aussi sûr que possible à leurs salariés si leur présence physique est nécessaire. « La nomination d’un champion de la santé mentale et du bien-être, même en interne, pourrait contribuer grandement à fournir un soutien dédié aux employés directement touchés par la pandémie. En fin de compte, nous devons tous traverser cette phase ensemble. » 

Pascale Pougnet, psychologue clinicienne.
Pascale Pougnet, psychologue clinicienne.

Un équilibre travail / vie personnelle est important et le promouvoir sur le lieu de travail l’est encore plus, insiste, pour sa part, la psychologue clinicienne Pascale Pougnet. « C’est-à-dire ne pas s’attendre à ce que les employés répondent aux appels et e-mails de travail pendant leur temps personnel, les encourager à prendre des pauses et des vacances. L’équilibre travail / vie personnelle ne devrait pas seulement être laissé à l’initiative de l’employé, mais le lieu de travail devrait respecter et encourager les tentatives des employés de mettre en place des limites saines », affirme-t-elle.

Pascale Pascale Pougnet est d’avis que les entreprises peuvent également promouvoir la santé mentale en fournissant un accès à des services de conseil, comme les Employee Assistance Programs (EAP), des événements tels que conférences et séminaires sur la santé mentale. « Cela contribue également à déstigmatiser la maladie. »

Elle n’en démord pas, il est « primordial que les entreprises et les employeurs soutiennent les efforts de leurs employés pour chercher de l’aide au niveau de leur santé mentale en permettant des horaires de travail flexibles pour assister à des rendez-vous avec des psychologues ou médecins et en prenant des ‘journées de la santé mentale’ ».

Caroline, fonctionnaire : « Un moment stressant  »

Caroline, fonctionnaire et mère célibataire, explique qu’elle a eu la Covid-19 il y a quelque temps. Elle habite chez ses parents avec ses deux enfants. En octobre, elle a été contaminée par son collègue. « C’est un moment stressant pour moi. Je suis actuellement grippée et j’ai la toux. Je suis dans le flou car mes congés de maladie sont épuisés et mes récents Rapid Antigen Tests se sont révélé négatifs. Du coup, je dois travailler en rotation. On n’a pas d’autre choix. »

L’apport des secouristes

Catherine Veerapen, la Training Manager de la compagnie Industrie et Services de l’océan Indien (ISOI), est d’avis que la disponibilité de secouristes qualifiés peut aider à réduire la pression sur le personnel de la santé. « Un secouriste a été formé pour reconnaître et traiter une multitude de blessures et de maladies pouvant survenir au travail comme à la maison », souligne-t-elle.

Catherine Veerapen, Training Manager chez Industrie et Services de l’océan Indien.
Catherine Veerapen, Training Manager chez Industrie et Services de l’océan Indien.

Les techniques de secourisme qui sauvent des vies peuvent aider à empêcher que l’état d’une personne ne se détériore. « Par exemple, si une personne ne réagit pas et respire, la faire rouler sur le côté ou pratiquer la RCR si sa respiration s’arrête peut faire la différence entre la vie et la mort. »

Elle soutient qu’« un secouriste peut souvent aider sans avoir besoin d’appeler une ambulance ou d’envoyer le patient dans un service d’urgence déjà débordé ».

Serge Gawono, Trainer in First Aid chez ISOI, de renchérir qu’« il est possible de se former aux gestes de premiers secours dans le respect des règles sanitaires et en toute sécurité. Beaucoup de procédures d’intervention ont certes changé, mais nous nous sommes adaptés et apprenons à utiliser de nouvelles méthodes d’intervention sans mettre en danger l’intégrité du sauveteur. »

Serge Gawono, Trainer in First Aid chez Industrie et Services de L’océan Indien.
Serge Gawono, Trainer in First Aid chez Industrie et Services de L’océan Indien.

 

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