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L’obésité : personne n’est à l’abri

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L’obésité, qui gagne davantage du terrain à Maurice, peut avoir de graves conséquences sur la santé d’un individu, notamment l’augmentation des risques de maladies cardio-vasculaires, les calculs rénaux ainsi que l’apnée du sommeil.

Selon la Global Nutrition Report de 2015, 5,4 % des filles et 3,8 % des garçons âgés entre 5 et 19 ans sont touchés par l’obésité, tandis que 15,7 % des femmes et 5,8 % des hommes sont obèses, chiffres qui depuis ont été revus à la hausse. Une mauvaise hygiène de vie est souvent la principale cause liée à l’obésité. Le manque d’activités physiques, la séparation des parents ou encore la perte d’un proche ainsi que l’échec scolaire figurent parmi les autres causes qui peuvent provoquer le surpoids. Dans certains cas, l’obésité peut être liée à une transmission génétique si les deux parents sont en surpoids, les risques que leur enfant soit obèse est plus de 50 %.

L’Association T1 Diams aussi engagée dans la lutte contre l’obésité

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Dr Pravesh Kumar Guness.

Dr. Pravesh Kumar Guness de l’association T1 Diams explique qu’il y a plusieurs facteurs qui mènent à l’obésité, mais aussi plusieurs types d’obésité. Lorsqu’on parle d’obésité, on lie tout de suite cela à la malbouffe ou l’excès de nourriture. Or, tel n’est pas forcément le cas. «L’obésité peut être transmise à un enfant par des antécédents familiaux, par la sédentarité, par la génétique d’une personne et elle peut être aussi d’origine médicamenteuse et due à un excès de cortisone produit par le corps d’un être humain », fait-il ressortir. L’obésité est calculée par l’Indice de Masse Corporelle (IMC). Il s’agit de diviser le poids d’une personne par sa taille au carré. « Le chiffre obtenu définira alors si la personne est obèse, en surpoids ou maigre. L’IMC d’une personne normale varie entre 18,5 et 25. La personne dont l’IMC se situe entre 25 et 30 est en surpoids. Celui dont l’IMC dépasse 30 est obèse et celui qui a un IMC de moins de 18,5 est considéré comme maigre », informe-t-il.

Le Dr Pravesh Kumar Guness précise que pour calculer l’IMC d’un enfant, il faut prendre en compte sa courbe de croissance. 20% des personnes de plus de 18 ans sont obèses et 35% sont en surpoids selon les dernières recherches effectuées au sein de l’association. Selon le médecin le suivi des patients est fait à partir d’un an et le plus âgé d’entre eux est actuellement âgé de 89 ans. Il informe également  qu’encore une fois, selon les dernières études menées sur des personnes âgées entre 0 et 18 ans, 15 % sont en surpoids et 10 % sont obèses. Ce dernier, à notre question, répondra que l’obésité ne touche pas toujours les diabétiques uniquement. Au sein de l’association, plusieurs personnes sont suivies par des médecins, des psychothérapeutes, mais aussi des diététiciens. C’est un suivi multi disciplinaire. Par la suite, ces personnes se rencontrent pour des réunions hebdomadaires afin de discuter au cas par cas des patients afin de connaitre la marche à suivre pour leur traitement. Le patient aura un régime à suivre. « Toutefois, les parents et la famille ne sont pas en reste. Ils auront également une formation sur l’alimentation pour favoriser une alimentation saine. La famille et le patient reçoivent tous deux ces formations », précise le docteur.

9, avenue Bernardin de St. Pierre

Quatre Bornes, République de Maurice

Courriel info@t1diams.org

Téléphone +230 427 2916


Divya Poorun, nutritionniste clinicienne : «Attention au fast-food»

fast foodSelon la nutritionniste, on a tendance à croire qu’on grossit parce qu’on mange trop de féculents. En fait, « ce ne sont pas les aliments qui nous font grossir, mais la quantité. Un excès de calories fait aussi grossir. De plus, notre corps sécrète deux types d’hormones, une qui provoque la faim et l’autre nous empêche d’avoir faim. Cependant, il y a aussi des débalancements hormonaux, surtout lorsqu’un individu est stressé. Par conséquent, il aura tendance à manger même lorsqu’il n’a pas faim, ce qui va causer la prise de poids. Et dans ce cas, c’est néfaste, car la personne aura tendance à consommer plus que ce dont il a vraiment besoin », explique Divya Poorun. Bien que cela puisse paraitre anodin, le pouvoir d’achat contribue aussi à l’obésité.

« Les fast-foods, c’est plus rapides et de nombreux Mauriciens ont tendance à penser qu’acheter des légumes et passer du temps à cuisiner, c’est une perte de temps. Or, les fast-foods affectent la nutrition étant riches en sel et sucre», dit-elle. La génétique a en outre un impact sur la physionomie d’une personne. « Il faut savoir que l’obésité est liée au diabète et aux maladies cardiovasculaires. S’il y a des cas d’obésité dans l’historique de la famille, la personne a de grandes chances d’être obèse », avoue la nutritionniste. « En revanche, si cette même personne veille au grain à son alimentation, elle réduit considérablement les risques de devenir obèse », lâche-t-elle. La nutritionniste fait ressortir que manger rapidement accentue le risque de devenir obèse. « Il est important de prendre au moins 20 minutes pour manger, car en mangeant vite on reste sur une sensation de faim et on a tendance à manger plus », conclut-elle.


Kushal Bhurruth : «On me traitait toujours de ‘gros’»

kushalAujourd’hui âgé de la vingtaine et connu sous le pseudo d’Akash, le jeune homme raconte qu’il était en surpoids lors de son adolescence. Bien des années plus tard, il s’est transformé.

« J’étais ‘portant’ depuis mon plus jeune âge, mais je n’y portais pas attention. Ensuite, les choses se sont compliquées lors de ma scolarité, lorsque les élèves m’ont affublé de divers noms. Certains sont même allés jusqu’à m’insulter quand je pesais 120 kilos et portait des t-shirts 4 XL », dit-il. Kushal explique qu’il taisait sa souffrance malgré les nombreuses blessures. Puis, il eut un déclic en 2014.

« Nous étions entre famille et amis et tout le monde parlait des nouvelles résolutions. Lorsque j’ai dit que j’allais perdre du poids, tout le monde a rigolé », confie Kushal. « Au fond, j’étais offensé. Je suis rentré chez moi, je me suis mis devant un miroir et j’ai pris la décision de changer pour de bon », se remémore le jeune homme. Dès le lendemain, il s’est mis au sport. « Vu que je n’avais pas les moyens de me payer un coach personnel, j’ai regardé sur Internet pour trouver des conseils. Ensuite, j’ai surveillé mon alimentation et j’ai fait des exercices quotidiennement dès le réveil à six heures avec l’aide de mon frère aîné», confie-t-il.

Kushal avoue avoir été tenté par la facilité. « J’ai fait l’effort de préparer moi-même la nourriture et d’éviter les fast-foods. Quand mes amis me proposaient d’aller déjeuner dehors, c’était dur, mais il fallait savoir dire non pour atteindre mon but », concède Kushal. Au bout de huit mois, les résultats étaient déjà visibles. « Il faut croire en soi et avoir une bonne raison pour le faire. Pour moi, c’était le fait de m’entendre être traité sans cesse de ‘gros’. C’était ma motivation. Désormais, on respecte mes sacrifices et mes efforts. Je ne suis plus le même. Je suis une nouvelle personne et je me sens plus présent dans la société », dit-il. Kushal avoue que ses efforts ne seraient pas possibles sans l’aide de ses parents. « Le soutien des parents est très important. Ils doivent encourager leurs enfants à faire du sport», conclut-il. Le jeune homme a décrit son incroyable parcours sur son compte Instagram akash1440.


L’avis du psychologue : l’impact du surpoids sur l’estime de soi 

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Vidhi Bekaroo, psychologue.

Les conséquences psychologiques de l’excès de poids ou de l’obésité peuvent inclure une baisse de l’estime de soi, une hausse d’anxiété, ainsi que des troubles plus graves tels que la dépression accompagnée de plusieurs autres symptômes, comme la léthargie ou des troubles de l’alimentation, tels que la boulimie et l’anorexie. En outre, les personnes en surpoids sont plus susceptibles de se sentir rejetées et peu attrayantes  par la société. La tension émotionnelle peut entraîner un gain de poids supplémentaire et il est difficile de maitriser une telle chose  nous explique Vidhi Bekaroo. Très souvent, les gens en surpoids ont une faible estime de soi et ont une vision négative de leur propre apparence physique.

« Certaines personnes n’aiment pas se regarder dans le miroir pour ces raisons. Dans ce cas, il est important que la personne commence à développer une estime de soi positive. Avoir des pensées ou sentiments négatifs peut affecter la confiance en soi dans d’autres domaines de la vie. Pour ces raisons, il est important que la personne reconnaisse les émotions négatives et travaille dessus pour les changer », informe la psychologue, Vidhi Bekaroo. Elle  avance qu’un bon moyen de renforcer l’estime de soi, c’est de réaliser les objectifs fixés. « Faites tout pour atteindre vos objectifs. Commencez par de petits défis personnels et réalistes, puis vérifiez régulièrement vos progrès. Vous commencerez à vous aimer. Si vous avez envie d’abandonner, pensez au progrès que vous avez pu faire», dit-elle. Il  faut du temps pour perdre du poids et cela peut prendre des jours, voire des mois. Il faut être patient. «  Ne vous négligez pas et habillez-vous d’une manière attrayante. Il existe également de nombreux styles de mode pour les personnes obèses ou en surpoids. Un de ces styles pourrait bien vous plaire. »

Vidhi Bekaroo conseille aux proches et aux membres de la famille d’identifier les facteurs conduisant à l’obésité au lieu de critiquer ou d’ignorer la personne concernée. La famille joue un grand rôle, comme celui d’entourer et de soutenir la personne en surpoids qui fait le régime. Si besoin est, la famille doit faire appel à un professionnel ou un thérapeute pour venir en aide à la personne obèse. Vidhi Bekaroo explique que même si cette dernière fait face aux critiques et à la discrimination en dehors de chez elle, les membres de la famille doivent lui faire sentir qu’elle est aimée et lui donner l’attention et l’affection dont elle a besoin. En conclusion, je dirais que nous vivons dans un monde moderne, mais l’apparence physique d’une personne ne devrait pas faire partie des priorités. Ce qui compte le plus, c’est que tout le monde est humain, obèse ou pas. Nous avons tous des sentiments et des émotions et qui méritent d’être respectées. Il faut juste croire en soi et s’aimer.

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